Partager

L’engrais, cette substance chimique ou organique, joue un rôle prépondérant dans la rentabilité d’une parcelle. A l’Office du Niger, les paysans ont surtout recours à la diamoniaque de phosphate (DAP) et à l’urée pour fertiliser leurs surfaces à exploiter.

Il leur faut 2 sacs de 50 kg de DAP et 3 à 4 sacs d’urée par hectare. Selon un agronome, «la fertilisation à l’urée est capitale dans le rendement d’un champ».

L’épandage de ce produit fertilisant doit impérativement être faite avant la fin août pour avoir l’effet escompté sur les cultures et atteindre les rendements permettant aux paysans de faire face à leurs obligations comme les charges familiales et les remboursements des dettes de campagne

Mais, aujourd’hui, c’est l’urée qui manque le plus aux paysans des zones de production de l’O.N. Ce qui remet au cœur des débats, la question récurrente de l’approvisionnement en engrais. Il y a quelques années, l’Office a passé la main aux organisations paysannes pour approvisionner les producteurs en engrais.

Et pour mieux structurer ce domaine, il a été crée une Commission d’approvisionnement comprenant les représentants des paysans et les bailleurs de fonds, notamment la Caisse villageois d’Epargne et de Crédit autogérés (CVECA) et la Fédération des caisses rurales mutualistes du Delta (FCRMD).

Cette année les besoins des bénéficiaires de ces deux caisses avaient été évalués à 2 000 tonnes de DAP et 4 000 t d’urée. Suite à un appel d’offres, le marché avait été adjugé à Faso Djigui de Brahima Doucouré (40 %), Gnoumani SA de Diadié Bâ (35 %) et à la Société des intrants agricoles du Mali (SIAM, 25 %). Ils avaient promis de céder le sac de 50 Kg du DAT à 11 875 F CFA et celui de l’urée à 12 750 F CFA.

Rupture de stocks, hausse des prix

A l’arrivée, non seulement ces sociétés n’ont pas pu livrer la quantité contenue dans l’offre temps. Les paysans accusent les caisses qui s’en prennent aux commerçants à leur tour.

Toujours est-il que les fournisseurs n’ont pas tenu leur engagement et il ne faut pas s’attendre à des sanctions comme le prévoient les clauses du contrat.

«Depuis dix ans que nous procédons par appel d’offres, il n’y a jamais eu de satisfaction et les fournisseurs défaillants n’ont jamais été sanctionnés», s’offusque M. Ousmane Touré, PCA du FCRMD.

Fatalistes, les paysans n’ont qu’une préoccupation : trouver l’engrais à temps pour leurs champs. Ce qui relève de la croix et la bannière. Parce que non seulement, il y a rupture de stock, mais les prix ne cessent de grimper.

Le sac de 50 Kg de l’urée vacille entre 15 000 et 17 500 (contre 12 750 F CFA comme retenu par l’appel d’offres) dans certaines zones comme Macina et Diabali. Le manque à gagner au niveau de cet engrais, devenu l’or du Delta, est de près de 700 tonnes.

Les fournisseurs expliquent cette rupture par la hausse des prix des usines à Dakar et à Abidjan. Selon les explications de l’un d’eux, M. Diadié Bâ de Gnoumani SA, la tonne d’engrais lui revient à 215 000 F CFA à Abidjan.

Mais, ce coût est renchérit par le transport (37 500 F CFA), les frais de dédouanement (24 000 F CFA).
Comment payer l’engrais à ce prix et s’en sortir après ?

C’est l’équation que les paysans doivent aujourd’hui résoudre en urgence ! De l’efficacité de la solution trouvée, dépend la réussite de la campagne agricole 2005-2006 qui avait pourtant commencé sous de meilleurs auspices grâce aux efforts et à la vigilance de la direction de l’Office du Niger !

Moussa Bolly
Envoyé spécial

30 août 2005.