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En dépit de la mauvaise pluviométrie enregistrée l’année dernière, ajoutée aux événements douloureux que traverse la partie nord de notre pays, le pays Dogon pourrait connaitra à en croire els spécialistes, une grave crise alimentaire, si rien n’y est fait. Et pour cause ! C’est alarmant et visible à l’œil nu.

La situation alimentaire au pays Dogon est d’ores et déjà critique. La soudure s’annonce sans nul doute. Les foires hebdomadaires que composent les différentes localités ne diront pas le contraire, car les ravitaillements se font désormais de moins en moins. De Bandiagara à Koro en passant par Bankass, Douentza, Youwarou, Tenenkou sans oublier la ville mère de Mopti, c’est la même inquiétude. Les populations sont inquiètes.

Les populations attendent désespérément

Des populations qui attendent désespérément les premières pluies, assistent impuissamment à la hausse des prix des denrées de premières nécessités. Pour s’en offrir ces denrées combien chères, nos pauvres populations sont obligées de livrer sur les marchés les bétails qui beaucoup amaigri par le manque de l’alimentation ou des volailles qui ne représentent certainement rien face aux prix imposés par la mauvaise pluviométrie, pour pouvoir trouver à manger.

Les foires hebdomadaires dont la plupart est approvisionnée par les productions familiales, connaissent déjà des manques et le peu qui y parvient ne sont pas à la portée de tout le monde.
Les prix varient selon les localités

Bien que rare et chère, les prix varient selon les localités. A Ganidah, un village dans le cercle de Bankass faisant frontière avec le Burkina Faso au sud est, le petit mil tout comme les autres denrées ont doublés de prix. Jadis pour « le petit mil le bol est de 75 f CFA mais aujourd’hui conjoncture oblige, il est passé à 150f CFA l’unité » nous confie un revendeur de céréale. Selon ce paysan revendeur, les autres céréales sont autant chères. Aujourd’hui, l’oseille guinéenne ou le dah semble être le plus chèr.

De tout ceci, le bol coûte 250 f CFA quand on sait que c’est la base de l’alimentation (sauce) du terroir.
Quant aux feuilles de baobab, l’inévitable sauce dogon, le sac de 100 KG tourne autour de 5000f CFA et 6000f CFA selon les marchés.

« Nous souffrons beaucoup, nous essayons de joindre les deux bouts pour éviter la famine à nos enfants »,tel est le cri d’une ménagère à Bankass. Moussa, paysan à Bandiagara nous confie avoir vendu en espace de deux semaines quatre moutons pour combler le déficit alimentaire. « Jusqu’à quand, cela va-t-il continuer ? », s’interroge-t-il.
Le Maire de Dimbal dépassé
Pour le maire de la commune rurale de Dimbal, M. Hamidou Tessougué : « Cette situation est grave. Elle nous dépasse. Elle n’est plus du ressort des élus communaux car nos petits efforts semble être une goutte d’eau dans l’océan » s’inquiète-t-il.

Dans tous les cas, nul n’est à l’abri, car les stocks céréaliers communautaires sont à moitié vide n’ayant pas été approvisionné à cause de la mauvaise récolte. Cet état de fait est l’une des raisons qui a conduit à la fermeture de nombreuses cantines scolaires.
SUR l’ensemble des marchés, la volaille et le bétail semble être moins chères car ceux-ci ne constituent pas directement l’alimentation de première nécessité.

Départ massif des bras valides…

Les conséquences directes de la cherté de la vie en milieu rural se font déjà sentir entre autres: le départ massif des bras valides vers les villes urbaines en espérant de quoi trouver à aider les familles rester sur place ; résurgence du banditisme sur les axes routiers et des petits vols de céréales et de bétails dans les marchés et la dépravation des mœurs.
A cet égard les autorités compétentes sont interpellées à une double mission de sécurité : la sécurité des biens et des personnes car le pays Dogon faisant frontières entre la partie du pays et celle du nord sous occupation des bandits armés et la sécurité alimentaire car la mauvaise pluviométrie a engendré une mauvaise récolte ce qui va inéluctablement conduire les localités concernées à une grave crise alimentaire, si rien n’est fait.

Benjamin Sangala, envoyé spécial

Mali Demain du 7 Mai 2012