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La culture du coton au Mali survivra-t-elle à la turbulence qui secoue aujourd’hui le géant cotonnier du Mali, face à la privatisation annoncée et la hantise qui décourage de plus en plus les producteurs ? C’est la question qui préoccupe tous les Maliens, compte-tenu du rôle de la CMDT dans l’économie malienne et ce que représente le coton pour des millions de producteurs maliens.

Au regard de sa crise de trésorerie, la CMDT est fortement handicapée depuis le refus de la société française DAGRIS de participer à sa récapitalisation.
Et ce n’est pas le PDG de la boîte, Ousmane Amion Guindo, qui dira le contraire.

Des propos de Ousmane Amion Guindo par voie de presse, on retient que la privatisation annoncée de la CMDT est désormais inévitable. Bien que tous les acteurs impliqués dans cette affaire restent conscients que cette privatisation ne résoudra en rien le problème posé.

Certes, la chute des cours mondiaux du coton à sa part de responsabilité non négligeable dans la dégringolade de la culture du coton en Afrique.Mais le cas malien est avant tout un problème de gestion.

Ce géant a fait ses beaux jours avant de se retrouver à genoux. La voie idéale a été aujourd’hui par la privatisation. Mais même là, les certitudes de voir le coton susciter un nouvel espoir au Mali sont minces. En effet, selon le PDG de la CMDT, les autorités maliennes n’ont pas encore trouvé d’alternative pour pallier cet état de fait. Car Ousmane Amion Guindo ignore encore l’impact concret de la privatisation sur le futur.

Quelques mois seulement nous séparent de 2008, date de la privatisation, et les études sur la performance de la future CMDT ne sont pas encore bouclées. Ousmane Amion Guindo reste néanmoins convaincu que si les circonstances le permettent, la privatisation pourra faire avancer les choses et que si les études prouvent que le Mali n’est pas prêt à aller à la privatisation, l’Etat prendra toutes ses responsabilités. Autrement dit, on décalera un peu plus la date de la privatisation.

Le Mali n’arrive pas à gérer la crise, parce que les partenaires ne sont prêts à voler à son secours sans des conditions préalables. Et la privatisation entre dans cet ordre d’idée. En attendant donc des lendemains meilleurs, certains producteurs ont préféré s’investir, soit dans la culture du piment et autres produits commerciaux, soit dans celle exclusive de céréales pour la préservation des besoins alimentaires.

Adama S DIALLO

08 août 2007.