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La création d’un parti confessionnel divise les adeptes de Cheick Diarra et du coup, relance le débat entre politique et religion.

jpg_une-2208.jpgDéputé élu à Mopti, Cheick Sidi Diarra est le fils d’un grand érudit de la 5ème région fait parler de lui. Car, à la dernière Zahara dédiée à son père, les fidèles et adeptes ont été surpris de l’annonce par le jeune député de la création d’un parti au nom de la confrérie. De quoi susciter des grincements de dents et des interrogations sur les intentions réelles de l’élu qui, en plus d’être politique, fait des affaires. «Nous apprécions beaucoup les bonnes actions de notre père spirituel, mais de là à confondre les activités politiques à celles religieuses, cela est décevant », se lamente Oumar Koureichy, un fervent adepte de la confrérie.

En tout état de cause, ils sont nombreux, les adeptes de cette confrérie, à désapprouver la création d’un parti et ne décolèrent pas. «C’est comme un phénomène de mode. Nos religieux veulent carrément faire de la politique. Moi, je conseille fermement au jeune Sidi de faire attention, car la création de ce parti peut ternir son image», fulmine Hassane Diallo, adepte également de la confrérie. « Je suis sûr que c’est une concurrence qui a poussé le fils de notre chef spirituel à s’engager dans cette aventure risquée et incertaine. Il peut faire la politique seul, mais il ne doit pas y engager la confrérie», mâche Lamine Kobila un autre fidèle.

Tout comme ceux-ci, d’autres fidèles et adeptes de la confrérie ont émis de sérieuses réserves sur la création d’un parti confessionnel. Pire, c’est la démarche cavalière de Cheick Sidi Diarra qui révolte, car les mécontents expliquent qu’il a décidé seul de prendre cette initiative, sans consulter qui que ce soit. Hormis, cette fronde, au Mali, c’est la loi même qui interdit la création d’un parti confessionnel, tout comme régionaliste et communautaire. Tout de même d’autres partis politiques parlent au nom de la religion, mais dans leurs objectifs, c’est une autre réalité. Ce qui relance à nouveau le débat sur la place de la religion dans la vie publique du pays.

A retenir que nos tentatives de rentrer en contact avec le député en question sont restées vaines.

Alpha M. CISSE

Notre Printemps du 2 Octobre 2013