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L’Union européenne, dans le cadre du 10ème Fed, accorde à notre pays 366 millions Fcfa, somme destinée à appuyer entre autres, les programmes de développement des régions du nord dont Kidal. Est-ce une bouffée d’oxygène pour le président ATT qui n’est pas encore arrivé à libérer la totalité des otages ?

En tout cas, les partenaires sont convaincus qu’il faille aujourd’hui financer les efforts économiques dirigés vers ce secteur, car sans la sécurité, la stabilité et la paix, le développement n’est pas possible.

Pourtant, au cours d’un atelier organisé le 30 novembre 2007, le Front pour la démocratie et la République (FDR) avait tiré la sonnette d’alarme en indiquant : “les milliards engloutis au nord du Mali depuis deux décennies par les partenaires au développement et l’Etat n’auront pas l’impact attendu tant que la crise persiste et s’aggrave. Avec le temps, cette crise s’est compliquée. On ne peut plus l’analyser sans tenir compte de ses ramifications sous régionales et du contexte général de l’espace sahélo saharien en proie à diverses convulsions de gravité variable de la Mauritanie au Soudan. De nouveaux acteurs sont apparus à la faveur de l’instabilité et de l’effacement progressif de l’Etat. Des données et pratiques nouvelles – pose de mines, des réseaux – ont fait leur apparition… l’on assiste à un intérêt renouvelé des puissances étrangères qui se livrent une compétition peut-être feutrée mais réelle”.

C’est dans ce contexte que le Fdr a jugé nécessaire d’organiser un atelier impliquant les partis politiques et organisations démocratiques ainsi que la société civile de l’espace sahélo saharien sur les questions de sécurité, de stabilité et de développement. Le Fdr avait mentionné “qu’à côté des solutions susceptibles d’être apportées par les gouvernements, il s’agira de proposer des réponses émanant de la société civile, des organisations et partis démocratiques des pays de l’espace sahélien pour améliorer la gouvernance et impulser un développement durable dans ces régions”.

En plus des initiatives économiques, la voie est largement ouverte au dialogue. Au demeurant, l’Union européenne est tout à fait consciente de la nécessité du dialogue politique puisqu’il figure dans les nouvelles résolutions des accords ACP-UE. Les Européens estiment que le dialogue se concentre, entre autres, sur des thèmes politiques spécifiques présentant un intérêt central ou général en relation avec les objectifs énoncés dans l’Accord de Cotonou, notamment dans des domaines tels que le commerce des armes, les dépenses militaires excessives, la drogue, la criminalité organisée ou la discrimination ethnique, religieuse ou sociale.

Dans son énoncé sur le dialogue politique, l’UE. indique : “les politiques générales visant à promouvoir la paix ainsi qu’à prévenir, gérer et résoudre les conflits violents, occupent une place importante dans ce dialogue, tout comme la nécessité de prendre pleinement en considération l’objectif de la paix et de la stabilité démocratique lors de la définition des domaines prioritaires de la coopération.

Le dialogue est mené avec toute la souplesse nécessaire. Il peut, selon les besoins, être formel ou informel, se dérouler dans le cadre institutionnel et en dehors de celui-ci, sous la forme et au niveau les plus appropriés, y compris au niveau régional, sous régional et national. Les organisations régionales et sous régionales ainsi que les représentants de la société civile sont associés à ce dialogue
”.

L’Union européenne reste donc parfaitement en phase avec le FDR qui a mis en place un collectif en vue de préparer une rencontre nationale sur la crise du nord, en mars prochain. La réunion s’inscrit dans le cadre de la recherche de la paix et de la consolidation de l’unité nationale.

S’il est important d’accorder des moyens financiers à l’Etat pour appuyer les programmes de développement des régions du nord, il n’en demeure pas moins pertinent d’instaurer le dialogue autour des représentants de toutes les forces vives du pays concernées par la crise du septentrion : élus nationaux et locaux des régions sahélo sahariennes, représentants de l’Etat, des partis politiques, de la société civile, des associations et Ong du nord, délégués de l’alliance du 23 mai, autorités religieuses, coutumières et morales, représentants de pays amis du Mali.

Baba Dembélé

11 février 2008.