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Elle avait pour objectif de faire reculer les bandits armés qui ont été localisés à une quinzaine de kilomètres et planifiaient une attaque contre la ville de Kidal. Aucun bilan officiel n’est encore connu quand bien même cette opération a réussi à faire avorter une attaque qui allait porter atteinte à l’intégrité territoriale de notre pays.

Comme nous l’annoncions dans une de nos parutions, les bandits armés ont promis de célébrer l’attaque du 23 mai 2006 en s’attaquant cette année aussi à la ville de Kidal. Cette information loin d’être une rumeur a été confirmée par l’Alliance pour le changement en faisant porter le message par un des otages de l’attaque de Abéïbara libéré pour la circonstance.

Celui-ci (l’otage) est arrivé à Kidal dans la matinée du 23 mai et a transmis le message qu’il portait à qui de droit. Face à cette menace, Kidal a déployé les grands moyens en renforçant la ceinture de sécurité tout autour de la ville.

Certes cette date n’a pas été respectée mais les forces armées et de sécurités sont restées sur le qui-vive, pour éviter de se faire surprendre, et ont maintenu leur position intacte en restant sur leurs gardes. Il n’a fallu que de quelques jours pour que les bandits armés tentent d’accomplir leur funeste objectif. En effet, dans la nuit du mardi, le système de surveillance des services secrets américains a localisé les bandits armés à une quinzaine de kilomètres de la ville de Kidal. Comme cela se doit, ils (les services américains) ont alerté les forces armées de l’Adrar des Ifforas à qui, ils ont communiqué les positions des membres de l’Alliance prêts pour l’attaque.

C’est alors que l’armée loyaliste, dont un très grand effectif se trouve en patrouille dans le Sahara, a choisi de faire recours aux moyens lourds. Ainsi ont été déployés par les forces armées des BM21 pour bombarder les positions de l’Alliance conformément aux indications de localisation qui leur ont été fournies par les services de renseignements américains.

En plus du bombardement, une ceinture de sécurité a été formée à quelques kilomètres de la ville et ordre a été donné à cette colonne de rester sur une position défensive. Au moment où nous mettons cette information sous presse, aucun bilan des bombardements n’a été rendu officiel, mais il a été demandé aux patrouilles déjà sur le terrain de constater les dégâts à leur retour. Comme on devait s’y attendre, ces bombardements ont causé une très grande psychose chez la population civile.

Certaines maisons à l’architecture très légère se sont effondrées avec le tremblement du sol causé par les bombardements. Nombreuses sont les familles qui, très tôt hier matin, ont quitté la ville. Cette stratégie, première du genre, peut être entendue comme une entrée en guerre des forces armées et de sécurités maliennes.

Si ce n’est pas le cas, ça doit en être ainsi, car du moment où recours et usage sont fait aux armes lourdes à l’intérieur des agglomérations, il y’a plus aucune raison de ne pas les utiliser en pleine campagne et dans le grand Sahara.

Cette nouvelle donne doit mettre fin aux discours en faisant place aux actes. Il est temps d’arrêter de souffler le chaud et le froid en même temps. Les paisibles populations qui sont les cibles potentielles de tous les esprits de vendetta et en font les frais, semblent éreintées.

De grâce finissons-en avec cette crise de quelles que manières que ce soit, ceux qui y périront seront heureux dans leur tombe en sachant que leur sacrifice aura permis d’instaurer le calme dans une zone mouvementée depuis l’indépendance. Nous en sommes sûrs…

Ousmane Koné / Le Hoggar du 31 mai 2008

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Région de Kidal : Les gendarmes et les policiers s’affrontent.

Dans la région de Kidal, l’anarchie est en passe de devenir la seule loi qui prévaut en matière de justice et de droit. Cette réalité prend des proportions inquiétantes, lorsque ce sont des agents de la gendarmerie et de la police, qui s’adonnent à cette ignominieuse pratique.

