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C’est ainsi qu’il s’est rendu successivement à Dakar, Abidjan, Cotonou, Ouagadougou, Lomé, Niamey, puis Bamako le 15 avril 2009. Il reste seulement l’étape de Bissau. Dans toutes ces capitales, le Gouverneur a présidé une réunion avec les présidents et Directeurs Généraux des banques et établissements financiers, puis animé une conférence de presse.

Nous n’avons pas suivi le Gouverneur dans toutes ces étapes, puisque nous avons été conviés à participer à l’étape de Bamako. Il nous a été rapporté que le problème est le même partout dans les huit pays de l’UEMOA comme pour dire que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

LE DIRECTEUR NATIONAL DE LA BCEAO-MALI

Dans son mot introductif le 15 avril 2009 dans la salle de conférence de l’agence principale de Bamako, le Directeur National de la BCEAO-Mali, Oumar Tatam Ly a brossé le système bancaire malien qui compte à ce jour 13 banques et 3 établissements financiers, soit au total 16 établissements de crédit. Chacun de ces établissements financiers, les plus anciens que les autres, est riche de son expérience.

Le secteur bancaire au Mali connaît une évolution dynamique. Le nombre de guichets est passé de 66 en 2001 à 123 en fin 2008. “L’activité du secteur a connu sur l’année 2008 une progression marquée : accroissement des emplois 9,3%. Entre 2007 et 2008, les emplois des établissements de crédit sont passés de 891 milliards de F CFA à 974 milliards en 2008.

L’accroissement des ressources est de 7,2%. Entre 2007 et 2008, les ressources des établissements de crédits sont passées de 1 020 milliards de F CFA à 1 094 milliards de F CFA. La trésorerie globale s’est, quant à elle, contractée de 7,3% entre 2007 et 2008 en passant de 129 milliards de F CFA à 120 milliards.

Quant au portefeuille des établissements de crédit, il a enregistré une amélioration, les taux brut et net de dégradation se situant respectivement à 23,34% et 9,39% à fin 2008 contre 25,09% et 10,70% en 2007”, a révélé le Directeur National de la BCEAO-Mali Oumar Tatam Ly.

LES IMPACTS DE LA CRISE SUR LES BANQUES MALIENNES

A la suite de l’exposé de Oumar Tatam Ly, le Directeur de la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA) du Mali Moussa Alassane Diallo a pris la parole au nom de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers (APBEF) pour parler des impacts de la crise financière sur les établissements financiers maliens.

Selon lui, l’application prudentielle de la réglementation bancaire a permis d’atténuer les conséquences de la crise sur le secteur bancaire malien. Lorsque la crise a éclaté au cours du troisième trimestre de l’année 2008, deux défis se sont posés aux banques maliennes : le risque de perte et celui de liquidité. Le risque de perte s’est dissipé parce que les banques maliennes n’ont pas investi dans les crédits pourris.

“La confiance au système bancaire malien est intacte”, a affirmé Moussa Alassane Diallo. Tout de même, les banques maliennes restent confrontées au risque de liquidité car, le financement de certains grands projets, l’importation de céréales et des hydrocarbures ainsi que le financement de la campagne cotonnière demandent de gros sous.

Pour relever le défi de liquidité, l’APBEF a créé une cellule de veille auprès du ministre des Finances et a recommandé la création d’un fonds de garanti des dépôts pour assurer la couverture des risques.

Pour le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui s’apprête à boucler sa tournée dans chacune des capitales des huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), le constat est le même partout.

A la fin de la tournée, la BCEAO fera des recommandations pour limiter les effets de la crise financière mondiale sur nos économies.
Daba Balla KEITA

17 avril 2009