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Malade de sa cohésion et de sa stabilité, le tout aggravé par la déconfiture de l’Etat et de son armée, le Mali vit depuis avril 2012 deux périodes : une période chaotique et une période de normalisation apparente. Pour panser cette plaie, le Parena, par la voix de son président, opte pour un nouveau Pacte national devant réfléchir sur les causes profondes de l’effondrement du Mali et de la Grande muette.

Tsunami, tremblement de terre, grave crise… Ce ne sont pas des épithètes qui ont manqué le samedi 23 février 2013 au CICB pour qualifier ou désigner les gros nuages qui ont assombri le ciel malien quand la nuit s’est installée en plein midi. Quoi faire pour sortir le Mali du gouffre afin que le jour se lève ? C’est pour trouver une réponse à cette question que les jeunes du Parena ont sollicité leur président, Tiébilé Dramé, pour animer une conférence sur « la crise sécuritaire et institutionnelle : quelles perspectives ? »

De la rébellion injustifiée, à l’oppression du peuple en passant par la boucherie d’Aguelhok, au coup d’Etat de mars 2012 et à l’instauration d’une dictature moyenâgeuse, le président du Parena a révélé que de janvier 2012 à ce jour, le Mali n’a en rien été épargné. Allant au fond de ses idées, le premier responsable du Parena a laissé entendre que c’est le coup d’Etat du 22 mars 2012 qui a précipité la déconfiture de l’Etat et de l’armée malienne. Ce qui a fait dire à M. Dramé que de la signature de l’accord-cadre le 6 avril 2012 à maintenant, le Mali vit deux périodes : une période chaotique et une période de normalisation apparente.

Tout en s’insurgeant contre les exécutions extrajudiciaires, les casses des boutiques des Touaregs et des Arabes, le président du Parena ajoutera qu’au regard des défis majeurs qui se posent à notre pays qu’il ne reste que deux options : disparaître ou se relever. Sans perdre l’espoir, il a pris le pari du redressement du Mali. Il a salué l’opération franco-africaine venue libérer le Nord et conforter les autorités transitionnelles.

Du point de vue de M. Dramé, pour sortir le Mali de l’impasse, trois étapes s’imposent. Il s’agit en premier lieu des discussions inter-maliennes regroupant toutes les communautés du Nord, en deuxième lieu l’organisation d’élections transparentes et crédibles et en troisième ressort la tenue d’assises nationales sous l’égide du président fraîchement élu pour réfléchir sur les causes profondes de l’effondrement de l’Etat et de l’armée.

Plaidant pour un nouveau Pacte national, le président du parti du Bélier blanc a estimé qu’il est grand temps que tous les segments de la nation se retrouvent pour préserver la cohésion et l’unité nationale. L’engagement de la Jeunesse du Parena en faveur d’un Mali débout a été symbolisé par un poème qui parle de trêve de tergiversations inutiles et de désaccords inutiles. Ce qui a d’utile, selon le poème déclamé, c’est d’être armé dans la nuit que traverse la patrie.

« Ce qui est arrivé à mon pays n’est la faute de personne. C’est de ma faute. C’est la vôtre », c’est à cet exercice de réflexion que l’édile de Goundam a convié les jeunes du Parena. Tous les intervenants qui se sont succédé au micro à la suite du président du Parena ont reconnu que par le fait des hommes, nous sommes une République de désordre et que ceux qui ont engouffré le Mali, répondront un jour de leurs actes ici-bas ou dans l’Au-delà.

En attendant, seule la détermination compte pour reconstruire le Mali non pas par la force mais par la sagesse et la persuasion.

Mohamed Daou

Les Echos du 25 février 2013