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Mopti, Tombouctou, San, Dioïla… réclament la levée de la suspension de Oumar Touré

Après la protestation des jeunes auprès du Bureau Exécutif National (BEN) et leur exigence pour annuler la suspension illégale et injuste de Oumar Ibrahim Touré, c’est au tour des sections du parti de leur emboîter le pas, notamment Mopti, Tombouctou, San, Goundam, Gourma-Rharous, Dioïla et Ansongo. Toutes réclament la levée de la suspension injuste qui frappe, depuis le 27 septembre, le 2ème vice-président.

En effet, dans une correspondance adressée au président Younoussi Touré, une cinquantaine de responsables locaux (comités, sous-sections, sections) de Mopti ont rédigé une pétition pour dénoncer «cette décision qui viole les textes du parti, notamment l’article 16 du règlement intérieur».

Dans cette correspondance, on relève que : «des pratiques dilatoires et démobilisatrices sont devenues un mode de gestion du parti. Sinon comment comprendre ce qui s’est passé à Mopti. Le 7 août 2008, une délégation du BEN conduite par M. Abdoulaye Koita, 3ème vice-président, s’est rendue à Mopti pour casser la section légalement installée en nommant un Secrétaire général de la section en violation flagrante des textes du parti. Malgré l’illégalité de l’acte posé, nous avons accepté la décision dans le but de maintenir la cohésion au sein du parti.

Malheureusement, nous avons été très surpris d’apprendre sur les ondes de RFI la suspension pour une durée de six mois du 2ème vice-président du parti en la personne du camarade Oumar Ibrahim Touré… Ces actes montrent à suffisance que le parti est en train d’être pris en otage par un groupe d’individus évoluant au sein du BEN pour des intérêts personnels au détriment de l’intérêt du parti».

Le Secrétaire général de la section de Tombouctou, Harber Sabane, a également écrit au président du BEN, en ces termes : «En apprenant la suspension du camarade Oumar Ibrahim Touré, 2ème vice-président du parti, la section URD de Tombouctou s’est réunie en session extraordinaire, le dimanche 28 septembre, pour analyser l’impact de cette décision sur la cohésion du parti. Après d’intenses échanges, la section URD de Tombouctou regrette cette suspension qui intervient quelques mois seulement avant les élections communales. Elle déplore cette sanction qui nous semble disproportionnelle aux reproches faits au camarade (article 23 du règlement intérieur du parti). Eu égard à tout ce qui précède, la section de Tombouctou demande la levée pure et simple de la sanction».

Le Secrétaire général de la section de Gourma-Rharous, Sidi Mohamed Adiawiakoye, a aussi notifié à Younoussi Touré, la position des militants qui se résume ainsi : «la section de Gourma-Rharous exige la levée pure et simple de cette sanction».

La section de Goundam, dirigée par Oumar Touré lui-même, va plus loin : «vu la violation des textes du parti par le BEN à savoir : la prise d’une décision ne relevant pas de son ressort et le manque de quorum pour une décision de cette envergure, la section de Goundam dénonce, avec la dernière rigueur, la décision prise, l’invite à lever la suspension dudit cama rade et demande la démission pure et simple du BEN et la convocation d’un congrès extraordinaire en décembre 2008».

Les sections d’Ansongo, de San et de Dioïla demandent, elles aussi, la levée de la sanction qui frappe le deuxième vice-président.

Mais, la direction du parti, conduite par Younoussi Touré, ne veut rien entendre. Elle vient d’opter pour l’épreuve de force en confirmant, à travers la commission de conciliation, la suspension du deuxième vice-président, pourtant illégale, au regard des textes du parti.

A l’URD, les textes n’ont aucune valeur. Seule la volonté du candidat naturel, Soumaïla Cissé compte pour le parti. Le statut, c’est bien lui. Le règlement intérieur, c’est encore lui. Et dire qu’avec une telle attitude, on peut diriger le Mali, il y a de quoi à s’interroger.

Chahana TAKIOU

14 Octobre 2008