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Dans la dernière plus grande ville du Mali vers la Côte d’Ivoire, la crise d’eau potable se fait sentir chaque année entre les mois de janvier et avril.

Présentement chaque jour qui se lève est marqué par les inquiétudes de la population, en ce qui concerne l’obtention de l’eau potable.

Les plus fatigués dans cette situation demeurent les femmes et les enfants, qui forment tous les jours des files indiennes, à la recherche de l’eau.

Le salut pour une partie des populations réside dans la présence d’une mini-adduction d’eau à la résidence du préfet et dans la cour du centre de santé de référence du cercle.

Même là, ceux qui ont la chance de se ravitailler le font avant le coucher du soleil. Puisque à partir de 18 heures pour des raisons de sécurité, les portes de la résidence du cercle et du centre de santé se ferment.

Nous avons rencontré quelques habitants qui ont bien voulu nous livrer leurs impressions.

Bakary Koné est un notable du populeux quartier de Noumousso. Il pense que la localité de Kadiolo est oubliée par les autorités maliennes.

Il a déclaré ne rien comprendre dans l’attitude des dirigeants du pays, qui croient plutôt aux mots de ceux qui les trompent en disant que tout va bien dans la zone.

La pénurie d’eau potable à Kadiolo ne date pas d’aujourd’hui. Toujours quand le problème est posé aux décideurs, on envoie une petite mission pour venir tromper les populations, et après chaque mission, il n’y a jamais de suite.

Selon Bakary Koné, le même scénario prévaut sur le plan alimentaire. Il y a de mauvaises volontés qui disent que tout est suffisant, alors que c’est le contraire.

En 2004/2005, la ville de Kadiolo n’a pas connu de cas de criquets pèlerins, mais elle a connu une crise alimentaire, qui n’a jamais été signalée aux hautes autorités du pays.

Les mensonges des uns font que les autres sont involontairement punis. M. Koné a profité de l’occasion pour lancer un SOS au Président de la République, pour qu’il vienne au secours des populations de la ville de Kadiolo, en ce qui concerne l’obtention de l’eau potable.

Salimata Koné est une ménagère au quartier administratif, elle a salué les différentes réalisations du Général Président ATT à l’intérieur de la région, mais souhaite que sa prochaine oeuvre soit la réalisation d’une adduction d’eau pour les populations de Kadiolo.

Elle a dit que les femmes de cette ville attendent que l’ami des enfants vienne donner à boire de l’eau potable aux enfants et à leurs mères.

Quant à l’ex-maire de la commune de Kadiolo, Drissa Diabaté, il a affirmé que le problème d’eau potable a été évoqué devant le président de la République lors de son passage, en 2004.

Il croit plutôt que se sont les représentants de la localité à l’Assemblée Nationale qui n’ont pas joué leur rôle.

Selon M. Diabaté en son temps, le président avait demandé aux autorités locales de constituer des dossiers pour la construction d’une adduction d’eau dans la ville de Kadiolo.

Mais il pense que le problème n’a pas été pris au sérieux par ceux là mêmes qui ont la charge de diriger la commune aujourd’hui.

Lassina Traoré, de son côté, estime qu’il est temps que les élus changent de langage à Kadiolo. Il dira qu’à la veille de chaque élection municipale, législative ou présidentielle, les promesses sont faites par les candidats en lice, mais des promesses ne sont jamais tenues.

Zhao Ahmed BAMBA

02 mars 2006.