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Environ cent milles personnes réfugiées ou déplacées, plus d’une centaine de morts dont des «exécutions sommaires» attribuées au MNLA, la guerre au Nord Mali qui dure depuis plus d’un mois est sans précédent.

L’armée dispose de «moyens terribles» pour faire face à la rébellion armée qui sévit dans le nord du pays depuis le 17 janvier 2012, rassurait un chef d’institution. Mais comment utiliser ces armes contre ses «propres populations» ?, s’était-il finalement interrogé. Il semblerait y être installé une guerre de guérilla amenant l’armée nationale à revoir ses stratégies dont l’objectif prioritaire serait de couvrir les grands centres urbains.

Les rebelles profitent des nouvelles technologies et de leur «soutien» pour prendre une longueur d’avance sur le gouvernement sur le terrain de la communication. Face à l’intensité des combats, l’armée dans certaines zones était obligée d’opérer un repli tactique afin de mieux mener une offensive. La stratégie a porté ses fruits, après la bataille d’Aguel-Hok du 24 janvier, avec la reprise des localités de Tessalit, Tinzaouatin et Léré et une résistance ayant empêché la chute de Niafunké et Andéraboucane.

La récente ouverture des fronts à Youwarou (région de Mopti) et l’assassinat du chef de village de Hombori dans la même région par les éléments du MNLA ont sapé ces efforts de près d’un mois des forces armées et de sécurité. Et, montre jusqu’où les assaillants s’acheminent dans cette bataille, exacerbée, selon le forum des organisations de la société civile, par des pratiques mafieuses.

Dans les villes occupées, les conditions économiques sont devenues dégradantes pendant que des dizaines de milliers de personnes se sont réfugiées en Algérie, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger. Plusieurs autres ont subi un déplacement forcé. Une situation qui annonce une véritable catastrophe humanitaire. La coordination ouest africaine d’Amnesty international relève une «pire crise des droits humains» que le pays ait connue.

Cette région du sahel connait depuis des siècles une crise récurrente. Il s’agirait d’un «vieux problème» qui ressurgit chaque fois que les conditions sont réunies. Revenant de la Libye, ce sont des touareg qui ont déclenché cette guerre pour réclamer «l’indépendance de l’Azawad», région comprenant les trois quart du territoire malien.

Seydou Coulibaly

Le 21 Février 2012

© AFRIBONE