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Il semble que son moral est toujours haut, malgré les traumatismes qu’ont provoqués chez lui, les coups que lui ont administrés des manifestants pro COPAM le 21 mai 2012 dans son bureau au palais de Koulouba. Le président Dioncounda Traoré voudrait revenir pour assumer ses hautes charges, prêt à se sacrifier pour le Mali. Mais il serait confronté à l’opposition de ses proches.

L’agression du président de la République par intérim, au Palais de Koulouba, le 21 mai 2012 par une horde de manifestants déchaînés, qui ont voulu le tuer, aura donné le coup de grâce à la crise malienne. Le traumatisme physique et moral que l’homme a subi de cette « tentative d’assassinat  » ne va apparemment pas s’effacer de si tôt de sa mémoire. Malgré le pardon qu’il a accordé à ceux qui ont eu le culot de s’attaquer à un président de la République âgé de 70 ans, l’émérite professeur de mathématiques ne veut pas abandonner le navire Mali en train de tanguer dangereusement.

Selon les dernières informations, Pr Dioncounda Traoré vient de subir les derniers contrôles satisfaisants de son système cardiaque. Ses médecins sont dans de bonnes dispositions pour lui délivrer le feu vert lui permettant de reprendre ses activités. Mais, ses proches dont des membres de sa famille ne sont pas du tout disposés à le laisser revenir au pays pour occuper les hautes fonctions qui sont les siennes à la tête de l’Etat malien. Il semble que certains membres de sa famille parmi les plus influents auraient opposé une fin de non recevoir catégorique à toute sollicitation de voir Dioncounda Traoré rentrer pour diriger la transition. D’autres proches de l’ex-président de l’Assemblée nationale exigent que le Premier ministre Cheick Modibo Diarra-dont la complicité est régulièrement évoquée- mette tout en œuvre pour que les auteurs et commanditaires de cette agression soient interpellés, sanctionnés avec toute la rigueur requise avant que Dioncounda Traoré ne revienne reprendre la direction de la transition.

Rappelons que dans une récente sortie dans la presse, la 6ème vice-présidente de l’Adéma-PASJ, Mme Konté Fatoumata Doumbia, réputée très proche du président Dioncounda Traoré, avait accusé nommément le Premier ministre Cheick Modibo Diarra et le capitaine Sanogo de « complicité notoire avec les agresseur ».

Le dernier sommet de la CEDEAO tenu à Yamoussoukro a aussi exhorté les autorités de la transition malienne à « conclure rapidement l’enquête sur l’attaque perpétrée contre le président par intérim et transmettre les résultats à la CEDEAO en vue de faciliter la prise de mesures appropriées ». Cette conférence a également instruit à la Commission de la CEDEAO de faciliter le retour rapide au Mali du président Dioncounda Traoré afin qu’il reprenne ses fonctions.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 3 Juillet 2012