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A quelques jours des examens à la Faculté de Médecine de Pharmacie et d’Odonto-Stomalologie (FMPOS), il est probable que les étudiants boycottent. Nous avons rencontré des responsables de l’AEEM, le secrétaire général par intérim M. Yara, Mlle Sirantou Dena secrétaire aux conflits de l’AEEM de la FMPOS et M. Samou Diarra coordinateur des faisant fonction des internes de point G pour en savoir plus sur la crise.

Selon eux, la violence n’est pas leur objectif mais leur démarche, c’est de prendre l’opinion nationale en témoin. Pour eux, la crise au niveau de leur faculté a commencé en novembre 2006 avec des points de revendications comme le payement de cinq cent francs CFA par jour par interne, la gratuité des examens complémentaires, la vaccination contre l’hépatite B. Et c’est après plusieurs manifestations par rapport à ces revendications qu’un protocole d’accord a été signé entre la coordination des internes et le ministère de la Santé.

QUE DIT LE PROTOCOLE D’ACCORD?

Dans ce protocole le montant n’était pas mentionné mais, au cours des négociations, le secrétaire général du ministère de la Santé les a rassurés, qu’il allait contacter les directions des hôpitaux.

Selon eux, à la grande surprise des uns et des autres, trois mois après la signature du protocole, les directions des hôpitaux n’ont pas accepté le payement des cinq cent francs par jour par internes.

Pour eux, il a fallu des marches et grèves et un mémorandum pour avoir les cinq cent francs par jour et par interne. C’est après ce mémorandum qu’il y a eu un arrêté interministériel pour l’organisation d’un concours. Et pour cela, le ministère de la Santé avait demandé 48 internes.

LA POMME DE DISCORDE

A en croire ceux-ci, le problème, c’est comment ces internes seront traités et quel sort serait réservé à ceux qui ne vont pas passer. Selon eux, dans les conditions définies, il est établi que les 48 internes qui vont passer au concours seront logés, nourris avec un salaire d’assistant médical de 3ème classe premier échelon mais l’arrêté ne définit pas là où ils seront logés et ne fixe pas le salaire.

C’est pourquoi ils ont demandé qu’à défaut d’un logement, le ministère de la Santé doit définir une indemnité de logement, le salaire en franc CFA de ces internes.

Aussi, ils soutiennent que c’est au moment où les étudiants déploraient les conditions du concours que le ministère de la Santé avait fixé la date du 16 avril dernier mais puisque les choses n’étaient pas définies, les étudiants ont soutenu qu’il était impossible d’organiser le concours et après il y a eu une réunion au ministère de la Santé, au cours de laquelle il a été décidé de mettre en place une commission chargée de réfléchir pour faire des propositions.

Au moment où cette commission travaillait, une nouvelle date a été fixée pour le 28 juin 2007. C’est ainsi qu’ils ont décidé de déposer un préavis de grève de 48 heures les jours ayant précédé le concours. Pour eux, le préavis a été sans effet et ils ont observé les 48 heures de grève avant de décider de boycotter pacifiquement le concours.

UNE NOUVELLE DATE FIXEE

C’est ainsi que les professeurs ont fixé une nouvelle date, ce qui n’est pas normal car, la date du concours doit être fixée par l’assemblée de faculté. C’est ainsi qu’ils ont saisi le doyen de la FMPOS qui est le président de la commission d’organisation du concours d’internat qui avait affirmé qu’il n’était pas au courant de la fixation de cette date décidée par les professeurs.

Selon eux, malgré tout, ils ont adressé une lettre au décanat avec ampliation le ministère de l’Education, de la direction régionale de la Santé, de la direction des hôpitaux, du ministère de la Santé contenant les propositions de leur commission qui sont entre autres le report de la date du concours pour le mois de janvier 200, l’augmentation du nombre de postes ouverts à 100, le bénéfice des conditions actuelles des faisant fonction d’internes pour ce qui ne passeront pas au concours d’internat et qui auront des thèses dans les centres hospitalo-universitaire et des établissements publics à caractère hospitalier.

LA LETTRE EST RESTEE SANS REPONSE

Selon eux, leur lettre est restée sans réponse. Et le corps professoral a fixé une autre date, le 12 juillet 2007 avant de décider qu’ils vont suspendre l’encadrement jusqu’à la proclamation des résultats. C’est ainsi qu’ils ont rencontré le doyen le 5 juillet 2007 avant d’être reçus le 9 juillet 2007 par le vice recteur qui avait promis de contacter le recteur.

Mais, à leur grande surprise, le même jour, vers le soir, les forces de l’ordre sont rentrés dans la faculté pour bastonner les étudiants piller et voler argents et autre biens des étudiants.

Et le 10 juillet 2007, ils ont organisé une assemblée générale et au cours de laquelle, les forces de l’ordre sont revenues et le 11 juillet 2007 les responsables de l’AEEM et de la coordination des faisant fonction d’interne ont contacté les étudiants inscrits pour le concours pour leur demander de boycotter le concours.

C’est ainsi que sur les 150 inscrits une cinquantaine ont participé au concours. Et après le concours, selon eux les forces de l’ordre sont revenues à la charge.

Ainsi, révoltés, les étudiants ont manifesté, demandé la démission du doyen de la FMPOS. Et c’est au cours de ces manifestations que l’incendie est survenu puis des étudiants ont été arrêtés et après jugement, trois d’entre eux ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement ferme, trois autres à 18 mois. Et depuis les étudiants ne sont plus entrés en classe.

LES CONTACTS AVEC L’AMSUNEEM

Aussi, l’amical des anciens de l’UNEEM a rencontré la coordination des faisant fonction d’internes et l ‘AEEM pour discuter. Pour cela, les responsables de l’amical ont demandé aux étudiants une trêve. Et c’est au cours de cette trêve que le commissaire du 8ème arrondissement a convoqué deux autres étudiants pour une histoire d’information.

C’est derniers, à leur tour, ont informé un responsable de l’AMSUNEEM qui s’est à son tour informé auprès des autorités de la police avant de donner l’assurance à ces deux étudiants de se rendre au 8ème arrondissement.

Mais à leur grande surprise, ils ont été arrêtés, jugés la semaine dernière et condamnés à deux ans d’emprisonnement ferme chacun. Donc au total, on cinq étudiants condamnés à deux ans d’emprisonnement, trois à 18 mois.

Pour le coordinateur des faisant fonction d’internes de Point G, il est dommage de tenter de faire l’examen dans ces conditions et à l’absence de leur camarades emprisonnés.

Dado CAMARA

30 août 2007.