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Qu’est-ce que le département compte faire pour éviter le spectre d’une année blanche à l’Enseignement secondaire, technique et professionnel? Quelles sont les mesures prises pour sortir l’école malienne de la crise profonde qu’elle traverse, et assurer un enseignement de qualité accessible à tous les enfants du pays?

Ce sont les deux principales questions auxquelles le ministre Amadou Touré devait apporter des réponses aux élus, ce 24 Avril 2008, dans la salle Modibo Keïta de l’Assemblée nationale, au cours d’une plénière présidée par Dioncounda Traoré.

La présence du ministre fait suite à son interpellation par le député du groupe parlementaire PARENA-SADI, M. Bréhima Béridogo. Malgré le caractère périlleux de cet exercice, le ministre Touré a pourtant su “relever le défi“ en apportant des explications qui ont toutes convaincu les élus de la Nation.

Par ces réponses, on est en droit d’affirmer que le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique a réussi à son examen. Rappelons que cette interpellation du ministre fait suite à un constat relevé par l’honorable élu de Kadiolo, M. Bréhima Béridogo.

Du reste, le constat de l’ensemble des députés est formel: l’école malienne est malade. Elle souffre, entre autres, de l’insuffisance de personnel qualifié, d’années scolaires tronquées, de programmes inachevés, de la baisse inquiétante du niveau des élèves et étudiants… Et le député Béridogo de dépeindre un tableau très sombre de l’école malienne en citant quelques exemples.

En 2005-2006, plus de 12 000 titulaires du DEF n’ont pas été orientés. En 2007-2008, ce chiffre passait à 14 000. En plus de ce constat, 80% du personnel de l’enseignement fondamental et du secondaire sont constitués de contractuels; et depuis 1999, aucun recrutement n’a été fait.

Pire a fait remarquer le député interpellateur: à moins de dix semaines de la fin de l’année, il n’y a eu aucune évaluation dans les enseignements secondaire, technique, professionnel et public. “C’est la crise de confiance entre le gouvernement et les syndicats, avec, comme conséquence immédiate, le spectre de l’année blanche”, a indiqué le député qui en a profité pour poser bien des questions.

Et le ministre Amadou Touré, de s’expliquer à la barre. Il reconnaît la véracité des faits signalés par le député, mais a évoqué les différentes actions et la politique menée par le gouvernement dans ce sens. Chiffres et arguments à l’appui, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique a tenté de convaincre les élus du Parlement.

Aussi a-t-il énuméré un certain nombre de mesures adoptées par son département, notamment le PISE II qui, dans sa composante Formation Professionnelle, consacre un volet Apprentissage dans lequel plus de 20 000 jeunes diplômés sont concernés.

S’agissant de la contractualisation, il résulte, selon le ministre Touré, des effets pervers des mesures d’ajustement structurel des années 80 où, au nom de la rationalisation des ressources, l’Etat devait réduire son train de vie. Ce qui a eu pour conséquence l’arrêt du recrutement de fonctionnaires au profit des contractuels dans le secteur de l’éducation, particulièrement dans l’enseignement fondamental.

Par rapport aux autres questions abordées, le ministre interpellé était allé jusqu’au bout de ses efforts, en expliquant les actions et politiques menées et en cours, pour sortir l’école de l’ornière. Pour les infrastructures, plus de 4 milliards d’investissement ont été consentis par l’Etat, selon le ministre Touré qui a, par la suite, fait savoir que l’Etat ne reste pas les bras croisés, malgré un accroissement de la population universitaire qui a atteint les 28% cette année.

Par rapport à la récente, voire actuelle crise de l’école, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique a été catégorique : “Le département accepte le dialogue, et il a toujours privilégié la négociation, quel que soit le problème”, a déclaré Amadou Touré.

Il s’est ensuite montré très clair sur un autre problème évoqué. Il s’agit de la demande d’octroi des indemnités de logement par les enseignants, plus précisément ceux du COSES. Pour lui, il n’y a aucun écrit signé qui indique que le gouvernement s’est engagé dans ce sens.


Laya DIARRA

25 Avril 2008