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Ce samedi 31 mars 2012 deux meetings aux tons opposés ont «salué» la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali à l’issue du coup d’Etat du 22 mars. D’un côté, les confessions religieuses ont tenu un meeting qui a réuni quelques 25 000 personnes au stade omnisport Modibo Keïta tandis que le MP22 dirigé par le Dr. Oumar Mariko, avait convié ses militants au stade du 26 mars de Yirimadjo.

«Les leaders du Mali exhortent les maliens et les maliennes, de l’intérieur comme de l’extérieur, à la retenue, à la sagesse et au calme pour un apaisement du climat social». C’est la substance d’une déclaration commune du Haut conseil islamique du Mali, de l’église catholique et de l’association des groupements d’églises et missions évangéliques.

Cet appel à la «paix» a été relayé à l’issue d’un meeting auquel a pris part plus de deux dizaines de milliers de personnes. Sidérées par la gravité de la situation sécuritaire et institutionnelle du pays, les communautés musulmane et chrétienne ont insisté sur la préservation de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

jpg_meeting-hci.jpgLes religieux ont donc demandé aux forces vives de la nation de privilégier le «dialogue comme outil de négociation et de résolution de la crise actuelle» et invité la classe politique (pro et anti-putschistes) à «mettre l’intérêt supérieur de l’Etat au dessus de toutes les autres considérations et enjeux de pouvoir». A l’image du capitaine Amadou Haya Sanogo, président du Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE), ces autorités morales ne se sont pas gênées de présenter leurs «excuses» à la CEDEAO pour l’incident ayant émaillé la mission des chefs prévue pour le 29 mars dernier.

Le CNRDRE doit convenir, selon ces confessions religieuses, avec l’ensemble des forces vives de la nation d’un programme de transition assorti d’un «chronogramme précis et incompressible de gestion de la crise». En saluant les partenaires du Mali pour les efforts consentis dans le domaine du développement, les leaders religieux ont plaidé pour la «consultation du peuple» malien sur tout acte posé en son nom. «Nous devons nous donner la main, taire nos différences et sauver le Mali», a souligné le président du Haut conseil islamique, El Hadj Mahmoud Dicko.

jpg_meeting-mariko.jpgAutre lieu, autre ton, au stade du 26 mars de Yirimadjo, le Mouvement Populaire du 22 mars (MP22) avait mobilisé à la même heure un millier de personnes pour dénoncer une «ingérence étrangère» dans une crise qui «nous a débarrassé d’un gouvernement sans repère», selon les leaders du MP22. «Le Mali peut tanguer mais ne chavirera jamais», se console le MP22 sur une affiche collée sur le portail du stade. Selon ce collectif d’organisations politiques et de la société civile, le Mali vivait une «démocratie de façade» depuis 20 ans.

Seydou Coulibaly

02 Avril

©AFRIBONE


Meeting des religieux : Union sacrée pour appeler Iyad et les rebelles à la retenue

La situation de notre pays a obligé l’ensemble des confessions religieuses du Mali à s’unir. Pour ce faire, elles ont organisé un grand meeting au stade Modibo Kéita, le samedi 31 mars dernier. A cette occasion, catholiques, protestants, musulmans, tous avaient répondu massivement à l’appel des leaders religieux pour remplir le stade baptisé du nom du premier Président du Mali indépendant.

C’était en présence du Président du Haut Conseil Islamique du Mali, Mahamoud Dicko, de l’Archevêque de Bamako, Mgr Jean Zerbo et du Président de l’Association des églises protestante et évangélique du Mali, Daniel Coulibaly. Lors de ce grand meeting, le Président du HCIM a appelé Iyad Ag Ali et les autres rebelles qui sévissent au Nord de notre pays à la retenue, pour que l’on puisse venir en aide aux populations de ces localités.

Il a été suivi par les autres leaders religieux, qui ont tous prôné des messages de paix. Ils ont aussi appelé les Forces vives de la nation à privilégier le dialogue comme outil de négociation et de résolution de la crise que nous traversons et invité la classe politique, dans ses différentes configurations, à mettre l’intérêt supérieur de l’Etat au-dessus de toutes autres considérations et enjeux de pouvoir.
Lire ci-dessous la déclaration des religieux.

Youssouf Diallo

Le 22 Septembre du 02 Avril 2012