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Au Mali, tout va mal. Le salut viendra-t-il de la solution militaire ? Rien n’est moins sûr, vu que cette solution ne fait point l’unanimité. Les Maliens sauront-ils enfin mettre leur ego de côté pour accepter l’aide de leurs voisins dans la résolution de la crise qui secoue leur pays ? Quel rôle jouera désormais l’Union africain dont la Commission qui peinait à se trouver un chef, a désormais une présidente ? En attendant de trouver une réponse à cette interrogation, la tâche ne sera pas des plus aisées pour cette institution, si Dame Nkosazana Dlamini-Zuma, ne se fixe pas des ambitions continentales.

Elle n’est plus la candidate de l’Afrique du sud que nombre de pays de l’Afrique de l’ouest ont combattu sous la houlette du Nigeria, une autre puissance africaine, rivale de tous les jours du géant sud africain. La « dame de fer » doit donc éviter de prendre des ordres depuis Pretoria et mettre plutôt son expérience et sa fougue de militante anti-apartheid de l’époque, au service de tout le continent noir. Tout comme le syndicat des chefs d’Etat africains et les parrains occidentaux de ceux-ci ont le devoir de laisser les mains libres au successeur de Jean Ping, si celle-ci fait preuve de volonté de donner un nouveau souffle à l’UA, qui en a bien besoin.

En tout cas, pour le moment, c’est l’heure de faire vos jeux, car plus rien ne va sur les bords du Djoliba. Loin de traduire du Malo-pessimisme, ce constat reflète sans doute, le chaos qui règne actuellement au Mali. Tout a commencé avec la mise sous coupe réglée de la partie Nord du pays par les islamistes de tous bords solidement armés grâce à la poudrière libyenne créée par la déstabilisation sanglante du pouvoir de Mouammar Kadhafi.

Le chemin de croix des Maliens se poursuit, depuis lors, avec la chasse que mènent dans le sud, les « bérets verts » de la junte qui a renversé le général Amadou Toumani Touré, aux « bérets rouges » qui constituaient la garde rapprochée de l’ancien président désormais réfugié à Dakar au Sénégal. Sans succès, beaucoup de potions ont été administrées, sans succès, au malade Mali, dont l’état de santé ne cesse d’inquiéter.

Certes, le Médiateur nommé par la Cedeao, en l’occurrence le Burkinabè, Blaise Compaoré, avait réussi à convaincre la troupe du capitaine Amadou Haya Sanogo de remettre le pouvoir aux civils. À la clé, un président et un premier ministre de transition ont été désignés. Mais, comme si les démons de la division ne dormaient que d’un œil, ils ont repris le dessus sur les efforts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest de ramener la paix au Mali.

Et ce pays se retrouve avec un chef de l’Etat en convalescence en France, après avoir été copieusement molesté par des manifestants qui, décrétant la fin de la transition ne voulaient plus de lui. Pire, alors que les islamistes du Mujao, d’Ansar Dine et d’Aqmi, ayant bouté le MNLA de ses positions dominantes à Tombouctou et Gao, appliquent généreusement les règles de la charia à une population abandonnée à son triste sort, les militaires de Kati, musèlent la presse et embastillent à tour de bras. Preuve qu’ils n’ont jamais lâché le pouvoir que la Cedeao pense leur avoir arraché.

MORIN YAMONGBÈ

Fasozine

17 Juillet 2012

Source : Lefaso.net