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Au Centre d’études et de documentation pour la survie de l’enfant, Credos-Mali, il se passe des choses pas trop catholiques. Apparemment, cette structure stratégique dans le dispositif sanitaire de notre pays a des lendemains incertains par la faute d’une direction vieillissante et qui se sucre sur le dos de l’Etat et des PTF.

Retranchée dans les confins de Sotuba, la direction de Credos-Mali, en place depuis plus de dix ans, s’adonnerait à des pratiques malsaines qui frôlent la sensibilité et défient toutes les règles de la bonne gouvernance. Les milliards de l’Etat et des PTF seraient grillés dans les casseroles du directeur et de ses adjoints. Les maux qui minent cette structure seraient : favoritisme, détournement à la pelle, surfacturation, passation de marché de gré à gré, mépris et maltraitance des travailleurs. Toutes choses qui donneraient naissance à un climat de travail très tendu et démoraliseraient les chercheurs qui sont mis de force en congé de formation.

C’est ainsi que tous ceux qui refusent de faire le lèche-bottes des trois premiers responsables du service subiraient une discrimination totale. Ce qui crée une mauvaise utilisation du personnel. Dans cette curieuse boite, on aurait du mal à savoir entre le Directeur et son adjointe qui est réellement le chef, tant l’emprise de cette dernière est grande sur le directeur qui ne peut rien lui refuser. Les raisons de cette domination sont simples : elle a plus d’ancienneté que le directeur au sein du service. Elle lorgnerait ce poste depuis longtemps, sans jamais y accéder. Car le cabinet du ministre d’alors doutait de ses capacités intellectuelles et de gestionnaire. C’est pourquoi, un jeune compétent fut promu au poste de directeur du centre. Ce dernier, à ses débuts, était une référence et avait un bon indicateur de gestion. Mais, sous l’emprise de son adjointe l’ayant entrainée dans des affaires pas très claires, cet indicateur de gestion fut désagrégé depuis qu’il a soutenu sa thèse de professorat, il y a 3 ans.

Favoritisme et confiscation des biens publics

Le directeur se serait laissé complètement dominer par son adjointe qui, au dire de certains cadres du service, lèverait même le ton avec le chef parfois et en pleine réunion. Cette dame gèrerait la boite comme sa famille. Tout dépend de son humeur et de son gré du jour. Madame la toute puissante directrice adjointe a comme jeu favori d’humilier toutes celles qui s’habillent mieux qu’elle ou qui produisent des articles scientifiques dont elle n’est pas capable. Elle produirait, selon des sources sûres, très peu de résultats pour la bonne marche de la boite et aurait une capacité de nuisance incroyable au service.
Se croyant dans un GIE ou dans une propriété privée, le trio à la tête de la structure grillerait comme un barbecue ou des arachides grillées les maigres ressources du contribuable que l’Etat leur alloue pour la survie de l’enfant.

Ces rapaces d’une autre époque ne se limitent pas à déplumer les contribuables, ils suceraient aussi les fonds des PTF. Selon des sources bien introduites, les trois responsables s’octroient des primes faramineuses de plus de 2 millions de FCFA par mois, sur chaque financement reçu de l’extérieur.
La comptabilité des projets de recherche serait très floue sinon très opaque et aussi sombre que le fond d’une tombe. C’est la seule boite au monde où les fonctions d’ordonnateur et d’agent comptable ne seraient pas séparées.

Les biens du service sont tout sauf bien utilisés, par exemple le tout puissant Directeur s’octroie 3 véhicules à son seul service personnel (un lui sert de voiture de service, un pour transporter ses enfants à l’école et un troisième qui dort dans son garage à la maison). Chaque mois, des sacs de lait programmés pour le personnel seraient partagés entre les 3 premiers responsables du service au grand dam du personnel. Pour les bons de carburant, c’est 1000 litres pour les 3 grands mousquetaires et 60 litres pour les autres. Ici, pour des besoins, il n’y aurait jamais d’appel d’offre, c’est du gré à gré.
Credos Mali est vraiment un cas clinique en matière de structure étatique. C’est le seul service dans ce pays où les chercheurs compétents employés sont laissés de côté pour recruter des consultants extérieurs. Ce serait une manière pour la direction de ne laisser aucune trace des malversations et aussi pour justifier les fonds faramineux qui sont décaissés. Les fonds de cette boite sont une exclusivité du trio et le personnel patauge dans la boue.

