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De tout temps, le problème du foncier s’est posé avec beaucoup d’acuité, tant dans le District de Bamako qu’à l’intérieur du pays. A telle enseigne que très souvent, il génère des conflits dramatiques, sanglants ou meurtriers entre tribus, villages, ou membres d’une même famille… Ce qui vient de se passer à Sébénikoro n’a pas échappé pas à la règle tragique.

Siriman, l’aîné, et Issa, le cadet, sont deux frères (de même père et même mère, comme on dit) qui vivaient ensemble dans la même maison familiale commune sise à Kalabambougou.

A cause d’une mésentente entre eux, dont les raisons sont liées… justement à la maison commune, le plus âgé, Siriman Camara, abandonna la famille pour aller vivre, avec femme et enfants, dans une autre maison, toujours dans le même quartier.

Mais ce départ de Siriman n’a fait que raviver la tension entre les deux frères ennemis, en dépit de la présence de leur mère qui, jusqu’à son décès, est restée avec le jeune frère, Issa dans la famille.

En tant que bien commun, la maison familiale est un prêt que les deux frères doivent payer par accomptes. Ainsi, sur 250 000 FCFA, ils doivent encore un montant de 145.000 FCFA au vendeur de la parcelle.

Le 26 Mai 2008, aux environs de 10 heures, muni d’une houe qui sert à sculpter le bois, Issa Camara, sous le prétexte de trouver de l’argent auprès de son grand frère Siriman, en vue de verser un accompte à leur créancier, se rend à son atelier de charge de batterie, sis à Sénénikoro (zone de recasement).

Mais les deux ne vont pas se comprendre, et leur dialogue tournera au drame. Subitement envahi par une folie furieuse, Issa Camara asséna un terrible coup sur le crâne de son grand frère Siriman et le fracassa à l’aide de sa houe. ensuite, il se mit à… l’éventrer. Selon des témoins sur place, le criminel aurait décapité sa victime si les gens ne s’étaient pas rués sur lui pour le neutraliser.

Evacué d’urgence à l’hôpital Gabriel Touré, la victime rendra l’âme avant d’être auditionnée. Du coup alerté, le commissariat du 9e arrondissement dépêcha immédiatement une mission sur les lieux pour appréhender l’assassin et le conduire dans leur structure.

Au commissariat, le criminel, Issa Camara né vers 1983 à Bamako, de feux Mafa et de Nana Keïta, antiquaire, domicilié à Kalabambougou, déclare avoir …prémédité son crime et ne le regrette aucunément. Mieux, il déclare n’être ni sous l’effet de l’alcool, ni de la drogue.

Actuellement, le criminel se trouve dernière les verroux, au 9e arrondissement, avant son audition devant le juge d’instruction du tribunal de la Commune IV. Mais bien des questions se posent sur la sauvagerie par laquelle Issa a mis son frère en lambeaux.

A-t-il pris son frère par surprise pour le massacrer ? N’attendait-il qu’une infime occasion pour mettre sa folie à exécution? Son acte était-il relatif au fait que son frère ne lui a pas donné l’argent de l’acompte pour la maison?. Eprouvait-il tout simplement une jalousie maladive et meurtrière envers son frère?…


Moussa TOURE

30 Mai 2008