Partager

Dans la crise malienne, il y a des responsables africains qui minimisent totalement, l’imminence de la menace pour eux et leurs pays. A ce titre, certains vont plus loin en prônant publiquement sur des chaînes internationales, l’installation d’abord de l’administration malienne à Kidal, sans la brave armée malienne. On n’avait pas compris, ça ne doit plus être le langage des Africains et amis du Mali.

Hélas, une fois de plus, nous sommes en train de donner raison à ces deux hommes politiques français qui disaient ceci : «L’Afrique noire est mal partie» ou encore «L’Afrique n’est même pas partie». Ces deux déclarations prononcées plus deux quatre décennies, pour la première par René Dumont et la seconde fois par Mesmer doivent servir de leçons à nous Maliens, et autres Africains comme sujets de débats constructifs pour l’émergence de citoyens capables à tout moment de distinguer dans les faits socioéconomiques et politiques, ce qui est bon ou mauvais pour nos Communautés ou Etats. Hélas, en Afrique après plus d’un demi-siècle d’indépendance, nous avons peu d’exemples dans ce sens.

A ce sujet, le point sur lequel nous pouvons essentiellement jeter un regard critique est l’entretien ou l’appui de mouvements terroristes et criminels par des pays frontaliers ou non, pour se déstabiliser.

D’ailleurs, la déstabilisation de la région sahélo-saharienne n’y échappe pas à cela. Notre pays, le Mali est la plus grande victime de cette triste réalité, alors que depuis son accession à l’indépendance s’est employé à tous les niveaux sur le continent, pour la réalisation de l’unité africaine, allant jusqu’à introduire dans sa constitution qu’il est prêt à céder une partie de son territoire, lorsque l’unité africaine le nécessite. Malgré tout cela, notre pays n’échappera pas à des tentatives de déstabilisation venant de certains de ses voisins, lesquels nous doivent reconnaissance au regard de l’histoire.

Curieusement, ce sont ces pays-là même qui s’activent depuis de longues années, à rendre notre pays instable en servant de bases arrières à des mouvements terroristes comme le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

Bizarrement, ces mêmes pays s’autoproclament médiateurs, ou sont proposés médiateurs par les groupes armés qui nous combattent. Devenant, ainsi des sapeurs-pompiers après leurs forfaits, sans que nous les récusions unanimement. Nul besoin de les citer, mais il est sûr que tous les Maliens qui s’intéressent à la situation sociopolitique et sécuritaire dans notre pays, de juin de mille neuf cent quatre-vingt-dix (1990) à cette année, savent de quels pays, il s’agit. Ils ont toujours parrainé des accords de paix entre le Mali, et des groupes armés mais jamais ils n’ont été durables. D’autres, ont juste duré le temps de lune de miel.

Cependant, certains ex combattants décident d’être fidèles à l’Etat malien, et servent loyalement dans la vaillante armée malienne à des hauts postes de responsabilité. Parmi les multiples accords, nous vous livrons ici quelques-uns d’entre eux, à savoir : les Accords de Tamanrasset du 06 janvier 1991 (qui mentionnaient déjà la démilitarisation des 6ème et 7ème régions et la prise en charge des combattants du FIA et du MPA par le ministère de la Défense nationale, la création de la région de Kidal, etc.), le Pacte national du 11 avril 1992, l’Accords d’Alger de mai 1995, la Flamme de la paix de mars 1996 à Tombouctou, les accords de 1999 avec le caporal Ibrahim Ag Bahanga afin de mettre fin à la création de sa soi-disant République du Thémoustate, les Accords d’Alger du 04 juillet 2006, ainsi que les rencontres inter – communautaires maintes fois organisées par les autorités du pays pour consolider le tissu social dans tout le Mali ?

Voilà, nous nous rendons bien compte que l’Etat à chaque fois fait des concessions avec les groupes armés, au nom l’unité nationale. Aujourd’hui, la communauté internationale doit le savoir, et mettre sévèrement en garde le MNLA, qui est un mouvement terroriste dont toutes les actions sont imbibées de haine et de traîtrise.

Une simple rétrospective sur le passé récent de notre pays, de la première République (1960- 1968) à la troisième (1992 à nos jours) en passant par la deuxième République et la transition démocratique (26 mars 1991- 08 juin 1992), nous permet de battre en brèche les informations fallacieuses du MNLA, dont certains soi-disant spécialistes du Sahel se font des défenseurs sur certaines chaînes internationales de télévision à travers le monde.
Sinon comment comprendre que le MNLA qui prétend défendre des valeurs démocratiques et des droits de l’homme soit complice des groupes terroristes d’Ançar Dine de Iyad Ag Ghaly, d’AQMI et du MUJAO pour exercer des supplices ignobles sur de braves militaires maliens sans armes à Aguel‘hoc, le 24 janvier 2012.

