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« Le Mali face à la crise sécuritaire et humanitaire au nord », tel est le thème d’une table ronde organisée par l’Alliance des jeunes démocrates du Mali (Ajd) en collaboration avec ses différents partenaires. Les débats étaient menés par Cheick Oumar Diallo, secrétaire général de l’Ajd ; Abdrahamane Touré, secrétaire administratif du collectif des ressortissants du nord ; Ibrahima Diallo, inspecteur général de police ; Ibrahim Coulibaly du journal Nouvelle Tribune et Alhousseyni Abba Maïga, président du groupe de réflexion et d’initiative nouvelle. C’était le samedi 14 avril 2012 à la maison de la presse.

La cérémonie a débuté par l’observation d’une minute de silence à la mémoire des disparus et a pris fin par l’exécution de l’hymne national du Mali. Les débats étaient axés sur la résolution de la crise au nord soit par les armes soit par la diplomatie, voir même les deux et la situation sécuritaire et humanitaire actuelle. Cheick Oumar Diallo, secrétaire général de l’Ajd, a fait savoir que l’objectif de cette table ronde est d’évoquer les défis actuels de l’heure et de donner l’opportunité aux uns et aux autres d’apporter soutien et opinions pour une paix durable au Mali.

Ensuite Abdrahamane Touré, secrétaire administratif du collectif des ressortissants du nord, a signalé que la situation actuelle au nord est grave car les trois régions du nord sont tombées en trois jours. Il a proposé l’évaluation exhaustive des dégâts et des besoins, le rétablissement des services sociaux de base et une intervention humanitaire. Il a fait savoir que le Coren a adressé au gouvernement le 26 févier dernier une plate forme de sortie de crise.

Le contenu de cette pate forme porte sur : la négociation avant l’intervention militaire, la reforme des forces de défense et de sécurité, la cessation des pillages et autres actes de vandalisme par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad, le corridor humanitaire, la sécurité des voyageurs et de leurs biens, l’aide de la communauté internationale, une commission d’enquête pour juger les auteurs des crimes. Ibrahima Diallo, inspecteur général de police, a indiqué que les forces de défense et de sécurité sont caractérisées par le manque d’organisation, de moyens adéquats, de cohésion, de la mauvaise gouvernance.

Selon lui, la reforme des forces de défense et de sécurité n’est pas la mise à la retraite mais plutôt la formation, l’équipement et le redimensionnement des effectifs pour pouvoir accomplir leurs missions. A ses dires, le pouvoir exécutif, législatif, judiciaire, la société civile, la presse et les femmes doivent jouer leurs rôles afin d’avoir un secteur de sécurité efficace. « Il ne peut pas y avoir de développement, de démocratie sans sécurité », a-t-il dit.

Quant à Ibrahim Coulibaly du journal Nouvelle Tribune, la presse malienne a mis en exergue son sens de patriotisme car elle a répliqué aux médias étrangers tendant à renier le Mali. Pour Alhousseyni Abba Maïga, président du Grin, le Mali est un et indivisible. Il a condamné les agressions et les viols commis par les rebelles au nord du Mali. Il s’est opposé à l’intervention des forces de la Cedeao, sauf dotation en logistiques car dit-il, il y a suffisamment d’éléments au Mali.

Aguibou Sogodogo


Caravane humanitaire en direction du nord-Mali / C’est parti pour le premier convoi

Conscient de la gravité de la situation au nord du Mali et son occupation par les bandits armés, le Collectif cri de cœur pour le nord à Bamako a organisé une caravane humanitaire en faveur des populations en détresse au nord. Le premier convoi est parti le vendredi 13 avril 2012 en direction de Gao et de Tombouctou. C’était en présence d’Almahady Cissé, président du Collectif cri de cœur pour le nord et de nombreuses autres personnalités.

C’est la tour de l’Afrique de Bamako qui a abrité la cérémonie du départ du premier convoi de la caravane humanitaire en direction du nord-Mali. Deux grands véhicules remplis des céréales, de médicaments, du lait, y compris de l’argent, bref, des produits de première nécessité sont partis en direction du nord-Mali. Les caravaniers volontaires sont aux nombres de dix sept (17) dont 13 se rendront à Gao et 4 à Tombouctou. Au cours de cette cérémonie, il y avait des personnalités comme Tièbilé Dramé, président du Parena qui a d’ailleurs fait une contribution symbolique. L’on notait également la présence de Mme Keïta Aminata Maïga, l’épouse d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), l’artiste Tiken Jah Fakoly, Soufi Cheick Billali, les représentants du Collectif des ressortissants du nord (Coren).

La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national du Mali. Ensuite M. Diouara, porte parole de la jeunesse Ajsm a indiqué que c’est un moment important et historique. Depuis l’occupation du nord, dit-il, le cœur des jeunes est meurtri « En ces moments de douleur, la jeunesse n’a pas le droit de désespérer », a-t-il dit. Il a vivement remercié les personnes de bonne volonté pour leurs accompagnements singulièrement le collectif cri de cœur pour le nord qui a initié cette caravane humanitaire alors que le reste du monde est resté silencieux face au désastre du nord.

Pour Almahady Cissé, président du Collectif cri de cœur pour le nord, la situation sécuritaire au nord du Mali prend des dimensions d’un drame sans précédent. Les populations du nord, a-t-il dit, sont privées d’eau, de médicaments, d’électricité, d’aliment de subsistance. Face à cette situation, il a fait savoir qu’il est nécessaire de mener un plan d’action humanitaire pour sauver de la détresse des centaines de milliers des personnes qui n’ont pas les moyens. A son avis, la mission est à moitié atteinte grâce à la générosité des personnes de bonne volonté. « Faites parler encore votre cœur car nous avons besoin d’aide », a conclu l’initiateur.

Quant à Tidiani Guindo, porte parole du collectif cri cœur pour le nord, les produits iront à destination malgré l’insécurité car la société civile qui est l’interlocutrice est toujours sur place. « J’ai décidé de partir car j’ai mes parents à Gao et je suis malien avant tout. J’ai le devoir de mener des actions humanitaires en faveur de mes parents même s’il y a l’insécurité. Le risque fait partie aussi de la vie d’un homme », a dit El Hadj Tandina, l’un des dix sept caravaniers. Tièbilé Dramé, Tiken Jah Fakoy et Mme Keïta Aminata Maïga ont tous salué l’initiative à sa juste valeur car, à leurs avis, c’est à travers la multiplication des actions de ce genre que le problème sera résolu.

Aguibou Sogodogo

16 Avril 2012