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Après demain, mercredi 16 juillet, une délégation gouvernementale conduite par le général Kafougouna Koné, ministre malien de l’administration territoriale et des collectivités locales, quittera Bamako pour Alger. Dans la capitale algérienne, les émissaires du gouvernement malien participeront au second round de négociations avec les représentants des groupes de bandits armés qui sévissent dans le nord du pays.

Comme lors du précédent round, les négociations se feront sous l’égide des autorités algériennes. On se rappelle qu’au cours de cette étape, les deux parties ne s’étaient pas rencontrées formellement, le médiateur algérien ayant choisi de discuter séparément avec les différents protagonistes.

Ainsi, les autorités maliennes avaient été saisies des « doléances » des bandits, parmi lesquelles figuraient en bonne place le retrait de la région de Kidal de l’Armée nationale et l’élargissement aux nouveaux groupes armés du Comité de suivi de l’Accord d’Alger.

Cette fois-ci, les prochaines négociations pourraient, selon des sources autorisées, se dérouler directement entre les deux parties. C’est-à-dire qu’émissaires du gouvernement et représentants des groupes de bandits armés s’assiéront à la même table de négociations. Les discussions pourraient être houleuses.

En effet, les émissaires partiraient exactement dans le même état d’esprit qu’il y a quelques semaines. Ainsi, si le gouvernement est prêt à discuter de toute revendication liée au contenu de l’Accord d’Alger, il insiste sur le fait que ce document est et demeure la seule base de discussions et de négociations.

Il n’est pas question d’en sortir, comme l’a réaffirmé il y a quelques temps le chef de l’Etat. Aucun nouvel accord ne sera signé et toutes les négociations se feront sur la seule et unique base de l’Accord d’Alger, avait dit Amadou Toumani Touré. En clair, pas question du retrait de l’Armée, ni même de l’allègement du dispositif militaire dans le nord malien.

Cette revendication n’est pas près d’être satisfaite par les autorités qui ont fait de l’intégrité du territoire et de la sécurité des populations une priorité absolue. Or, le retrait de l’armée ou même l’allègement du dispositif militaire, sans au préalable un désarmement des groupes armés, ne peuvent que livrer le nord malien aux différents groupes de bandits, aux terroristes, aux contrebandiers et malfrats de tous genres. Avec les conséquences que chacun sait.

Cette menace est d’autant plus à prendre au sérieux qu’il y a déjà eu des antécédents d’activités criminelles, que les bandits armés se sont liés avec des cellules de réseaux internationaux de terroristes, en particulier Al Qaïda.

Concernant l’élargissement du comité de suivi d’Alger, les deux parties pourraient, là également, ne pas s’entendre. Selon une source proche du dossier, cette revendication a tous les relents d’un piège.

Il semble que les bandits nourrissent le projet d’infiltrer ce comité par des individus peu recommandables, connus pour être de notoires narcotrafiquants et qui, au cours des récents évènements, ont financé et organisé une série d’attaques. Le plus connu est un certain Merzouk. Un élu de Tessalit est également soupçonné d’être un des principaux instigateurs du trafic de stupéfiants.

La conférence sur la sécurité, la paix et le développement du Sahel se tiendra à la suite de ces ultimes négociations.


L’Aube

CH. SYLLA

14 Juillet 2008