Curieusement, après les exactions barbares et sauvages survenues à Aguel’hoc, un des porte- parole du MNLA ne parviendra pas à nier l’engagement de son mouvement aux côtés des islamistes. Il dira au journaliste d’une radio internationale très écoutée au Mali, qui cherchait plus d’éclaircissements ceci : «Nous et les islamistes, nous avons le même but. C’est de bouter l’armée malienne du territoire de l’Azawad». A Douentza, à Gao, à Goundam, à Niafunké, à Tessalit, à Tombouctou, etc. Le MNLA n’était que le masque des terroristes.

En très fins tacticiens, ces derniers ont attendu la proclamation unilatérale de l’indépendance de l’Azawad, un non-événement, pour faire tomber le masque et chasser les éléments du MNLA comme des rats de maison. Ainsi, la mise en déroute du MNLA, le cinq (05) juin dernier par l’armée malienne à Anéfis prouve à suffisance que le MNLA ne valait rien sans les islamistes. L’armée malienne ne doit plus s’arrêter en cours de chemin, jusqu’à son entrée dans la ville de Kidal, et c’est possible.

A Tombouctou, la découverte d’un document confidentiel confirmant la volonté des responsables d’AQMI d’associer le MNLA à la gestion d’une prétendue République islamique de l’Azawad confirme que le MNLA a des liens étroits avec les mouvements terroristes.

D’ailleurs, ceci nous amène à penser que le MNLA est une cellule dormante du terrorisme en Afrique et en Europe. Alors, attention aux erreurs d’appréciation. Cette réalité existe pourtant même au niveau de la médiation burkinabé qui se hasarde à qualifier le MNLA et Ançar Dine d’Iyad de modérés. Donc, des gens avec qui il est possible de négocier, dit-elle.
En tout cas, c’est une patate chaude entre ses mains. Parce que le terrorisme ne connaît pas de frontières et de modération. Ce qui est certain, le MNLA est un mouvement terroriste. Il ne mérite aucun crédit. On l’a vu tout dernièrement.

Pendant que des négociations se préparaient à Ouagadougou, les responsables du MNLA ordonnaient des exactions de toute nature sur des Noirs autochtones de Kidal au nez et à la barbe de forces étrangères.
Nous rappelons celles d’Aguel’Hoc, perpétrées sur des militaires maliens sans armes. Par cet acte, en prélude aux négociations, le MNLA voulait vider la région de Kidal de toutes ces populations noires, arabes et touareg opposées à toutes formes d’autonomie, de fédéralisme ou d’indépendance afin de montrer à une partie de la communauté internationale, qui ne voit que d’un seul œil la réalité sur le terrain ; la nécessité d’organiser un référendum sur l’auto – détermination à Kidal.

Heureusement, que les Maliens n’ont pas cédé à la provocation, sinon cette partie de communauté internationale trouverait légitime à la seconde près, les revendications indépendantistes du MNLA. Dès à présent, le gouvernement malien doit exiger le retour à Kidal des personnes chassées par le MNLA.
En attendant, les clauses des négociations qui sont actuellement en cours à Ouagadougou entre l’Etat malien, le HCUA et le MNLA, notre seul souci, est que celles – ci soient les dernières. Alors, qu’on évite de parler d’accords intérimaires pour permettre l’organisation de l’élection présidentielle seulement, sinon ce serait un couteau sur la gorge du nouveau président de la République. Car, ces mouvements soulèveront toujours d’une manière ou d’une autre des faux problèmes dans notre pays.

La crise malienne est une occasion idoine pour la communauté internationale de mettre en place un tribunal spécial, à l’image de celui de Nuremberg (Allemagne) qui a permis la dénazification de l’Allemagne et de tous les pays européens infectés de l’idéologie nazie. Ce tribunal doit essentiellement prendre en compte les atrocités commises par le MNLA et ses alliés.

Sur ce plan, l’humanité toute entière compte sur toi, la France de François Hollande, qui a réalisé une œuvre extraordinaire au Mali en décidant d’empêcher le barbarisme de s’y installer. Mais déjà, Africains, levons nous, avant qu’il ne soit trop tard.

Sory Ibrahima WAÏGALO, Professeur titulaire de l’enseignement secondaire général / Histoire et Géographie, Étudiant en Communication politique

17 Juin 2013