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Entreprises à l’arrêt et chômage grandissant en régions anglophones, sous-développement chronique dans le Nord attaqué par Boko Haram: au Cameroun, qui élira dimanche son nouveau président, les différentes crises ont frappé de plein fouet l’économie nationale.Dans les deux régions anglophones victimes d’un conflit armé et où vit 20% de la population camerounaise, le cacao et le café sont deux produits phares: 45% du cacao produit au Cameroun l’est au Sud-Ouest, et 75% du café arabica camerounais vient du Nord-Ouest, selon le patronat camerounais, le Gicam.Mais, dans un rapport diffusé mi-septembre, le Gicam estime que les recettes d’exportation de ces deux denrées ont chuté de 20% à cause du conflit.La production de cacao et de café pâtit de « l’insécurité et des déplacements de populations (qui) sont préjudiciables aux activités agricoles et à l’entretien des plantations ».Les combats sont devenus quotidiens dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où, depuis fin 2017, les séparatistes anglophones se réclamant d’un Etat indépendant ont pris les armes contre Yaoundé.Ceux-ci ciblent particulièrement les symboles de l’Etat, mais aussi les entreprises francophones et étrangères qu’ils estiment être des soutiens du pouvoir central. Ils ont plusieurs fois appelé au boycott de ces entreprises.Au moins une dizaine de chefs d’entreprise et salariés travaillant en zone anglophone ont été enlevés depuis fin 2017. D’autres ont été tués.Conséquence première, les entreprises présentes dans la zone ont pour la plupart mis la clé sous la porte. Selon l’ONG Human is Right (basée à Buea, capitale régionale du Sud-Ouest), cette crise a abouti à une hausse de 70% du taux de chômage dans le secteur de l’agriculture de cette région.AFP