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Il a, par ailleurs, nié un quelconque rôle du régime Kadhafi dans la rébellion de la région, soulignant qu’une guerre a lieu depuis des années entre ses fidèles et les groupes terroristes du nord du Mali.


El Khabar : Vous avez rencontré des représentants du Gouvernement malien à Alger, pendant plus de quatre jours. Les informations qui ont filtré indiquent qu’aucune avancée n’a été réalisée dans le processus de paix au Mali. Que s’est-il exactement passé lors de ces pourparlers ?

Brahim Agg Bahanga :Les discussions ont duré longtemps mais malheureusement nous ne sommes parvenus à aucun résultats, pour une simple raison : Le Gouvernement malien n’a fait aucune concession mais a tout de même voulu réaliser des avancées. Dans les derniers pourparlers nous avions des revendications précises, concernant la région, comme le statut du Kidal, les touaregs du nord uniquement, nous avions également exigé d’améliorer la situation approuvée durant l’accord d’Alger de 2006. Pour ce qui est des revendications du gouvernement malien, elles concernaient principalement une accalmie, la libération des détenus, la remise des armes des membres de l’alliance du 23 mai pour le Changement.

Pour ce qui est des détenus, doit-on s’attendre à une libération à l’approche des prochains rounds de discussions prévus à Alger ?

Après le dernier round de discussions nous n’allons libérer aucun détenu des 92, de différents grades, car le Gouvernement malien n’a rien donné en échange.

De vos propos on pourrait déduire que vous ne souhaitez pas la paix et que votre alliance fait tout pour ne pas parvenir à une stabilité durable dans la région !

C’est plutôt le contraire, nous sommes des partisans de la paix…La sécurité dans la région nord du Mali est impossible sans un développement réel que le Mali s’engage à concrétiser sur le terrain.

Votre position au nord du Mali montre qu’il y a des contacts entre vos éléments et des terroristes activant dans la région sud d’Al Qaida au Maghreb Islamique, est-il vrai que vous avez des points communs avec cette organisation ?

Premièrement les groupes terroristes n’activent pas dans les zones où nous sommes, ils se trouvent au nord de Tombouctou, la relation entre nous est la guerre. Depuis plusieurs années nous leur vouons une grande haine et je crois que depuis plusieurs mois il n’y a eu aucun affrontement entre nous. S’ils tombent entre nos mains leur avenir est scellé car leur cause n’est pas la nôtre. Nous nous cherchons la paix.

Vous avez indiqué que votre nombre dépasse les trois mille, sont-ils des touaregs du mali uniquement ou est ce que l’alliance est constituée de touaregs des pays voisins ? Y a -t-ils des touaregs algériens ?

Après notre alliance de 2006, le nombre a atteint les 3 mille combattants, sachez qu’ils sont tous maliens, il n’y a pas d’algériens et de nigériens. Notre cause est juste et claire.

Durant les pourparlers d’Alger, un poste sécuritaire de l’armée malienne a été attaqué, un groupe isolé aurait menée cette opération !

Non…c’est l’Alliance pour le changement qui en est l’auteur, il y a trois soldats prisonniers.

Le médiateur algérien a appelé à la tenue d’autres rounds au début août, allez-vous poursuivre les pourparlers, allez vous revenir à Alger ?

Nous respectons le rôle de l’Algérie, nous sommes prêts à poursuivre, je suis personnellement prêt à représenter l’alliance encore une fois, mais cela dépend des résultats visibles sur le terrain.

Plusieurs parties accusent le régime libyen d’être derrière votre mouvement, en vous fournissant un soutien financier et logistique afin de concrétiser le projet appelé l’Etat Touareg.

Il n y a personne qui nous soutient. L’alliance est locale. Dire que Kadhafi nous fournit des armes n’est pas vrai car nos armes sont celles du Gouvernement malien, nous les récupérons après les accrochages et autres confrontations avec l’armée.

El Khabar

28 juillet 2007