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Sachant que la crise financière actuelle aura des impacts probables sur l’économie nationale, le Rassemblement pour le Mali (RPM) propose au gouvernement d’informer objectivement les citoyens sur la crise, ses risques et ses conséquences .

La crise immobilière (subprimes), qui s’est vite muée en crise financière aux Etats-Unis d’Amérique, est en train de devenir une crise économique mondiale.

Autrement dit, la crise est globale ; son ampleur internationale et ses manifestations multiformes. L’Asie, l’Amérique latine et le continent africain seront durement frappés avec la persistance de la crise et ses effets sur l’économie réelle dans toutes ses sensibilités : baisse de la demande en matières premières, chute des cours mondiaux, diminution prévisible de l’aide publique au développement, baisse de l’activité touristique, mise à l’index des flux migratoires et ralentissement des transferts d’argent.

C’est dans ce contexte économique peu reluisant que le RPM a ouvert le débat sur le sujet en organisant le 8 novembre 2008 une conférence au Centre Djoliba sur le thème : « La crise financière internationale et ses répercussions sur l’économie du Mali ». A travers cette rencontre, le RPM voulait relancer le débat sur le rôle incontournable de l’Etat et la responsabilité de celui-ci dans la définition des politiques, la coordination, la régulation et le contrôle des secteurs stratégiques du développement.

Pour le RPM, la crise mondiale actuelle illustre, si besoin était, l’incapacité du système capitaliste de traduire ses merveilles économiques et technologiques en merveilles sociales au seul profit de l’Homme, de tous les hommes et sous tous les cieux. De même a estimé la conférence, l’intervention de la force publique aux Etats-Unis, en Europe et en Asie n’est un retour au Keynésianisme ni au socialisme.

« Elle explique et met en exergue le caractère spéculatif du marché qui fait qu’il a besoin d’un organe régulateur de l’économie. Ce contrôle permet l’équilibre interne du marché sans en compromettre le dynamisme. Elle exprime également une volonté d’empêcher les sociétés financières d’aller en faillite. Au lieu donc de laisser les marchés sanctionner les banques ayant mal calculé leurs risques par une faillite, les gouvernements ont préféré garantir les porteurs des dettes de banques par l’argent du contribuable. Au résultat, les contribuables des pays développés et les masses laborieuses des pays en développement vont être spoliés de leurs patrimoines sans même que leur avis ait été pris pour ce faire » .


Informer objectivement

Qualifiant le procédé « d’injustice historiquement établie » dans les rapports économiques, le parti pense que la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, la réunion interministérielle du G-20 à Sao Paulo du 15 novembre 2008 à Washington et la création de la Commission financière mondiale de l’internationale socialiste du 3 novembre dernier à Vienne, sont des tentatives visant à consacrer la primauté du politique sur l’économie et à assurer une meilleure coordination de la gouvernance économique mondiale.

A la suite des différents exposés et au bénéfice de débats riches et féconds, les participants à la conférence ont égrainé un chapelet de recommandations et de propositions. Ils ont demandé au gouvernement d’informer objectivement les citoyens sur la matière, les risques et les conséquences de la crise surtout par rapport à l’économie du Mali, encouragé les leaders des pays en voie de développement et des pays émergents à mieux s’organiser pour occuper la place qui leur revient dans le développement de l’humanité.

Dans ce sens, il est attendu du gouvernement malien de prendre une initiative politique visant à inscrire la problématique de la crise financière dans l’agenda de l’Uémoa, de la Cédéao.

Par ailleurs, le RPM recommande au gouvernement du Mali d’organiser des espaces de dialogue entre nationaux (acteurs gouvernementaux et société civile), les agences de coopération et les partenaires techniques et financiers afin d’évaluer les impacts probables de la crise et leurs répercussions sur le projet de loi des finances 2009.

Pour mémoire, l’ordre économique mondial actuel a été décidé en 1944 par les seules grandes puissances occidentales sans l’Afrique. Aujourd’hui, celle-ci plaide pour une redéfinition des missions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international et pour une nouvelle architecture financière mondiale assainie, transparente et soucieuse des peuples et des intérêts des travailleurs.

Mohamed Daou

13 Novembre 2008