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C’est du moins ce qui ressort du rapport des négociations passées entre les émissaires du gouvernement malien, le groupe du dissident chef rebelle, Ibrahim Bahanga et le médiateur algérien, après une rencontre de trois jours à Alger. Mais cette énième rencontre du genre, pour une solution définitive de la crise qui sévit au Nord-Mali depuis le 23 Mai 2006, mettra-t-elle fin aux hostitités?

Rappelons que le 23 Mai 2006, un groupe de rebelles, composé de déserteurs touaregs de l’armée malienne et dirigé par Ibrahim Bahanga, a lancé des assauts meurtriers contre des garnisons militaires dans le Nord-Mali, précisément à Kidal et à Ménaka.

Malgré l’implication de l’Algérie, qui s’est soldée par la signature, le 4 Juillet 2006, d’un accord dit Accord d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal, les rebelles continuaient à multiplier leurs attaques, provoquant des morts et des blessés, et détenant des otages. Des mines ont été déposées par les rebelles dans certaines zones, le rendant ainsi inaccessibles.

Aussi, dans sa détermination à trouver un dénouement heureux à cette crise, et en conformité avec la volonté du pouvoir malien de ne pas livrer la guerre contre les rebelles, l’Algérie a initié des pourparlers entre les deux parties, sans qu’une solution définitive ne soit pourtant trouvée.

La rencontre qui vient d’être bouclée le lundi 21 Juillet 2008 à Alger, entre les émissaires du gouvernement malien, les rebelles, et le médiateur algérien, sera-t-elle donc la solution définitive à une crise qui n’a que trop duré? Dans tous les cas, le procès verbal qui a sanctionné cette rencontre fait ressortir un chronogramme qui, dans un premier temps, indique le déminage complet de la zone où les mines ont été déposées par les rebelles.

Ensuite, il y a eu l’organisation du retour des populations touarègues qui avaient trouvé refuge en Algérie et au Burkina Faso. Enfin, la libération des otages, tant du côté des rebelles que du côté de l’armée malienne. Tout cela avant le 15 Août prochain. Pour faciliter l’exécution de toutes ces décisions sur le terrain, l’Algérie s’est engagée à jouer un rôle d’observateur vigilant.

La deuxième phase, qui va commencer après le 15 Août 2008, concernera l’allègement du dispositif militaire de l’armée régulière dans le Nord. Ce qui constitue d’ailleurs une des revendications des rebelles. En somme, plus d’un Malien reste sceptique quant au respect de ces décisions, surtout quand on sait que l’Accord d’Alger a subi des violations de la part des rebelles.


Soir de Bamako

Moussa TOURE

23 Juillet 2008