Partager

Ce matin ou demain vendredi, le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré se rend à Accra au Ghana pour assister aux obsèques du président ghanéen John Atta Mills. Il a, selon nos informations, bouclé les consultations de toutes les forces vives de la nation en vue de former le gouvernement d’union nationale attendue depuis plusieurs semaines. Selon les informations glanées ça et là, si à propos du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, le suspense est entier concernant son maintien ou son départ, l’architecture de la nouvelle équipe serait déjà ébauchée avec un dispatching comme suit : cinq portefeuilles pour le FDR, deux pour l’ADPS, deux pour la COPAM, deux pour la CSM, deux pour IBK-2012, quatre pour la société civile, trois militaires (actuellement en place) auxquels s’ajoute une dizaine de ministres reconduits, retenus pour leur compétence et les prouesses faites par leurs départements.

Le président de la République va-t-il débarquer l’actuel chef du Gouvernement ou va-t-il le maintenir ? La question est sur toutes les lèvres. Nous nous sommes amusés hier, à l’Assemblée nationale, à recueillir les réponses de dix députés (ils se font rares à l’Hémicycle, vacances parlementaires obligent). Huit d’entre eux ont affirmé qu’il faut un nouveau départ avec un nouveau Premier ministre. Seulement deux élus de la nation ont estimé qu’il faut poursuivre avec Dr Cheick Modibo Diarra.

Selon des informations glanées à gauches et à droite, il semble que le président de la République a noté dans ses consultations qu’il y a plus de regroupements favorables au départ de l’actuel Premier ministre qu’à son maintien. Du fait que l’ex-navigateur interplanétaire avait proclamé haut et fort qu’il ne démissionnera pas ; qu’il ne sait à qui remettre sa lettre de démission, Dioncounda Traoré veut éviter d’engager un bras de fer. Il aurait alors opté pour une voie diplomatique : soumettre la question aux militaires et aux dignitaires religieux, qui sont très influents dans le règlement de la crise actuelle.

Selon nos sources, les dernières consultations ont justement permis au président de la République par intérim et à ces acteurs majeurs, dont le futur vice-président de la République, le capitaine Amadou Haya Sanogo, Mahmoud Dicko du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) de se prononcer sur la question. Il filtre de ces échanges que les uns et les autres ont opté pour » la solution la meilleure pour le Mali « . Laquelle ? Difficile d’en savoir plus.

Il nous est toutefois revenu qu’il aurait été proposé à Dioncounda Traoré d’échanger avec le Premier ministre Cheick Modibo Diarra en présence des interlocuteurs précités pour savoir la formule la mieux indiquée pour la mise en place du Gouvernement.

C’est dans ce sens que les noms des éventuels remplaçants de l’astrophysicien seront passés au peigne fin. Autrement dit, Dr Cheick Modibo Diarra serait prêt à se retirer si l’ex-chef de la junte et le président du HCIM le lui demandaient expressément. Eventualité qui, selon notre source, reste à confirmer. Des noms comme ceux du Général Siaka Toumani Sangaré de la DGE, l’ancien Premier ministre Modibo Kéita sont cités. Soumana Sako de la CNAS-Faso Hèrè et de l’ADPS ne serait pas chaud pour le poste.

Cependant, le président de la République pourrait, dit-on pour poursuivre sa dynamique de pardon et de tolérance, reconduire Dr Cheick Modibo Diarra avec en contrepartie une forte présence du FDR (cinq voire six portefeuilles) au gouvernement. Cette option est examinée pour convaincre le FDR, dont la principale exigence est le départ de l’actuel PM, de ne pas aller vers le boycott.

Selon certaines informations, le président poursuit la réflexion sur l’opportunité de nommer un nouveau Premier ministre. C’est dans ce dilemme qu’il doit se rendre demain à Accra au Ghana pour prendre part aux obsèques du président John Atta Mills. L’occasion peut lui permettre de rencontrer ses pairs de la CEDEAO tels que Blaise Compaoré du Burkina Faso, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Thomas Yayi Boni du Bénin afin de prendre leur pouls sur leurs rapports (que l’on dit exécrables) avec l’astrophysicien. Des impressions qui peuvent être déterminantes dans son choix du nouveau PM. C’est ce qui fait durer le suspense quant au titulaire du poste.

Cependant, il semble que l’architecture gouvernementale est déjà ébauchée dans ses grandes lignes, avant le passage au peigne fin des CV des ministrables. Certaines sources indiquent que ce sera le statu quo au niveau des portefeuilles de souveraineté comme les affaires étrangères, la défense, la justice, l’Administration territoriale et même la sécurité intérieure.

On pense à la répartition suivante : cinq portefeuilles pour le FDR, deux pour l’ADPS, deux pour la COPAM, deux pour la CSM, deux pour l’alliance IBK-2012, quatre pour la société civile, trois militaires (actuellement en place) auxquels s’ajoute une dizaine de ministres reconduits. Selon une autre source, tout l’attelage sera connu dès le retour du président Dioncounda Traoré d’Accra prévu pour vendredi dans la soirée. Ou samedi. «Au plus tard lundi prochain», a laissé entendre un cadre de la présidence de la République.

Bruno D SEGBEDJI

09 Août 2012