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Chérif Ousmane Madane Haïdara, guide spirituel de l’association musulmane Ançar Dine Internationale, a ténu une conférence de presse hier mardi 14 février 2012 à son domicile au Quartier Banconi de Bamako. Cette conférence de presse avait pour but d’évoquer les grandes préoccupations de l’heure telle que la crise au nord-Mali, la présidentielle de cette année, la scène islamique, l’organisation du Maouloud, la complémentarité de l’islam et la politique et bien d’autres sujets. C’était sous l’assistance d’un aréopage de journalistes et de nombreuses autres personnalités.

Pendant environ une heure, Chérif Ousmane Madane Haïdara, guide spirituel de l’association musulmane Ançar Dine Internationale, a répondu aux questions d’une douzaine de journalistes. La séance s’est déroulée en question réponse. Concernant la crise au septentrion du Mali, Haïdara invite les Maliens à se donner la main et à faire la paix car le Mali est un pays de paix et d’unité. A son avis, la toute première chose à faire est le dialogue qui est un élément essentiel pour résoudre le problème. « Nous sommes tous les mêmes, blancs aussi bien que noirs », a-t-il dit.

Selon lui, le Mali n’est pas en guerre contre un étranger mais plutôt un problème entre Maliens. Il a déploré les atrocités commises au nord du Mali. « En islam, on doit donner la datte à son frère, s’il refuse on lui donne le feu, autrement dit celui qui dépasse les limites sera aussi normalement attaqué en guise de riposte », a-t-il martelé. Il a fait savoir que les musulmans ont adressé un plan de sortie de crise aux autorités du pays. Le guide Chérif Haïdara s’est dit prêt pour la médiation au nord du Mali car dit-il qu’il est malien au même titre que les militaires.

A propos de la présidentielle 2012, Chérif Ousmane Madane Haïdara a fait savoir qu’ils n’ont pas de choix à faire mais qu’il souhaite un président qui peut bien gouverner le Mali sans faire la corruption ou faire d’autres actes illicites quelle que soit sa religion. Il a souligné que le Mali est un pays laïc. Peut importe que le futur président soit un chrétien, un musulman ou un animiste pourvu qu’il gère bien le Mali en toute honnêteté en toute vérité et en toute sincérité.

A l’en croire, le musulman peut faire la politique dans le bon sens car la politique est l’art de gouverner l’Homme et la cité. Pour lui, c’est d’ailleurs l’une des recommandations de l’islam. « Le Mali est à 95% des musulmans, il est donc indispensable que le pays se construise sans les musulmans », a-t-il dit. Il a signalé qu’il n’a pas besoin d’un poste de présidence de la république encore moins un poste ministériel, il occupe a-t-il dit une chaise plus lourde que la présidence car les présidents se sont succédé et qu’il est toujours sur sa chaise.

Concernant le temps d’antenne ou la retransmission en direct de la télévision nationale de ses prêches, il a fait savoir qu’ils sont dans un monde qu’il ne leur appartient pas car le Mali est dirigé par les autres. « Un jour viendra où l’islam sera beaucoup valorisé. Ce que nous faisons même les forces armées ne peuvent le faire », a-t-il dit. Il a indiqué que toute sa vie, il s’est évertué à rendre l’islam plus accessible aux fidèles. En clair pour lui, prier pour prier ne saurait être l’objet de l’islam. La prière est née de l’obligation pour la personne de changer son comportement. « Je n’ai peur de qui que ce soit pour dire la vérité et je n’ai jamais insulté personne mais les autres m’insultent à travers les antennes, je m’en remets à Dieu et l’union entre les musulmans régnera toujours », a-t-il conclu.

Aguibou Sogodogo

15 Février 2012