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La crise qui couvait à Ecobank depuis un certain temps vient de connaître un rebondissement avec la démission du président du groupe, Ivoirien Kolapo Lawson. Ecobank est malade de sa gouvernance.

Depuis un certain temps, la « banque panafricaine » alimente les chroniques des faits-divers, elle qui faisait la fierté des Africains. Depuis l’arrivée de Lawson, des interconnexions dangereuses au niveau de la gouvernance ont été mises à jour. Entre les nièces et autres protégés des actionnaires qui font la pluie et le beau temps dans la banque, la gouvernance était en souffrance.

Depuis l’arrivée de Lawson, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) a commencé à effrayer les clients avec des querelles de personne : Epke qui est parti sans partir, un PDG qui ne veut pas être un figurant. Il a fini par jeter l’éponge en annonçant hier sa démission, une nouvelle qui a certainement réjoui le tout puissant conseil d’administration, qui, quand bien même la démission de Kolapo Lawson prendra effet à partir du 31 décembre, a déjà nommé un intérimaire, André Siaka pour gérer les affaires courantes.

Selon Lawson, rapporté par l’administration d’Ecobank, « Ces derniers mois, de très fortes pressions ont été exercées sur l’organisation et sur ma propre personne dans les médias. Celles-ci ont culminé avec des allégations, qui sont fausses, faites à la SEC du Nigeria, sur des questions relatives à la gouvernance de l’entreprise. Durant toute cette période, j’ai mené des discussions constructives sur la nécessité d’un examen indépendant de ces allégations.

Le conseil a pris les décisions nécessaires pour nommer des parties indépendantes qui, j’en suis convaincu, mèneront les investigations sur ces allégations et examineront notre gouvernance d’entreprise avec le plus grand professionnalisme. Afin de conférer une entière crédibilité à ces enquêtes, j’ai décidé qu’il serait inapproprié pour moi d’être celui qui dirige ce processus. Le Conseil m’a assuré de sa volonté de voir ces enquêtes aller jusqu’à leurs termes et je continuerai de mon côté de veiller à leur bon déroulement en tant que partie intéressée.

Je suis tout à fait conscient de l’incertitude que cette spéculation médiatique actuelle a fait planer sur l’institution. Je tiens donc à prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette situation. En tant que premier responsable d’une telle institution, respectée à l’échelle mondiale, je dois agir quand il y a la moindre perception que les intérêts de celle-ci pourraient être à risque. Je cède donc mon poste de Président de Ecobank Transnational au vice-président actuel, Monsieur André Siaka».

Nous y réviendrons.

Alexis Kalambry

31 Octobre 2013