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Face à la recrudescence des attaques meurtrières contre ses éléments sur le terrain, la “Grande Muette ” aurait décidé de passer à l’offensive. En effet, après avoir réussi à faire prisonniers une dizaine de bandits armés, l’Armée malienne aurait mis à profit les festivités de son 48è anniversaire, pour détruire une base importante du criminel Ibrahima Ag Bahanga.

Cet exploit (si c’en est un) a reçu tant d’échos que l’on croirait à la fin de la crise du Nord-Mali. Seulement voilà : l’imperturbable Bahanga et nombre de ses éléments sont toujours dans la nature. Et tout juste après l’opération de ratissage de l’Armée malienne, le même Bahanga affirmait que les hommes du Colonel Gamou n’ont fait que s’en prendre… à une de ses bases abandonnées. Vrai ou faux ?

Toujours est-il que le bilan officiel fait état de dizaines de bandits arrêtés. L’Etat malien, qui a toujours passé l’éponge sur les caprices de l’irrédentiste Bahanga, va-t-il, une fois de plus, privilégier la négociation ?

La question mérite d’être posée, puisque l’Etat malien a fait le choix de la fermeté tout en restant ouvert au dialogue. Ce qui paraît bien paradoxal, en ce sens qu’il est difficile, voire très difficile, d’être ferme tout en privilégiant le dialogue.

On ne pourrait pas condamner l’Etat malien face à ce choix. Mais ce qu’il faut surtout craindre, c’est une libération négociée des bandits déjà arrêtés. Cela est d’autant plus vrai que le pays n’a que ses vaillants soldats, de surcroit des Officiers, entre les griffes du meurtrier Bahanga. Attention donc à leur utilisation comme monnaie d’échange, pour l’élargissement des criminels arrêtés !

Va donc pour la négociation, si toutefois l’Etat malien tient encore à négocier. Mais , au préalable, il faudrait la libération des otages comme condition non négociable avec Bahanga et sa clique. C’est dire que dans sa gestion de la crise au Nord-Mali l’Etat malien n’a guère, aujourd’hui, une large marge de choix : il doit céder au chantage ou… sévir.

Ce second choix permettra à l’Etat de se crédibiliser aux yeux des Maliens ; alors que le premier choix pourrait être source de déception et aboutir à des tensions sociales. Toutes choses qui n’arrangent pas un Etat déjà fortement affaibli par la crise économique et un certain laxisme au sommet.

En clair, à l’exception de celle qui pourra voir nos Officiers pris en otage depuis des mois libérés avant tout pourparler, une autre négociation ne fera qu’encourager Bahanga, et même d’autres anarchistes du genre, à prendre les armes. C’est dire qu’en lieu et place de la “fermeté dans le dialogue”, il faut aujourd’hui “la fermeté dans la fermeté”.

Un Etat responsable, c’est aussi cela, surtout au stade où nous en sommes avec cette interminable histoire de Bahanga.

Adama S. DIALLO

26 Janvier 2009