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A la tribune des Nations unies, Cheick Modibo Diarra a largement exposé la situation dans notre pays dont plus de la moitié est occupée par des groupes armés criminels, et invité la communauté internationale à se mobiliser sans perdre de temps

Le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra a prononcé mercredi dans la soirée sa déclaration à la tribune de la 67è session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il a largement intervenu sur la situation dans notre pays dont la partie septentrionale est occupée par des bandes armées composées de terroristes intégristes, de narcotrafiquants et autres criminels. «Les droits les plus élémentaires de la personne humaine y sont violés continuellement par une horde de vandale sans foi ni loi », a déclaré le chef du gouvernement avant d’ajouter que le Mali a saisi la cour pénale internationale pour examiner les actes odieux qui ont été commis par ces criminels.

Par ailleurs, le Premier ministre dira que notre pays reste favorable à la tenue d’une rencontre au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement de la région du Sahel, avec l’appui des Nations unies et d’autres partenaires, afin de soutenir et de renforcer les capacités et le dispositif de coordination des mécanismes régionaux en place.

Cheick Modibo Diarra a noté que la présence de groupes terroristes de diverses nationalités sur notre sol et dans la région du Sahel est une situation qui doit mobiliser toute la communauté internationale pour une action concertée, rapide et efficace car, selon lui, cette menace ignore les frontières.

Pour lui, le dialogue est encore possible avec nos compatriotes qui sont en rupture de banc mais pas avec les groupes terroristes. «Au Mali, nous n’avons ni peur ni honte de négocier, mais nous n’allons pas négocier avec des terroristes, nous ne sommes pas prêts à négocier les questions qui remettent en cause l’intégrité du territoire, l’unité nationale et la laïcité de la République », a-t-il insisté.

En outre, le Premier ministre a indiqué que l’occupation du nord a occasionné la détérioration des conditions humanitaires avec 353 177 personnes qui ont été forcées de fuir cette zone. La crise a aussi compromis l’accès à l’éducation de 560 461 enfants en âge scolaire.

Cheick Modibo Diarra a appelé à davantage de mobilisation de tous les partenaires et amis du Mali pour l’aider à faire face à des besoins humanitaires, en termes de logements, d’alimentation, de services de santé, d’éducation et de nutrition pour les réfugiés et les déplacés.

Dans la perspective de la reconquête des régions occupées, le chef du gouvernement a sollicité l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité autorisant sous le chapitre 7 de la charte des Nations unies, l’intervention d’une force internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir et sécuriser le territoire national.

« Le gouvernement malien souhaite la présence immédiate de cette force pour appuyer les forces de défense et de sécurité du Mali dans l’accomplissement de leurs missions régaliennes de reconquête et de préservation de l’intégrité territoriale et de protection des personnes et des biens », a souligné Cheick Modibo Diarra, avant d’ajouter que le « peuple malien nourrit l’espoir que les membres du Conseil de sécurité accorderont une bienveillante attention à cette requête ». Le Premier ministre a conclu son intervention sur une note d’espoir. «Aujourd’hui, notre peuple est gravement affecté. Mais les Maliens n’ont pas perdu espoir, car convaincus du soutien des autres nations ».

A l’issue de la réunion de haut niveau sur le Sahel, les participants ont appuyé l’élaboration d’une Stratégie régionale intégrée des Nations unies pour le Sahel et souligné la nécessité d’en discuter davantage avec les organisations nationales, régionales et sous-régionales ainsi que d’autres partenaires.

À cet égard, ils ont salué l’intention du Secrétaire général de nommer un Envoyé spécial pour le Sahel chargé d’entamer des consultations avec les pays de la région et les partenaires internationaux.

Les participants à la réunion ont aussi discuté de l’impact de la situation au Mali sur la région du Sahel. Ils ont exprimé leur détermination à appuyer le plein rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays ainsi que son intégrité territoriale. Ils ont appelé à une feuille de route claire pour une transition devant mener au règlement du conflit dans le nord du Mali et à la tenue des élections le plus rapidement possible.

Les participants ont appelé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, les Nations unies et les pays voisins à travailler avec le gouvernement de Transition pour promouvoir une solution à la crise qui ne peut être trouvée, disent-ils, que si le gouvernement et le peuple malien s’approprient le processus et dirigent le dialogue. Ils ont lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu’il adopte une résolution fondée sur la résolution 2056 (2012) pour mobiliser les efforts internationaux.

Envoyé spécial

M. KEITA

28 Septembre 2012

Essor