Partager

Mis en cause par des acteurs politiques comme la source de l’essoufflement de l’armée malienne dans le nord du pays, les accords de paix et de sécurité signés ces vingt dernières années dans le but de circonscrire les rébellions étaient au centre d’une conférence organisé, le 20 octobre dernier, par l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise (ADPS).

La gestion de la question du nord notamment le problème touareg est unanimement reconnu comme un casse-tête pour l’Etat, et au-delà par la nation malienne. L’irrédentisme persistant qui a atteint son paroxysme en 2012 avec l’occupation totale de la zone par des mouvements armés a amené des acteurs politiques à indexer ces accords comme étant la source de la déliquescence de l’armée. Les plus en vue parmi ces accords sont le Pacte national, signé le 11 avril 1992, à Bamako, entre le gouvernement et les Mouvements et Fronts unifiés de l’Azawad, et de l’accord d’Alger du 4 juillet 2006, signé avec l’Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement (ADC).

En ouvrant le débat sur ces accords dits de paix et de sécurité, l’ADPS ne pouvait avoir plus d’avocats que les deux conférenciers qu’elle avait invités à la maison de la presse : le Dr. Soumana Sacko, premier ministre de la transition de 1991-1992 et le contrôleur général de police Mahamadou Diagouraga. L’assistance, elle également, ne manquait pas d’experts très proches du dossier. On y notait, entre autres, la présence du Pr. Ali Nouhoum Diallo, président de l’Assemblée nationale de 1992 à 2002, Mme Sy Kadiatou Sow, ancienne ministre des affaires étrangères, le député Assarid Ag Imbarcaouane, cadre touareg dont l’engagement dans la République ne souffre d’aucune ambigüité, ou encore des responsables d’anciens mouvements rebelles tels que Zéïdane Ag Sidalamine et Mohamed Mahamoud dit Akline qui ont fait des contributions remarquables.

Le Dr. Soumana Sacko a dirigé le gouvernement avec lequel le Pacte national (source d’inspiration d’une demi-dizaine d’accords) a été signé. L’ancien directeur général de la police nationale du Mali, lui, est un expert ayant longuement siégé dans les comités techniques chargés de suivre ces accords. Pour l’un ou l’autre, ces protocoles d’entente entre l’Etat malien et des mouvements armés n’ont rien de méprisable. Le général Mahamadou Diagouraga a souligné qu’en aucun moment, il n’a été question, dans ces documents, d’un retrait de l’armée de ces régions. L’allègement du dispositif sécuritaire prôné dans ces accords, assure-t-il, visait à répondre à un manque de moyen du gouvernement malien à résoudre efficacement les problèmes de développement de la zone. C’est un «déficit de communication» qui a caractérisé la gestion de cette crise, a expliqué pour sa part le Dr. Soumana Sacko.

Seydou Coulibaly

Le 22 Octobre 2012

© AFRIBONE