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Invitée en tant que Médiateur pour la résolution de la crise malienne, la diplomatie du « pays des hommes intègres » (Burkina Faso) ne fait que surprendre les Africains et panafricains en quête de stabilité et de cohésion dans la sous-région.

Rappelons que, la médiation désavouée et dépourvue de bon sens du Président du Faso ne serait pas à sa première expérience en matière d’échec, dit-on. Son manque de clairvoyance aurait conduit la Côte d’Ivoire dans un gouffre qui ne dit pas son nom. Mais au Mali où il se serait invité en qualité de Médiateur de la crise après le coup d’Etat militaire du 22 mars dernier, le Président Blaise Compaoré confond médiation et négociation, cumulant ainsi les deux fonctions, ou plutôt se faisant négociateur au détriment de médiateur. Ainsi, la diplomatie burkinabè surprend plus d’un.

En effet, après avoir porté secours aux rebelles du MNLA en déclin face aux éléments du MUJAO, la diplomatie de Blaise Comparé vient de recevoir une délégation du MNLA, qui avait pris les armes au Nord-Mali avant d’être chassé des grandes villes par les groupes islamistes, a rencontré le Médiateur de la CEDEAO le dimanche dernier à Ouagadougou. Ces responsables du mouvement devaient lui remettre leur plateforme de revendications politiques, comme l’avait souhaité le Médiateur. Mais ironie du sort : le MNLA ne parle plus de sécession, mais plutôt d’autodétermination de l’Azawad.

Pourquoi ce changement d’option ?

C’est justement la principale question (entre autres) qui titille l’esprit du citoyen malien lambda qui ne comprend toujours pas cette volonté du Président burkinabè et même des autorités maliennes d’opter pour la négociation dans la résolution de cette crise. En effet, pourquoi négocier seulement avec le MNLA ? Aujourd’hui lâché par l’ancienne diplomatie française, (celle du tems de Sarkozy), le MNLA aurait été repêché par le Président Blaise Compaoré qui démontre ainsi son intérêt à ce que le Mali sombre dans une guerre sans intérêt.

En tout cas, sur cette plateforme, le Burkina-Faso, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, a promis de saisir le gouvernement malien pour former une délégation qui discutera au nom et pour le compte de l’Etat malien. Politiquement, financièrement, militairement et diplomatiquement affaibli, le MNLA ne représente plus une menace pour le Mali. D’où la raison d’approcher les nouveaux maîtres des trois régions du Nord asservies par les terroristes armés afin d’engager une dynamique de négociation pour le retour de la paix au Mali.

Serge Lath

Le Combat du 9 Octobre 2012