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Le chef d’un groupe de rebelles touareg a annoncé avoir libéré dimanche trois gendarmes maliens enlevés le mois dernier à Téssalit (Nord du Mali), pour montrer sa volonté de « faire la paix« , confirmant ainsi une information obtenue de source militaire.

« J’ai libéré les trois otages pour montrer que je suis prêt à engager des discussions avec le gouvernement malien pour faire la paix. J’ai voulu montrer ma bonne foi » a déclaré Baye Ag Hamdy, ex-député de Tessalit et chef du commando qui avait enlevé les trois gendarmes dans la nuit du 18 au 19 juillet.

Auparavant, un responsable militaire dans le nord du pays, requérant l’anonymat, avait annoncé: « Les trois gendarmes enlevés le mois dernier ont été libérés ce dimanche, et ils sont actuellement revenus à Téssalit où s’organise en ce moment une cérémonie officielle en leur honneur« .

Interrogé par l’AFP sur l’éventuel paiement d’une rançon pour la libération de ces trois gendarmes, l’ex-député a répondu: « Aucune rançon n’a été payée. Le Mali est pauvre et n’a pas d’argent. Je n’ai d’ailleurs pas demandé d’argent« .

En contrepartie de son geste, Baye Ag Hamdy a demandé « que l’armée malienne relâche des parents touareg qui ont été arrêtés il y a quelques temps dans le nord ».

Une source proche de l’armée malienne a affirmé à l’AFP que « les parents touareg » dont parle l’ex-député sont des trafiquants arrêtés en juillet dans le nord, avec « une importante cargaison de drogue« .

Il reste actuellement encore des dizaines de soldats maliens aux mains des différents groupes de rebelles touareg.

Il y a un mois, Baye Ag Hamdi avait revendiqué au nom des « forces unies de l’Azawad » l’attaque du poste de gendarmerie de Téssalit, localité de la région de Kidal.

Les observateurs avaient tout de suite affirmé que ce mouvement touareg naissant n’était pas « très important« .

La semaine prochaine débute à Alger une nouvelle rencontre entre des délégations de groupes rebelles touareg, du gouvernement malien et de la médiation algérienne pour faire avancer le processus de paix.

Baye Ag Hamdy a jugé que « pour faire la paix, le médiateur algérien (ambassadeur d’Algérie au Mali), ne doit pas seulement travailler avec le gouvernement malien et les rebelles de Kidal« . « L’Algérie doit nous consulter aussi et aider à trouver du travail à tous les jeunes du Nord du Mali » a-t-il dit.

AFP du 24 aout 2008