En effet, le mercredi dernier (à 1 heure du matin), pendant que la ville de Kidal était à deux doigts d’être annexée par les rebelles, ceux qui devaient sauver l’intégrité territoriale et protéger les personnes et leurs biens n’ont rien trouvé de mieux que s’entre cogner. La nuit du mercredi passé, la police au cours de ses nombreuses patrouilles a eu la chance de mettre la main sur un véhicule 4×4 rempli de drogues. Tout naturellement, les agents de police en question ont conduit le véhicule à leur fameuse fourrière en attendant que la suite de l’enquête permette d’y voir plus clair. Quelques minutes après leur arrivée à la police, le commissariat a été pris d’assaut par les agents de la gendarmerie qui réclamaient que cette saisie leur soit restituée car la compétence d’une telle affaire n’est déléguée qu’à eux.

Malheureusement, les agents de police ont pensé le contraire et par conséquent n’ont pas voulu accéder à la requête de leurs collaborateurs de la Brigade Territoriale. Immédiatement, une altercation s’est éclatée et un spectacle plein d’agressivité s’est ouvert entre les deux corporations.

Ce spectacle a duré plusieurs minutes et au moment où les esprits se sont calmés, le bilan était d’un blessé grave du côté de la police et des blessés légers des deux côtés. Le policier blessé a été immédiatement évacué pour des soins au centre de santé. Et pendant que cette honteuse histoire se déroulait, les bandits armés avaient été localisés à moins de quinze kilomètres de la ville de Kidal.

Notons que suite à cette localisation, l’armée loyaliste, dont un très grand effectif se trouvait en patrouille dans le Sahara, a choisi de faire recours aux moyens lourds. C’est ainsi que les BM21 ont été déployés par les forces armées pour bombarder les positions de l’Alliance conformément aux indications de localisation qui leur ont été fournies. En plus du bombardement, une ceinture de sécurité a été formée à quelques kilomètres de la ville et ordre a été donné à cette colonne de rester sur une position défensive.

Au moment où nous mettons cette information sous presse, aucun bilan des bombardements n’a été rendu officiel, mais il a été demandé aux patrouilles déjà sur le terrain de constater les dégâts à leur retour.

L’assaut dont nous faisions allusion dans nos précédentes parutions est, depuis avant-hier, une réalité. Le ton a été donné par le colonel Takni aux environs de 10 heures. Pendant que lui et ses troupes revenaient de Tégargart, ils ont aperçu sur leur chemin quatre véhicules des bandits armés qu’ils ont pourchassé jusque dans les collines de Intadeynit. C’était dans cette colline que les bandits, après avoir quitté Tégargart, ont trouvé refuge. maliweb.net. C’est alors que s’est ouvert l’assaut. Une fusillade s’en est suivie et a durée jusqu’au petit soir avant d’être interrompue sur ordre du colonel Gamou qui se trouvait encore à Tégargart.

Ousmane Koné/ Le Hoggar du 31 mai 2008


Mali : Renfort et tirs dissuasifs de l’armée dans le nord, pas de combats

L’armée malienne a procédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Kidal (nord-est du Mali) à des « tirs de dissuasion« , qui n’ont pas donné lieu à des combats, après l’envoi de militaires touareg en renfort dans la région, a-t-on appris à Bamako de sources concordantes.

Des tirs ont été entendus vers 00H00 (heure locale et GMT) entre mercredi et jeudi dans la périphérie de Kidal, où se trouvaient des militaires touareg dépêchés par l’armée, ont indiqué à l’AFP une source au ministère de la Défense et un responsable de l’armée.

Il s’agissait « de tirs de dissuasion (…), pour des raisons de sécurité« , a précisé le responsable de l’armée, sans fournir de détails.

Ces tirs n’ont pas fait de blessé, et aucun combat n’était jusqu’alors signalé, selon diverses sources contactées par l’AFP.

Le renfort dépêché à Kidal est composé de Touareg issus de l’un des ex-mouvement rebelles ayant officiellement déposé les armes en 1996, selon la source au ministère de la Défense.

« Ce sont des Touareg, mais avant tout des Maliens. Ils ont le droit de défendre leur patrie« , a déclaré cette source.

« Le renfort (…) doit rejoindre une base dans l’armée dans le nord, (mais) des bandes armées tentent d’obstruer le chemin. Il y a des tensions. Les gens se regardent en chiens de faïence, mais nous accomplirons notre mission« , a-t-elle dit.

