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Auparavant le 16 mars dernier au mémorial Modibo Kéïta, de nombreux responsables politiques, syndicaux, des droits de l’homme, se sont retrouvés afin d’évoquer la situation politique qui pré­vaut en Guinée.

La société civile, les syn­dicats, le barreau, les partis et associations politiques qui étaient à cette ren­contre de concertation ont tous condamné dans une belle unanimité les exac­tions des forces armées guinéennes. Ils ont en outre publié une déclara­tion de soutien au peuple de Guinée. Une marche pacifique a aussi été orga­nisée hier matin par les signataires de la déclara­tion. Cette marche qui a rassemblé du beau monde est parti de la place de l’in­dépendance, en passant par la place de la liberté, pour se disperser à la bour­se du travail après un meeting.

Les défenseurs des droits de l’homme au Mali ont tenu particulièrement à se faire entendre dans le contexte actuel. Dans une déclaration sur la situation en Guinée, l’association malienne des droits de l’homme exprime ses vives préoccupations face à la situation qui prévaut en Guinée et appelle à la levée immédiate de l’état siège, au règlement pacifique de la crise, à la protection des populations civiles et à la mise en place d’une com­mission internationale d’enquête.

Dans sa déclaration, l’AMDH rappelle, en outre, l’illégitimité et l’illégalité de la décision d’instaurer l’état de siège face à une situation que les forces armées guinéennes ont elles même contribué à créer en réprimant dans le sang les premières contes­tation pacifiques.

L’article 4 du Pacte international relatif aux droits civiles et politiques, ajoute l’AMDH, spécifie notamment qu’aune mesu­re exceptionnelle ne peut déroger au droit à la vie consacrée par ce pacte et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, tous deux ratifiés par la Guinée.

A cet égard, l’AMDH demande aux organisa­tions régionales, la com­munauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), l’Union africai­ne et l’Union européenne, dans le cadre de l’accord de Cotonou, et aux organisa­tion internationales telles que l’organisation interna­tionale de la Francophonie et l’organisation des Nations Unies, d’agir dans les plus brefs délais, dans le cadre de leurs compétences respectives et de manière concertée, en faveur du règlement pacifique de la crise. De même pour la protection de la population civile, particulièrement des leaders syndicaux et des défenseurs ides droits de l’homme. Pour sa part, la centrale syndicale des travailleurs du Mali, l’Union nationale des tra­vailleurs du Mal (UNTM), qui a fortement contribué à l’avènement de la démocra­tie au Mali en participant activement aux journées chaudes du 26 mars 1991, a aussi tenu à apporter son soutien aux organisation syndicales, aux travailleurs et au peuple guinéen.

Dans une déclaration relative à la situation en Guinée, l’UNTM dénonce l’attitude du pouvoir gui­néen qui a violé les accords consistant à désigner « un Premier ministre de consensus ». L’UNTM a en outre condamné la répres­sion de l’armée et invité la communauté africaine et internationale à soutenir le peuple guinéen dans sa lutte.

Tout en demandant l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabi­lités dans les tueries et poursuivre les auteurs, pour les traduire devant les tribunaux, l’UNTM invite aussi le pouvoir à créer les conditions pour l’instaura­tion d’un dialogue franc et sincère avec l’ensemble des acteurs pour une sortie de crise.

Birama Fall

22 fev 07