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Ouf ! On respire enfin, car on se demandait ce qui se passerait après les 40 jours d’intérim constitutionnels de Dioncounda Traoré, Ahmadou Haya Sanogo, chef de l’ex-junte, ayant déclaré qu’à l’issue de ce délai, il prendrait ses responsabilités ; heureusement, la CEDEAO a, en principe en tout cas, fait plier de nouveau les militaires maliens, qui ont dû accepter que le président actuel poursuive sa mission au-delà des 40 jours : « Un acord de principe a été trouvé » a ce sujet, a déclaré à la Télé nationale de son pays le capitaine après avoir reçu les ministres Djibrill Bassolet et Adama Bictogo, émissaires de la CEDEAO abusivement appelés médiateurs ; à côté de Blaise Compaoré et de Goodluck Jonathan ?

Bassolet a même ajouté qu’ils restait à prendre des mesures d’accompagnement ; justement, « mesures d’accompagnement », « accord de principe », on espère que les uns et les autres s’entendront sur les contenus à y mettre, vu que, concernant l’accord-cadre, si le principe était acquis, il n’en était pas de même des modalités pratiques de sa mise en œuvre, ce que l’ex-junte a exploité pour procéder à des arrestations, convoquer le corps diplomatique à Kati, instruire le Premier ministre de convoquer une convention des forces vives, etc., toutes choses qui ne sont plus dans leurs prérogatives depuis la restauration de la Constitution.

Peut-être que nos craintes sont puériles, puisque la délégation de la CEDEAO devrait être renforcée dimanche par des représentants de l’Union africaine et de l’ONU pur faire « passer un message clair : que la junte doit rester en dehors du processus politique », a indiqué le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan.

Comme deuxième motif d’espoir, il y a le fait que l’assentiment de l’ex-junte a été obtenue après le vote d’un projet de loi par le Parlement en faveur des putschistes et de leurs associés pour des infractions commises entre la veille du coup d’Etat, le 21 mars, où le pays a connu une mutinerie militaire, et l’investiture du président intérimaire le 12 avril. On peut donc penser que, le couperet ne pendant plus sur leurs têtes comme l’épée de Damoclès, les militaires rentreront dans les rangs sans hésitation ni murmure. Toutefois, une fois de plus, la justice aura été sacrifiée sur l’autel de la paix.

A présent que Sanogo semble avoir guéri de ses vertiges du trône, qu’il se prépare désormais à la reconquête du Nord. C’est cela sa vocation professionnelle et le motif de sa prise du pouvoir. Peut-être, Sanogo et les frères d’armes n’auront-ils pas besoin d’affronter les rebelles, Blaise Compaoré ayant entrepris des consultations avec les différents groupes armés pour parvenir à un accord entre eux et le gouvernement de transition qui préserve l’intégrité territoriale du Mali, la sécurité et les droits humains à en croire le ministre des Affaires étrangères du Burkina ; ce qui est bien beau, mais, qui veut la paix préparant la guerre, l’armée malienne devrait se tenir sur le pied de guerre face à une rébellion à la multitude de groupes souvent sans lien entre eux et tirant à hue et à dia le septentrion malien.

La Rédaction

Fasozine

21 Mai 2012

Source : Lefaso.net