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Ouvertes à Tripoli suite aux attaques armées perpétrées par Ibrahim Ag Bahanga et ses sbires dans la zone de Tinzawaten, les 19, 20 et 21 mars, les négociations entre l’Etat du Mali et les desperados ont abouti sur des résultats tangibles. Quel est le contenu de cet accord ? Est-il différent de celui signé en juillet 2007 à Alger ?

Qui sont les artisans de l’accord de Tripoli ? Que promet la Libye pour le nord Mali ? Réponses

Les pourparlers ardus qu’émissaires maliens et ceux de la bande à Ibrahim Ag Bahanga ont eus dans la capitale libyenne n’ont pas été vains. Ils ont abouti, en effet, à la signature, jeudi 3 avril dans l’après-midi, d’un document d’entente dont le respect sera assuré par la mise en place d’un comité de supervision.

Négocié dans le cadre de l’accord d’Alger, seul cadre de dialogue valable aux yeux du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, qui a été clair et intransigeant sur ce point, le document en question s’articule sur quatre points essentiels : le cessez-le-feu immédiat (qui entre en vigueur à minuit le jour de la signature), la libération de tous les otages, l’instauration d’un climat de confiance entre les parties, enfin le cantonnement de tous les combattants de la bande à Ibrahim Ag Bahanga ainsi que le retour des militaires dans les casernes. En clair, les deux parties se sont engagées à mettre fin aux opérations sur le terrain.

On aura noté, dans cette sorte de paix des braves, une avancée significative. Pour la première fois, en effet, le cantonnement des combattants de la bande à Ibrahim Ag Bahanga est négocié et obtenu. Pour en arriver à ce bon compte, les deux parties ont débuté chacune des négociateurs bien au fait des dossiers.

Quant au facilitateur libyen, il a mis en avant une armada de responsables de premier ordre et d’expérience qui, du reste, ont l’avantage de connaître chaque acteur. Il faut aussi noter la présence, comme personne ressource, d’Iyad Ag Ghali, chef historique de la rébellion de 1991, entré depuis dans la légalité.

Ainsi, côté malien, il y avait le général Bréhima Coulibaly, chef d’Etat-major particulier du président de la République et récemment nommé ambassadeur en Russie, le Colonel Samballa Ilo Diallo, directeur général de la gendarmerie nationale et Cheick Amadou Kanté dit Bany, chargé de mission auprès du chef de l’Etat.

La délégation d’Ibrahim Ag Bahanga était conduite, en ce qui la concerne, par Hama Ag Sid’Ahmed, beau-frère et porte-parole du chef de la bande insurgée.

Pour la Libye, les représentants étaient Dr Monsour El Meïdy (ancien ambassadeur au Tchad et actuel coordinateur de la Fondation Seïf El Islam Kadhafi pour les régions sud de la Grande Jamahirya et surtout chargé des relations avec les pays de la CENSAD) et Moussa El Kony (ancien consul de la Libye à Kidal). Homme du sérail habitué aux hautes sphères du pouvoir libyen, il est très proche de Bachir Salah Bachir, chef de cabinet du Guide de la Révolution.

En l’absence de ce dernier, il a mené les négociations avec une hauteur d’esprit grâce aux connaissances profondes qu’il a du Mali et des négociateurs engagés par les parties. Il faut enfin signaler sur ce chapitre que pour la Libye, c’est Dr Mansour El Meïdy, qui a eu à signer le document accord, est celui-là même qui a joué un rôle prépondérant dans les négociations qui ont abouti à la libération des 22 otages militaires le 7 mars.

Au terme de l’accord de Tripoli, la Libye s’est engagée à mettre en place un fonds pour le développement de l’ensemble des régions du nord-Mali.
Il faut rappeler qu’avec l’ouverture du consulat de Kidal, elle avait mis déjà à disposition une enveloppe de 50 millions de dollars pour l’insertion des jeunes et autres actions de développement (construction d’écoles, forage, etc.).

La Grande Jamahirya a même laissé comprendre qu’elle s’engagera davantage au regard des besoins de développement. Pour que cette question ne motive plus le recours aux armes.

Ali Rida

07 avril 2008.