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La crise financière mondiale suscite de réelles inquiétudes. Les prévisions font état de baisse de production et de probabilités de chômage. Pourtant, l’Europe et les Etats-Unis ont pris une batterie de mesures pour endiguer ce fléau moderne et faire remonter le cours des bourses. En revanche, les dirigeants de notre pays tournent encore les pouces comme si de rien n’était. Ils restent sans réaction alors que tout prouve que nos économies ne peuvent respirer sans les ballons d’oxygène de l’aide européenne. D’autant plus que les caisses du Trésor sont vides.

En effet, l’économie de notre pays dépend, dans une large mesure, de l’aide apportée par l’Union européenne. Dans le cadre du Programme pluriannuel d’appui budgétaire, dont la convention a fait l’objet d’une signature, lundi 8 septembre 2008, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’U.E. s’engage à décaisser près de 100 milliards de Fcfa. Ce programme est exécuté dans le cadre du 9è FED et se terminera donc à la fin de l’exercice 2008.Concernant le 10è FED, l’U.E. a annoncé un nouveau programme avec le gouvernement du Mali.

C’est en prévision de ce programme qu’intervient malheureusement la crise financière internationale. Les pays européens sont aujourd’hui contraints de faire face à la perte financière de leurs banques. L’inquiétude, c’est de voir ces pays diminuer leurs marges en termes d’aides et de dons à notre pays.

L’Etat, par mesure de prévention, devrait anticiper et adopter les mécanismes qui contribuent à encourager l’augmentation de l’aide européenne à notre pays. Cette doléance est depuis belle lurette dans l’agenda des pays africains bénéficiaires de l’aide européenne.

Or, selon les agences de presse européennes, les pays de la zone euro ont mobilisé des centaines de milliards d’euros pour contrer la crise financière. 15 pays, selon nos sources, ont commencé à mettre en œuvre des mesures coordonnées qui ont été annoncées, à la suite du sommet de l’Eurogroupe.

Suivant l’exemple de la Grande-Bretagne, a indiqué l’AFP, ils sont tombés d’accord pour éviter à tout prix les faillites bancaires en entrant au capital des banques et pour apporter une garantie d’Etat aux prêts interbancaires afin de débloquer le financement de l’économie.

L’Allemagne a annoncé un plan d’aide au secteur bancaire se chiffrant à 480 milliards d’euros, dont 80 milliards pour recapitaliser des établissements en difficulté et 400 milliards pour garantir les échanges interbancaires.

La France a décidé d’apporter une garantie “payante” des prêts interbancaires jusqu’à 320 milliards d’euros et de consacrer jusqu’à 40 milliards à la recapitalisation des banques en difficulté. Le gouvernement espagnol a annoncé qu’il allait garantir les prêts interbancaires jusqu’à 100 milliards d’euros. Toutes choses qui indiquent que l’U.E. a résolument pris le taureau par les cornes pour régler les difficultés financières de ses banques.

Or, notre dépendance à l’égard de l’économie européenne devrait nous inciter, nous aussi, à prendre des mesures préventives puisque notre Trésor public accuse un déficit et que le gouvernement est contraint de procéder, régulièrement à des exonérations.

D’autant plus que M. Zoellick, président du Groupe de la Banque mondiale a mis en garde contre les effets de la crise financière, en indiquant dans un communiqué de presse publié le 6 octobre à Washington que : « Les événements du mois de septembre pourraient complètement changer la donne pour de nombreux pays en développement. Une chute des exportations ainsi que des entrées de capitaux provoquera un fléchissement des investissements.

Le ralentissement de la croissance et la dégradation des conditions financières, conjuguée à un resserrement monétaire, entraîneront la faillite d’entreprises et créeront peut-être des situations d’urgence dans le secteur bancaire. Pour certains pays, ces dérapages seront les précurseurs de crises de la balance des paiements. Comme c’est toujours le cas, ce sont les plus pauvres qui sont les moins à même de se défendre. » Dans ce contexte, une stagnation ou une baisse de l’aide de l’Union européenne à notre pays aurait des conséquences désastreuses pour l’ensemble de notre secteur financie.

Baba Dembélé

17 Octobre 2008