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En perte de vitesse sur le plan militaire, le gouvernement malien se consacre à une offensive de charme sur le plan diplomatique. A la tribune de la 19ème session du Conseil des Droits de l’Homme, le 28 février, le ministre de la justice, garde des sceaux a mis en exergue le sulfureux «dossier» des crimes commis à Aguel Hok, le 24 janvier 2012, pour lesquels il a demandé à la communauté internationale une condamnation.

«II nous parait difficile de comprendre qu’au moment où notre pays est cité en exemple pour ses avancées en matière de démocratie et de bonne gouvernance, des individus animés par des intentions les plus malsaines puissent se livrer à des actes criminels contre leur propre pays». Ce plaidoyer du ministre Maharafa Traoré séduira-t-il les instances internationales ?

Le Mali, assure le ministre, a fait le choix de la démocratie comme mode de gestion des affaires publiques depuis 1991 et posé des actes dans le sens du renforcement et de la consolidation de ce processus : multipartisme, élections libres et transparentes, émergence d’une société civile responsable, la liberté de la presse et la reforme de l’administration territoriale notamment la décentralisation. Les conflits qui ont émaillé ce parcours ont eu comme solution constante le règlement pacifique.

En dépit de ces efforts, le pays est plombé dans une rébellion cyclique. Celle que connait le pays depuis le 17 janvier 2012 semble vouloir atteindre les fondements de la nation : l’unité nationale et la cohésion sociale. Les rebelles réclament l’indépendance de l’Azawad ; une zone comprenant plus des deux tiers du territoire national.

Si des touaregs sont les principaux animateurs de cette insurrection armée, la région, dont l’indépendance est réclamée, est habitée par une population majoritairement composée de sonrhaï, d’arabes, de peulhs, de bozos, de dogons, de bambaras, entre autres. Ces populations «cohabitent en parfaite harmonie» depuis des années, affirme le ministre.

Après Ménaka, le 17 janvier, Aguel Hok a été la seconde localité attaquée par les rebelles du MNLA qui s’est soldée, le 24 janvier, par l’exécution de militaires maliens, «au mépris des dispositions des Conventions de Genève relatives au droit international humanitaire», commente le porte-parole du gouvernement malien à cette tribune des Nations Unies. Une Commission Spéciale d’Enquête a mené des investigations (témoignages de rescapés militaires et civils et des preuves soutenues par des images) et est parvenue à la conclusion d’une coalition entre le MNLA et Al Qeada au Maghreb Islamique (Aqmi) dans la responsabilité de ces crimes.

«Ces actes de terrorisme, de crimes de guerre et d’atteintes à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat ne doivent pas restés impunis», a dit le ministre de la justice interpellant la communauté internationale. «Des poursuites judiciaires seront engagées, le moment venu contre les auteurs de ces crimes conformément aux procédures judiciaires en vigueur au niveau National et éventuellement au niveau International» a-t-il promis.

Seydou Coulibaly

13 Mars 2012

©AFRIBONE