Partager

Les éléments nouveaux intervenus dans la crise du Nord conduisent à se poser des questions et à s’inquiéter davantage. L’attaque d’Abeïbera, au delà de son caractère meurtrier, du fait qu’elle est l’oeuvre de dissidents des Unités Spéciales, n’est t-elle un tournant dans la crise ?

N’est-ce pas aussi un tournant l’éclatement de la rébellion en de factions multiples plus ou moins rivales ? tout comme, déjà le mois dernier, l’étalement spatial du conflit.

L’autre tournant, tout aussi préoccupant, réside dans la désormais inter nationalisation de la crise. L’O.N.U vient de l’inscrire dans son agenda, qui envisage d’envoyer un émissaire s’enquérir de la situation.

Ce n’est pas tant cette « immixtion » qui interroge mais bien le fait que la grande organisation ne s’intéresse qu’aux cas désespérés, aux drames humanitaires, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, d’atteintes aux droits de l’homme ou , dans notre cas, de conflit armé.

Que l’Organisation des Nations Unies s’intéresse donc à la rébellion au Mali, une première, est un signal qui fait peur. C’est la preuve que le traitement du conflit est en passe d’échapper à nos autorités, sans doute du fait de la gestion chaotique et monarchique qui lui a été réservée.

Ban Ki moon et ses services s’intéressent désormais à nous. Il est à espérer que ce ne soit pas dans les mêmes termes qu’au Soudan, au Burundi , en R.D. Congo et il n’y a pas si longtemps au Liberia ou en Sierra Léone.

Le sursaut que vient d’initier le Collectif des Ressortissants du Nord (COREN) , le week-end passé, mérite d’être encouragé. Il est à inscrire dans la dynamique de la recherche de la paix telle que l’a envisagée l’atelier sur la sécurité et la stabilité et le développement dans l’espace sahélo saharien de décembre dernier.


S.El Moctar Kounta

27 Mai 2008