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La crise au Nord du Mali fait de nombreux réfugiés dans les pays voisins. Depuis la semaine dernière, le Burkina Faso a également commencé à les recevoir. 500 personnes ont été déjà enregistrées Koloko, département situé 15 km de la frontière dans la région des Hauts-Bassins.

Un effectif non négligeable se trouve aussi dans la ville de Bobo-Dioulasso et est accueilli au stade Wobi. C’est le constat qu’a fait une équipe de Sidwaya, ce lundi 6 février 2012.Assis sous une tente devant un fourneau de thé, Mohamed Ag Sidi Med écoute la radio. Avec lui, son épouse et ses quatre enfants de bas âge. Dans sa tente, l’essentiel de son matériel qu’il a pu emporter avec lui quand il quittait Koutiala dans le véhicule d’un transporteur, pour arriver Bobo-Dioulasso dans l’après-midi du samedi 4 février 2012. Agent de la garde nationale du Mali, il explique que bien qu’il n’y ait pas de crise dans sa ville, la situation y était inquiétante.

jpg_bobo.jpg« J’ai fait 48 heures sans sortir de ma maison parce que les civils insultent les gens, et il m’était difficile de pouvoir nourrir ma famille si cela continuait », a-t-il déclaré. Comme lui, plusieurs dizaines, voire des centaines d’hommes, de femmes et surtout d’enfants, mais aussi des hauts-gradés des forces de l’ordre et de sécurité maliennes ainsi que des hommes d’affaires ont pris la clé des champs pour se réfugier Bobo-Dioulasso.

Même si nous ne disposons pas pour l’instant de chiffres officiels, tout porte croire qu’il y a un nombre non négligeable de Maliens sous nos cieux. Selon les autorités du département de Koloko une quinzaine de kilomètres de la frontière malienne), le 2 février 2012, ce sont 127 personnes dont 23 femmes, 34 hommes et 70 enfants qui ont été enregistrés.

A la date du 6 février, au total 500 personnes ont été reçues dont 199 hommes, 103 femmes et 198 enfants destination de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. La majorité des réfugiés a-t-on appris, est logée en ville, qui chez des parents, qui dans des maisons qu’ils ont louées. Néanmoins, depuis le vendredi 3 février dernier, un comité d’urgence présidé par le haut-commissaire de la province du Houet et composé de la gendarmerie, la police et l’action sociale, a été mis en place. Le comité qui officie ds lors au stade Wobi de Bobo-Dioulasso accueille les réfugiés et les enregistre pour une éventuelle prise en charge. Sur place, six tentes ont été dressées et sont occupées pour l’instant par deux familles. Les autorités, selon toute vraisemblance, s’affairent les mettre dans de bonnes conditions en se préparant, toute éventualité, faire face un effectif plus élevé.

Déjà, la SONABEL a déposé sur les lieux des poteaux électriques. Elle a même creusé les trous pour les planter. Pour l’instant, Mohamed Ag Sidi Med salue la légendaire hospitalité du Burkinabé, au regard des conditions d’accueil. « Depuis que je suis là, il y a une femme qui prend soin de nous. Même le responsable des lieux nous a bien accueillis. Chaque matin et chaque soir, nous avons de la visite.

Des agents de santé sont venus pour savoir si nous avons des problèmes de santé », a-t-il ajouté. Seulement, il s’inquiète pour la scolarité de ses enfants qui ont d interrompre leur scolarité pour sauver leur peau. Il soutient également que lorsqu’il quittait Koutiala, il n’a pas constaté un mouvement de population, mais il se dit sr que beaucoup de gens vont les rejoindre. Déjà, on constate fréquemment des véhicules avec l’immatriculation malienne dans la ville de Sya.

Jean-Marie TOE

Sidwaya,

08 Février 2012


SITUATION AU MALI : Des réfugiés affluent au Burkina

Après le Soum, la province de l’Oudalan, dans la région du Sahel, est la nouvelle porte d’entrée de réfugiés maliens fuyant la guerre dans leur pays. Depuis le 4 février dernier, les vagues de fuyards venant de la commune d’Intilit ne cessent d’arriver.

Le conflit au Mali est vraiment sérieux. La commune d’Intilit, située à une centaine de km du Burkina, est aux mains des rebelles et voit sa population se vider. Direction, la province de l’Oudalan, au Burkina. Parmi les réfugiés, le maire de la ville en personne, Mahoudou Ag Kawasal. Il a dû, en désespoir de cause, quitter sa ville tout en appelant la population à en faire de même. Ne partageant pas la vision des rebelles, il n’avait d’autre choix que de déserter sa commune prise par les insurgés. Le voyage d’Intilit à Inabaw, le village de Tinakoff où les réfugiés se sont installés, dure deux jours. C’est une traversée harassante, en raison du mauvais état de la route et des véhicules.

A leur arrivée au Burkina, les Maliens sont recensés par l’armée burkinabé, postée sur les lieux. Ils s’installent ensuite à la périphérie du village de Inabaw, dans des camps de fortune. Ils n’ont pas de tentes où s’abriter. Le maire d’Intilit, tout en remerciant les autorités burkinabé pour l’accueil réservé à ses administrés, a cependant quelques préoccupations. Il s’agit d’abord de trouver des abris pour les réfugiés dont la majorité sont des femmes et des enfants.

jpg_burkina-nord.jpgEnsuite, se pose la question de l’eau, de la nourriture et de la santé. Par ailleurs, beaucoup d’enfants ont dû abandonner les classes. Une réinscription dans les écoles burkinabé est donc souhaitable. A ce niveau, la direction provinciale de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation de l’Oudalan s’attelait déjà à recenser les enfants scolarisés.

Des personnalités de la province ont commencé à se rendre sur les lieux pour s’enquérir de la situation. Le député Amadou Diemdioda Dicko et le 1er adjoint au maire de Tin-Akoff se sont ainsi rendus le 5 février dernier à Inabaw. Ils ont échangé avec les Maliens et surtout encouragé les forces de sécurité qui sont les premières structures à s’occuper des réfugiés, en attendant les différents secours.

Mahorou KANAZOE

Le Pays

08 Février 2012

Source : LeFaso.net