Joint par l’AFP, l’entourage du chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga, ayant pris les armes fin août 2007, a confirmé l’envoi du renfort de l’armée.

« Nous sommes en face de l’armée malienne. Ils veulent nous attaquer, nous attendons pour voir« , a affirmé un proche de M. Ag Bahanga, dont le groupe a revendiqué la plupart des attaques et enlèvements survenus dans la région depuis neuf mois.

Ses hommes sont accusés d’avoir participé aux côtés d’éléments de l’Alliance démocratique pour le changement (ADC, ex-rébellion) à une attaque lancée le 21 mai dernier contre un camp militaire d’Abeïbara (150 km de Kidal). Cet assaut a fait 32 morts, dont 15 militaires, et 31 blessés, selon un bilan officiel.

Ils retiennent en outre depuis fin mars au moins 33 personnes en otages.

Jeudi, l’ambassadeur d’Algérie au Mali, Abdelkrim Gheraieb, médiateur dans la crise touareg, a annoncé à l’AFP avoir joint les deux parties pour les exhorter à l’apaisement.

« Nous avons ce jeudi appelé les uns et les autres pour les (inviter) au calme sur le terrain. Pour le moment, nous sommes optimistes« , a-t-il dit.

Selon les observateurs, l’armée a choisi de dépêcher sur place des Touareg pour leur connaissance du terrain, généralement mieux fondée, et pour montrer l’unité entre les différentes régions du pays.

La plupart de ces militaires touareg ont été intégrés dans l’armée à l’issue de la rébellion des années 1990 au Mali.

Afp / Le Monde du 30 mai 2008


Plusieurs assauts des bandits armés repoussés hier par l’Armée

Objectif : prendre le contrôle de Kidal

Depuis l’aube d’hier mercredi 27 mai, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, en début de soirée, de violents affrontements opposaient l’armée nationale aux bandits armés de Ibrahim Ag Bahanga, dans un rayon oscillant entre 15 et 20 kilomètres autour de la ville de Kidal.

Selon des informations recueillies sur place, les bandits armés ont été les premiers à ouvrir les hostilités. Les militaires les ont repoussés puis leur ont donné la chasse, en tirant plusieurs obus. Les affrontements se sont poursuivis dans un rayon de 20 kilomètres autour de la capitale de l’Adrar des Ifoghas, les bandits se déplaçant constamment en véhicules 4X4, à chaque assaut lancé par l’armée.

A croire l’une de nos sources, qui suit de très près la situation dans la région de Kidal, l’objectif des bandits armés est de prendre le contrôle de la ville de Kidal, ce qui leur procurerait un double avantage: le gouvernement, après ce revers, sera obligé de négocier avec eux à leurs conditions et le conflit sera internationalisé, comme au Tchad ou au Soudan. Puisque tout le monde les prendra désormais au sérieux. Nos différentes sources n’étaient pas en mesure de fournir un bilan sur les affrontements d’hier.  » Nous n’en savons rien. Ils se déroulent hors de la ville. Par moments, nous parviennent les bruits sourds des obus. C’est tout « .

Elles s’étonnent, toutefois, qu’une capitale régionale soit attaquée, durant toute une journée, par des groupes armés, sans que l’aviation, basée principalement à Bamako, n’intervienne. « Seuls des MIG ou des hélicoptères peuvent mettre fin rapidement à cette situation. Nous ne comprenons pas pourquoi l’Etat-Major ne se décide pas à les envoyer. Or, si Kidal tombe aux mains des bandits armés, cela imprimerait sans nul doute au conflit un tournant désastreux pour l’Etat malien« .

A la question de savoir si les rapports de force sur le terrain peuvent faire redouter une telle éventualité, un de nos interlocuteurs laisse entendre : « Pourquoi pas ? Pour les insurgés, même s’ils n’ont pas pu prendre la localité de Abéïbara, l’attaque contre celle-ci a été une demi victoire, en ce qu’elle a fait autant de massacres dans les rangs des forces régulières que dans les leurs « .

Saouti Haïdara

L’Indépendant du 29 mai 2008