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A l’issue de combats violents qui ont duré jusqu’au mercredi 04 juin 2008, le bilan est le suivant :

Côté Bandits armés
– Une vingtaine de morts identifiés ;
– Plusieurs blessés dont des cas très graves ;
– Trois (03) véhicules de combats détruits et deux récupérés ;
– La base logistique (dépôt de carburant et de vivres) a été détruite.
Côtés forces armées et de sécurité :
– Un blessé léger
– Aucune perte en vie humaine et en matériel.

Le Ministre de la défense et des Anciens Combattants rassure les populations que les forces armées et de sécurité poursuivront leur mission de défense de l’intégrité territoriale, de sécurisation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national.
Le Directeur de l’Information et des Relations Publiques des Armées,

Colonel Abdoulaye Coulibaly

Le Républicain du 10 juin 2008


L’avenir politique au Mali: la mise au net

Le nouveau traitement du problème du Nord Mali prend en compte d’évidentes réalités et rassérène l’opinion.

En politique, le franc-parler a ses inconvénients connus. Mais dans certaines circonstances, un langage direct présente l’incomparable avantage de faire gagner du temps. Ce qui est dit n’est plus à redire du moment que sa clarté le destine au commentaire, et non à l’exégèse. Le choix du « droit au but » s’avère particulièrement utile dans des conjonctures complexes comme celles que nous traversons actuellement et dans lesquelles le citoyen a moins besoin du descriptif de ce qu’il vit que de l’esquisse d’une voie de sortie. Fusse cette voie incertaine et incommode, elle demeure aux yeux de l’opinion préférable à tout ce qui pourrait s’assimiler à du flou et ressembler à de l’attentisme. A cet égard, les déclarations du président Touré sur la situation au Nord Mali devraient amener un net soulagement chez nos concitoyens. Les récents propos présidentiels confirment le tournant pris par le chef de l’Etat dans l’appréciation de la situation au Septentrion malien. Tournant perceptible dans les déclarations faites en début mai lors de la tournée en 4è et 5è Régions, tournant explicité lors du « Baro » diffusé samedi nuit par l’ORTM, tournant confirmé lors de la traditionnelle conférence de presse du 8 juin.

Depuis les événements du 23 mai 2006 à Kidal, la ligne de conduite de Amadou Toumani Touré face au réveil de l’agitation au Septentrion s’était placée sous le double signe de la constance et de la clarté. Le président de la République avait notamment résolu de faire délibérément abstraction de ce qui avait d’intolérable dans l’usage des armes pour porter une revendication et avait prôné une solution négociée. Cette démarche maintenue malgré le scepticisme de la majorité de nos compatriotes et en dépit des réticences à peine voilées de l’Armée a conduit à la signature de l’Accord d’Alger de juillet de la même année. Pour des protagonistes de bonne foi, ce document balisait de manière satisfaisante le retour à la normale. Il recense en effet tous les problèmes à traiter en urgence depuis la réintégration des insurgés jusqu’à un développement mieux pensé du Septentrion en passant par une prise en charge spécifique de la jeunesse du Nord Mali et dégage pour chacun d’eux une méthode. Mais comme tout traité, l’Accord d’Alger ne vaut que par la relation qu’entretiennent avec lui les différents signataires.

UN JEU DE DUPES

Soit ces derniers s’attachent avec bonne volonté et sincérité à sa mise en œuvre et alors ils accepteront toutes les perturbations amenées par les impondérables et les retards de mobilisation de ressources. Soit l’une des parties place l’autre en position de débitrice et à ce moment, elle s’efforcera systématiquement de prendre son interlocutrice en faute. C’est ce second choix qu’a fait le groupe de Bahanga qui objectivement ne pouvait trouver son compte dans l’instauration de la normalité, car en lui-même ce processus était synonyme d’interruption des avantages acquis dans des activités marginales. Depuis août de l’an passé, le chef de guerre et les siens cumulent violence et apparence. Violence avec la pose des mines et la multiplication des attaques. Apparence avec un simulacre de participation à des discussion au cours desquelles les groupes armés ramenaient invariablement en préalable l’allégement du dispositif militaire. Ainsi galvaudée, la volonté de dialogue exprimée par les autorités menaçait de faire naître un jeu de dupes dans lequel l’Etat se déconsidérait lui-même puisqu’il donnait l’impression d’être tout à la fois impuissant à ramener à la raison les groupes armés et incapable de garantir la sécurité de ses populations.

Il était donc indispensable que la position des autorités évolue. D’autant plus – et comme nous l’écrivions dans notre précédente chronique – qu’il était impossible après ce qui s’était passé à Abeibara d’envisager la situation au Septentrion de la même manière. Désormais, et le président Touré s’est montré particulièrement explicite sur ce point, les forces armées ont reçu ordre de rendre coup pour coup, de traquer les groupes armés et de les accrocher partout où les affrontements ne mettraient pas en péril des populations civiles. Cette décision présidentielle a trois avantages. D’abord, elle met fin à un malaise grandissant dans l’Armée. Cette dernière s’estimait condamnée à la passivité et les rumeurs les plus folles se répandaient sur un soit disant sous-équipement délibéré des éléments. En la replaçant dans une position plus active, les autorités lui rendent un rôle conforme à ses missions classiques et la confie à une hiérarchie plus proche des hommes. Le deuxième avantage de la décision présidentielle est de rasséréner l’opinion publique. Inquiète depuis l’attaque de Diabaly, celle-ci avait été traumatisée par l’assaut contre Abeibara. Nos compatriotes ne percevaient plus la nécessité de ménager un protagoniste qui à aucun moment n’a donné l’impression de vouloir aller à la concession et surtout qui nourrit la plus profonde indifférence par rapport aux intérêts de la nation et par rapport à l’image qu’il renvoie aux autres Maliens.