La malhonnêteté intellectuelle

Nos trois braves professeurs et docteurs seraient de vraies curiosités intellectuelles. Jamais, ils ne produisent d’articles scientifiques. Mais ils s’attribuent tout le mérite des autres chercheurs. Ainsi, les travaux de recherche effectués par les chercheurs du service qui doivent paraitre dans les revues scientifiques ne comportent pas le nom des vrais auteurs des dits travaux mais celui des trois premiers responsables du service. Une façon de s’attribuer la notation de la recherche au détriment de l’auteur principal. Quelle malhonnêteté intellectuelle ! Et pendant ce temps, ce sont eux qui se sucrent et le chercheur lui broie du noir et se retrouve parfois à marcher à pied.

Scandaleux que de mettre tous les chercheurs sans exception en congé de formation obligatoire pour une durée de 5 ans alors qu’en réalité, ils ne sont pas en formation. Parce qu’ils ont tous des thèmes de recherches mais sans financement et aucune programmation n’est faite dans ce sens. Les raisons sont simples. Il y a deux postes à pourvoir au sein de la boite, réservés aux deux responsables du trio magique en formation et pour empêcher qu’ils soient occupés par quelqu’un d’autre. Alors tout le monde part obligatoirement en congé.
Nul besoin de décrire le climat de travail dans ces conditions, le moral du personnel est au plus bas. Il n’y a pas de motivation parce qu’il n’y a pas d’équité ou de justice.
Il faut noter que le Credos Mali est un établissement public à caractère scientifique et technique (Epst), créé en 2007. Son but est d’assurer la recherche médicale et sociologique liée à la survie de l’enfant, assurer l’évaluation et le suivi des activités menées en matière de survie de l’enfant, créer une banque de données sur les problèmes relatifs à la survie de l’enfant et en faire la synthèse, apporter un appui technique et scientifique aux structures opérant dans le domaine de la recherche sur la petite enfance.

Un autre argument avait été avancé pour justifier sa création : l’enfant étant un des biens les plus précieux de l’humanité, toutes les mesures qui concourent à son maintien en vie, sa protection dans les bonnes conditions de santé doivent être la priorité des priorités.
Mais la direction de la structure semble oublier ses missions, continue de s’enrichir et foule aux pieds toutes les règles de gestion et de bonne gouvernance. Le centre serait en train de perdre toute sa crédibilité aux yeux des partenaires qui refusent que les sous passent à la casserole d’un trio sans pitié.
Il est urgent que les nouvelles autorités et les services de contrôle des structures étatiques jettent un coup d’œil dans cette boite aux pandores où dorment tranquillement une direction qui au lieu de veiller sur la survie de l’enfant, veille d’abord sur son propre ventre.
IBK n’a-t-il pas dit que ‘’Nul ne s’enrichira impunément sur le dos de l’Etat’’, le Credos Mali ne saurait être une exception. Des têtes doivent tomber. Nous y reviendrons !

Harber MAIGA

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400 millions aux victimes des incendies : mystère et boule de gomme!

Ça grogne dans le cercle des commerçants victimes des incendies des marchés de Bamako, et pour cause, ils n’ont toujours pas reçu les 400 millions de F Cfa promis pour les dédommager. Ces sous se seraient-ils volatilisés comme par magie ? Le ministre des commerçants, Abdel Karim Konaté, serait devenu sourd-muet, les responsables de la commission font le mort. Pendant ce temps, les bénéficiaires attendent toujours pour relancer leurs activités. Aujourd’hui, ça bourdonne dans leur rang.

Où sont passés les fonds promis par le gouvernement pour dédommager les commerçants victimes des récents incendies qui ont ravagé des marchés de Bamako ? Le Ministre du commerce semble avoir perdu sa langue. Depuis son grand boucan médiatique annonçant le soutien de 400 millions de F Cfa, personne ne l’a plus entendu sur ce dossier. Il se fait très discret et se terre dans son château de la Cité administrative, en se la coulant douce sous l’air conditionné. Que cache ce soudain mutisme de ce bouillant ministre sur lequel comptaient les commerçants pour reprendre leurs activités ? Nul ne le sait nulle part. Les victimes attendent toujours de voir que chose promise soit chose due. Las d’avoir un interlocuteur plus crédible du côté du gouvernement, ils passent toutes leurs journées sous le soleil à lorgner vers la commission mise en place pour le recensement des sinistrés, l’évaluation des dégâts et la répartition des fonds promis. Mais de ce côté, ils désespèrent de jour en jour. En effet, cette commission dirigée par le controversé et cafouilleux président du collège transitoire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Mamadou Tiéni Konaté, n’aurait plus d’oreille attentive pour les sinistrés. Pire, elle se serait évaporée dans la nature, son président est devenu injoignable au téléphone. Même opacité du côté du syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem) mais aussi de son grand rival, l’association des commerçants détaillants du Mali.

