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Crise au Nord : Les compagnies de transport en profitent : la solidarité, un slogan creux

La solidarité tant criée sur tous les toits au Mali n’est qu’un slogan creux, du moins si l’on se réfère à l’augmentation des prix de transport des régions du Nord à la capitale malienne en cette période chaotique.

Cette surenchère nécessite donc une sérieuse implication des hautes autorités afin de faciliter l’acheminement des populations du Nord désireuses de se réfugier à Bamako ou dans d’autres localités du Sud.

Depuis le début de la crise du Nord, c’est-à-dire l’occupation de trois régions par des rebelles, islamistes, djihadistes et autres terroristes, les compagnies de transport sur ces tronçons ont du coup augmenté leurs tarifs. Au nombre de ces compagnies : Binke Transport, Bani Transport, SONEF…En effet, de 15 000 F CFA par personne, ces transporteurs ont fait grimper le tarif jusqu’à…40 000 FCFA, et cela, dès les premiers jours de l’occupation de ces régions du Nord. Après quelques jours, ils ont revu ledit tarif à la baisse, mais sans retourner au prix normal initial : 15 000 FCFA par passager.

Actuellement, pour quitter Gao et rallier Bamako, les compagnies de transport Binke Transport, Bani Transport et SONEF ont toutes augmenté leurs tarifs. Dans l’ordre, il faut débourser soit 16 000, 17 000 et 18 000 FCFA. Au lieu de revoir leurs tarifs à la baisse compte tenu des pénibles conditions de vie de ces populations sous le joug des terroristes, ces compagnies ont plutôt profité de la désolation de ces populations pour e faire de l’argent à leurs dépens. Pourtant, au Mali, on ne parle aujourd’hui que de solidarité alors qu’en lieu et place, on s’adonne plutôt à une surenchère malhonnête de compagnies de transport sur le tronçon Gao-Bamako. Actuellement, les postes de contrôle ont été libérés et il n’y a plus aucune tracasserie policière sur cette route nationale. Cependant, rien ne justifie cette augmentation illégale des prix de transport si ce n’est la cupidité, alors que ces populations du Nord ont plus que jamais besoin de la solidarité affichée et agissante de tout bon patriote malien, surtout en ces moments difficiles que traversent les populations du Nord.

Les autorités maliennes sont quelque part responsables de cette pratique illicite de compagnies de transport. Aujourd’hui, bon nombre de nos concitoyens vivant au Nord souhaitent rejoindre leurs parents à Bamako. A défaut donc d’envoyer des cars à leur secours, les autorités maliennes devraient au moins subventionner les compagnies de transport dans cette tache. Mais non, à Bamako et Kati, on se soucie plutôt de ses intérêts personnels et tant pis pour des populations du Nord qui désirent quitter les lieux ! Par ailleurs, d’autres associations caritatives et de bonne volonté peuvent venir au secours de ces habitants. Mais « mieux vaut tard que jamais », dit-on. Il y a des personnes dans le Nord qui souhaitent revenir à Bamako, mais faute de moyens, elles sont obligées d’y rester et vivre le calvaire dans ces régions occupées par les bandits armées.

Les autorités et institutions de la République sont donc fortement interpellées par rapport à cette augmentation de tarifs de ces compagnies de transport. Si elles ne font rien malgré tout, cela signifierait que le Mois de la Solidarité institué chaque mois d’octobre au Mali n’a plus sa raison d’être.

Oumar Diakité

Le Combat du 25 avril 2012