L’ÉQUATION DE LA RÉUSSITE

Le troisième avantage de la nouvelle perception présidentielle est la requalification de Bahanga. Ce dernier n’est plus considéré comme un protagoniste avec lequel il serait utile de discuter. Il est perçu comme un chef de guerre armé qui a désormais le choix entre se rallier à l’Accord d’Alger et être combattu sans faiblesses. Le nouveau traitement de la question du Nord met donc fin aux intercessions aussi folkloriques qu’improductives qui ont valorisé Bahanga sans rien obtenir en retour de lui. Il laisse au seul médiateur algérien le soin de poursuivre les discussions avec ceux des éléments armés qui souhaiteraient se retirer d’une équipée sans issue. Enfin, il établit de manière nette la différence essentielle entre la rébellion touarègue des années 90 dont le caractère politique était avéré et l’action armée actuelle qui ne vise que l’accaparement d’une zone d’influence.

La mise au net du président Touré a été précédée d’un important mouvement dans la hiérarchie de l’Armée, mouvement qui porte aux responsabilités des officiers plus jeunes, plus proches du terrain et plus portés sur la prise d’initiatives. Les deux derniers critères ont été également appliqués aux nominations des nouveaux chefs de la police nationale et de la gendarmerie. Cette prime à la proximité avec les éléments de base et à l’exercice réactif de l’autorité constitue-t-elle un signe annonciateur d’une tendance qui ira en se renforçant dans la deuxième année du quinquennat ? C’est bien possible et ce serait en tous les cas souhaitable. Dans la conclusion tirée lors du « Baro » sur le bilan de l’An I de son mandat, Amadou Toumani Touré insistait sur la nécessité qu’il y avait pour la nation de préserver un optimisme raisonnable et la capacité d’entreprendre. Sans nier le poids des problèmes conjoncturels, il avait tenu à faire remarquer que les réalisations se poursuivaient à un rythme appréciable.
De fait, l’équation de la réussite de la deuxième année de son mandat se pose pour le chef de l’Etat en des termes simples. Toute avancée obtenue dans l’atténuation des principales pesanteurs du moment (vie chère, situation scolaire, Nord Mali) constitue autant d’énergie et d’attention récupérées pour les grandes entreprises du quinquennat. Nous utilisons à dessein le mot « atténuation », et non celui d' »élimination » parce que nous comptons avec l’esprit de raison qui caractérise fondamentalement les Maliens. Ainsi que nous l’avions souligné à plusieurs reprises, le citoyen de notre pays n’a plus besoin que lui soit ressassé au détour de chaque discours le « caractère international » d’un certain nombre de difficultés qu’il subit. Il n’exige pas l’impossible, ni n’escompte de miracles. Il a surtout besoin pour accepter les décisions stratégiques prises dans son intérêt de se sentir en phase avec les choix faits.

C’est pourquoi l’actuel traitement de la situation au Nord Mali recueillera une large et inconditionnelle adhésion populaire. C’est pourquoi il faut souhaiter pour le plus grand bénéfice de l’action présidentielle que d’autres domaines reçoivent le même traitement tranché. Ce faisant, il ne s’agit pas pour le président Touré de complaire à l’opinion publique. Mais seulement de savoir l’entendre et de choisir la manière la plus persuasive de lui répondre.

G. DRABO

L’Essor du 10 juin 2008


Nord-Mali : L’Armée passe à l’offensive

Le président malien Amadou Toumani Touré, longtemps partisan du dialogue pour la résolution de la crise touareg dans le nord de son pays, a déclaré dimanche que l’armée malienne répondrait désormais «sans hésitation» aux attaques des groupes de rebelles.

«Celui qui attaque ma base, je l’attaque. Cela se fera sans hésitation, ni murmure comme on le dit dans l’armée», a déclaré le président Touré lors d’une conférence de presse à l’occasion de l’anniversaire de son investiture pour un deuxième mandat.

«L’armée a reçu des instructions pour protéger, quel (qu’en) soit le prix, n’importe quelle parcelle de notre pays», a assuré le chef de l’Etat malien, élu en 2002 et réélu en 2007.

«On va aller partout où la sécurité du pays sera nécessaire», a-t-il répété après la conférence de presse devant quelques journalistes dont un de l’AFP.
Le président Touré a toujours affirmé que l’accord de paix signé en juillet 2006 à Alger par Bamako et l’ex-rébellion touareg malienne, grâce à une médiation de l’Algérie, demeurait la base de négociations pour résoudre la crise touareg.

Il a réaffirmé dimanche cette position, en précisant que l’armée combattrait tout groupe d’assaillants non signataire de cet accord.

«Pour ce qui concerne l’accord d’Alger, si tu n’es pas dans les accords, nous te combattrons», a-t-il dit.

L’accord d’Alger et plusieurs initiatives de médiation ou de paix sont régulièrement mis à mal par des éruptions de violences dans le nord du Mali, particulièrement la région de Kidal.

Vingt rebelles touaregs tués la semaine dernière

Au moins 20 rebelles touaregs ont été tués dans des affrontements avec l’armée malienne au cours des sept derniers jours, ont rapporté dimanche des responsables du gouvernement.

Selon un communiqué datant de vendredi, les combats ont démarré le 2 juin lorsque des hommes armés ont attaqué un convoi dans la région de Kidal, dans le nord-ouest du pays.

L’armée a précisé qu’elle avait lancé une contre-attaque le jour suivant et capturé un nombre indéterminé de rebelles. Elle a affirmé qu’elle n’avait perdu aucun soldat, faisant simplement état d’un blessé léger dans ses rangs.

L’Indicateur Renouveau du 10 juin 2008