Pourtant, au début, tout semblait bien parti, à écouter les beaux discours mielleux des uns et des autres ou à lire leurs plans de sauvetage.
Les critères retenus pour la répartition sont : 15% à 20% pour les commerçants dans des magasins en location, 80 à 85% pour les propriétaires des marchandises. Les victimes sont estimées à 688 pour le marché rose, 275 pour le marché Dossolo et 449 pour le marché de cola. Ce qui fait un total de 1 512 victimes devant se partager 400 millions de FCFA. A ce jour encore, elles attendent de voir la couleur de ces sous annoncés en grande pompe. Jusque- là, seul le Cherif Madani Haïdara (c’est normal, lui ne fait pas de politique) a fait un geste en faveur de ces commerçants malheureux.

Où sont donc passés les 400 millions des victimes ?

Lesquels se demandent où sont passés les 400 millions promis. C’est la question que se pose également tout le monde aujourd’hui. Il semble inadmissible, même pour le citoyen lambda, que le gouvernement ait fait une promesse qu’il ne peut pas tenir. Donc, forcément ces sous ont été débloqués mais se seraient égarés sur le chemin entre le trésor public et les bénéficiaires. Seulement, si IBK veut réellement empêcher une émeute, lui qui entend lutter contre l’enrichissement illicite et le banditisme à col blanc, il doit répondre à cette question existentielle : l’argent des commerçants a-t-il été détourné ? Si oui, par qui ? Ces questions semblent fâcher plus d’un et à plusieurs niveaux. Et personne ne veut répondre malgré nos multiples tentatives d’en savoir plus. La seule que l’on sait, à ce stade, ce sont les acteurs impliqués : le département du commerce, la commission, la coordination des commerçants détaillants, le syndicat des commerçants détaillants, la Chambre de commerce et d’industrie. Ce mutisme collectif et volontaire voudrait-il dire que tous ces acteurs auraient quelque chose à se reprocher ? Auraient-ils choisi d’utiliser l’argent des sinistrés à d’autres fins ? Tout est possible dans un pays où les fonds de lutte contre la sécheresse et la famine ont contribué à l’émergence d’une classe de nouveaux riches, dans les années 70 et 80, dans un pays où les fonds de reconstruction nationale ont permis aux néo démocrates de devenir des milliardaires.

En attendant d’y voir clair, voici comment se présente la situation : Cheick Oumar Sacko, le président du Syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem), n’a pas pu répondre à nos questions. Il est hors du pays Hama Abba, président de la coordination des associations des commerçants détaillants, affirme que la commission de répartition lui a dit que c’est parce que le président de la République est en voyage que la répartition n’est pas faite, mais que ça se fera dès son retour au pays. A-t-on déjà vu un président procéder à ce genre de distribution ? Au ministère du commerce, personne n’est au courant de rien. Le ministre serait-il seul à gérer un dossier aussi complexe et vital ? Le président de la Ccim ne dit rien. Il nous a même racroche le telephone au nez. Aurait-il promis de se taire contre espèces sonnantes et trébuchantes ?

Cette dernière éventualité est le sentiment général chez les victimes des incendies, ce qui soulèverait chez elles colère et frustration. A cela risque de s’ajouter le ressentiment et la grogne des déguerpis. Délogés des rues et artères, des commerçants s’étaient vu promettre des sites de recasement aménagés. Mais depuis des semaines que ces déguerpis attendent, ils ne voient rien venir. Les fonds destinés à l’aménagement des zones de récasement seraient-ils eux aussi passés à la trappe de quelques personnes ?

Toujours est-il que déguerpis et sinistrés se proposent de passer bientôt à l’action en usant d’abord de toutes les voies légales possibles. Ce n’est pas la première fois que ces commerçants se retrouvent victimes d’une telle situation. Même dans les régions du nord, c’est de façon très opaque que les fonds ont été gérés après des incendies similaires. A une certaine époque, c’est l’attaché du Ministre qui est allé se balader à Gao avec quelques enveloppes distribuées à on ne sait qui. Aujourd’hui, si cet argent existe toujours, le ministre « empereur » doit sortir de sa « cachette » et de son mutisme pour diligenter sa distribution sinon, gare à la colère de ceux qui n’ont plus rien à perdre.
A suivre….

Harber MAIGA

Le Prétoire du 28 Avril 2014