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Le spectre de la division a finalement sonné aux portes de la coordination des associations et Ong féminines du Mali (Cafo) ; en témoignent les récentes prises de bec entre la secrétaire exécutive Oumou Touré et certains membres du bureau exécutif qui lui reprochent sa gestion personnalisée et autocentrée des affaires de la Cafo.

La Coordination des associations et Ong féminines (Cafo) est actuellement secouée par une profonde dissension entre les membres du secrétariat exécutif. Une douzaine de membres, sur les 23 que compte le bureau, ont décidé de pousser vers la sortie la secrétaire exécutive, Oumou Touré, pour sa mauvaise gestion d’une structure, qui a été créée pour promouvoir le développement social, économique, politique et culturel des femmes maliennes à travers l’information, la formation et la sensibilisation.

Mais depuis le congrès de 2002, qui a permis la relecture des textes de la Cafo et l’élargissement du bureau aux structures régionales, un groupe de femmes du bureau exécutif national à la solde de la secrétaire exécutive s’est accaparé des leviers de la Cafo ; réduisant cette structure nationale de promotion de la femme malienne à un simple instrument de lobbying au profit du noyau de femmes constitué autour de Oumou Touré.

Toutes les femmes qui ont osé lever le ton pour dénoncer cet état de fait, ont été systématiquement écartées de la gestion des affaires de la Cafo.

Ce sont les membres écartés de la gestion qui ont jugé nécessaire de lever le voile sur la gestion catastrophique de la Cafo à la veille de son congrès avorté.

Elles sont une douzaine de membres du bureau sortant qui ont à leur tête, la 2ème secrétaire administrative Mme Dembélé Oulématou Sow. Elles ne manquent pas d’arguments.

D’abord, elles estiment que Oumou Touré voulait coûte que coûte s’offrir un troisième mandat alors que les textes en prévoient deux.

Elles affirment que Oumou Touré a dirigé la Cafo de 1998 à 2002 et de cette date à nos jours. Donc deux mandats comme l’indiquent les statuts et le règlement intérieur de la Cafo.

Ensuite, Mme Dembélé Oulématou Sow et ses compagnons reprochent à la secrétaire exécutive sortante une gestion personnalisée de la Cafo.

Ainsi, disent-elles, les membres de sa propre Ong (Woïyo Kondeye) se repartissent les rôles des membres statutaires de la Cafo.

Oumou a démis de ses fonctions la trésorière générale, qui est la première secrétaire aux finances, en lui retirant la signature des chèques.

Celle-ci a été remplacée dans son rôle par le comptable qui serait venu de Woïyo Kondeye, cette Ong qui est aussi au cœur d’un autre scandale puisqu’un véhicule 4×4 offert par Oxfam Novib à la Cafo aurait été dédouané sous son couvert.

Allégation confirmée par la secrétaire exécutive qui justifie l’opération comme un appui de son Ong à la Cafo. Faux, rétorquent ses détractrices qui expliquent qu’elles sont toutes membres de la Cafo et qu’elles n’ont jamais été au courant. Pis, le document révélé à la presse que le véhicule est au nom de la Cafo n’est qu’un procès verbal de réception et non une carte grise.

Au-delà, les adversaires de Oumou Touré lui reprochent la mauvaise gestion de certaines donations comme les 750 000 F CFA octroyés par le président de la République lors de la marche mondiale des femmes, les logements sociaux, les terrains données à la Cafo, les dons du gouvernement malien et des partenaires techniques et financièrs.

Ensuite, pour barrer la route du congrès à ses adversaires, la secrétaire exécutive a refusé de prendre les cotisations de leurs associations et Ong prétextant qu’elles ne sont pas dans les délais.

Mme Dembélé et ses compagnes ne comprennent pas comment quelqu’un qui ne respecte pas les textes de sa structure peut prétendre les imposer aux autres. Or, la secrétaire exécutive continue à exercer un mandat ayant pris fin depuis septembre 2007, et le congrès annoncé, a été avorté. Alors, va-t-on droit vers la division des femmes du Mali ?

Idrissa Maïga

03 décembre 2007.