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Le secteur touristique malien traverse un sale temps. Mopti est l’une des villes qui en souffre le plus. Avec plus de 10 000 touristes par an, les hôtels de la Venise malienne affichaient complet mais aujourd’hui il y a une baisse de la fréquentation des touristes dans les réceptifs hôteliers.

Les touristes se font de plus en plus rares et pour cause : l’insécurité grandissante dans la zone, en effet, Al-Qaïda au Maghreb Islamique sévit au Nord Mali, en enlevant les touristes occidentaux. Et pour ne rien arranger aux choses, les velléités indépendantistes du MNLA sont venues aggraver une situation déjà compliquée.

Le tourisme représente un moteur pour l’économie de la ville de Mopti. Ce secteur est particulièrement en difficulté depuis la décision du quai d’Orsay de placer le centre du Mali en zone orange d’insécurité, donc déconseillé aux touristes tout comme le nord déjà placé en zone rouge. Il pâtit notamment de la grave crise que le septentrion de notre pays traverse. L’Association Malienne des Professionnels du Tourisme (AMPT) déplorait ainsi une baisse de l’activité en 2011 de 60 % par rapport à la période 2006-2008. Les recettes annuelles, grâce au tourisme pour le cercle de Mopti, atteignaient ces années-là 20 Millions d’Euros. En 2010, elles étaient inférieures à 5 Millions.

C’est la mort dans l’âme qu’EMMA, gérant de l’hôtel « Lac de rose ex Baforo », situé près du centre commercial de Mopti, témoigne de la mauvaise passe que traverse le secteur hôtelier dans la ville : « avant cette histoire d’Aqmi et de rébellion au Nord Mali, on n’avait aucun problème. Mon hôtel affichait complet mais aujourd’hui on ne peut compter que sur les rares nationaux qui sont de passage. Voyez par vous-même, il n’ya que trois clients, vraiment les affaires sont au ralenti et c’est pareil partout ici.»

L’hôtelier a qualifié cette situation de « catastrophique » parce que synonyme de régression conduisant vers la fermeture. « Je vends moins depuis le début de cette crise. On voit moins de touristes. Avant j’arrivais à vendre beaucoup plus, aujourd’hui, je suis souvent obligé de vendre à perte pour pouvoir survivre», explique Ousmane Diallo, un vendeur de sandales en cuir et de colliers traditionnels. Toute l’activité de la ville tourne actuellement au ralenti et beaucoup d’entreprises, créées grâce au tourisme, sont touchées par l’absence de touristes.

Madiassa Kaba Diakité

Le Républicain du 15 mars 2012