Partager


Excédés et révoltés par la gestion de la crise au nord, des jeunes maliens, pour la plupart militants du Cadre de réflexion et d’action des jeunes (CRAJ) et du collectif des jeunes libres, sont descendus dans la rue samedi 12 avril 2008. Au cours d’une marche partie de la bourse du travail pour prendre fin sur la place du monument de l’indépendance, ils ont dénoncé le laxisme affiché par l’État dans le traitement de cette crise. Et ont demandé aux jeunes maliens de s’engager comme des volontaires auprès de l’armée nationale pour la sauvegarde de la patrie en danger.

Trop c’est trop, mort à Bahanga”, “Vive l’armée malienne”, “Tous unis pour le Mali indivisible”, “Vive le Mali uni”, “Oui à un État responsable”, “Enterrons les accords d’Alger”, “A bas les négociations”, “Oui à la radiation des bandits de l’armée malienne”, sont autant de slogans que les marcheurs ont scandé hier matin sur le boulevard de l’indépendance.

Banderoles au vent, ils avaient fière allure quand ils entonnaient en coeur l’hymne national, symbole fort de l’unité des diverses communautés qui constituent la nation malienne. Tout en ces jeunes marcheurs traduisait l’exaspération du peuple malien qui n’arrive pas à s’expliquer l’entêtement de Bahanga à vouloir en découdre avec l’armée nationale.

Dans une déclaration cosignée par Nouhoum Sarr, porte parole du Collectif des jeunes libres et par Mahamane Mariko, Président du CRAJ et lue par ce dernier au pied du monument de l’indépendance, les jeunes ont « constaté la volonté des bandits armés dirigés par Bahanga, à instaurer la terreur à Kidal et à saper la notoriété de notre démocratie acquise au prix du sang des martyrs de janvier et mars 1991 ».

Il ont aussi constaté l’ingérence de certains États voisins, notamment l’Algérie et la Libye, dans les affaires intérieures de notre pays, avant de rappeler le principe sacro-saint de la souveraineté nationale du Mali et l’attachement du peuple à l’intégrité de son territoire.

Partant de tous ces éléments, Mahamane Mariko, au nom des jeunes marcheurs, a condamné avec la dernière énergie les actes criminels et barbares survenus dans la région de Kidal les 21 mars et 2 avril 2008. Il a réaffirmé l’attachement des jeunes maliens à la devise du pays: « Un peuple-Un But-Une foi ».

Les jeunes marcheurs, par la voix de Mahamane Mariko, ont demandé la libération inconditionnelle et immédiate des soldats de l’armée malienne et autres otages. Ils ont condamné « l’implication d’États complices aux côtés des bandits apatrides, pour des intérêts inavoués », et souhaité que l’État prenne toutes ses responsabilités dans le traitement de cette crise, en commençant par la radiation pure et simple de tous les déserteurs des forces armées et de sécurité.

Après avoir demandé à l’État malien de tout mettre en oeuvre pour faire respecter l’égalité de tous les citoyens devant la loi, les jeunes ont réaffirmé leur « opposition aux accords d’Alger » et ont indiqué qu’ils considéraient « toute négociation éventuelle avec les bandits armés comme une capitulation ».

Enfin, ils ont invité tout le peuple malien à s’impliquer aux côtés des forces armées et de sécurité dans leur mission de préserver la sécurité publique et l’intégrité du territoire. La marche a été encadrée par les forces de l’ordre du début à la fin.

Assane Koné

14 avril 2008.