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Beaucoup de jeunes diplômes sans emploi montent des projets pour les déposer sur la table des structures compétentes de l’Etat en vue d’un probable financement. Au finish, c’est la frustration et la désillusion, car les postulants pensent qu’il faut montrer patte blanche pour bénéficier d’une subvention.

Le leadership est une attitude de management qui désigne la capacité d’un dirigeant à s’engager personnellement et à entraîner avec lui tout le personnel. De nos jours, le terme est couramment utilisé pour faire référence à des leaders, c’est-à-dire des dirigeants d’entreprises. Un chef d’entreprise est considéré comme un manager incarnant les valeurs cardinales d’une bonne gestion.

Aujourd’hui au Mali, le terme leadership ressort dans plusieurs discours mais en allusion aux jeunes.

Ceux-ci sont invités à prendre des initiatives personnelles et novatrices en vue de créer leurs propres entreprises et devenir ainsi des leaders. Les salons d’emploi et de formation qui se tiennent régulièrement dans le pays soutiennent être un patchwork permettant aux jeunes de s’insérer dans le monde professionnel « en travaillant pour leur propre compte ».

Le Programme de développement économique et social (PDES) du président de la République dit aussi accorder une grande importance à de telles volontés. Et d’énormes efforts sont dits déployés dans ce sens.

Dommage ! La réalité est tout autre sur le terrain, car créer sa boîte, avec « l’appui » des structures compétentes de l’Etat, relève d’un parcours de combattant. « Nous entendons tous les jours qu’il y a des fonds disponibles au niveau de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) pour financer les projets viables de jeunes entrepreneurs. Mais, au grand jamais, l’on ne voit la couleur de ces sous », se plaint un jeune qui se demande toujours pourquoi son projet a été récusé.

« Nous avons l’impression que quand on n’a pas quelqu’un devant, ton dossier est rejeté sans aucune autre forme. S’il n’y a pas de moyens pour le mettre à la porte, on te fait faire des va-et-vient incessants jusqu’à ce que tu renonces finalement ».

Deux poids, deux mesures

Ulcérés, des jeunes avaient interpellé le président de la République il y a quelques mois lors d’un débat au CICB. En présence du ministre concerné, ils avaient expliqué au chef de l’Etat comment ils avaient été « illégalement » mis à la touche. Reprenant du poil de la bête, ATT avait solennellement instruit au ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Ibrahima Ndiaye, de reconsidérer tous les dossiers dans la situation du jeune plaignant.

Et si le président de la République n’était pas intervenu pour débloquer la situation ? A cette question, un jeune, qui faisait face au même problème, a répondu sur un ton sceptique: « Le problème n’est pas encore résolu. On nous disait que les dossiers étaient encore en cours de traitement. Nous serons tournés en rond jusqu’à ce qu’on perde patience. Rien n’est sûr. Les bons dossiers seront certainement triés ».

Au demeurant, la dénonciation faite au président de la République par ces jeunes écœurés laisse croire que ceux qui n’ont pas les moyens de transporter leurs griefs sur des personnes aptes à y remédier sont laissés à leur propre sort.

Ce qui porte un coup dur à la nation tout entière dans la mesure où aucune communauté ne peut prétendre au développement sans avoir des entreprises viables sur son territoire. « Combien de secteurs inexploités dans ce pays ont besoin d’être valorisés par des projets porteurs d’avenir ? » se demandent des jeunes.

Au demeurant, l’utilité de la multiplicité des entreprises n’est plus à démontrer, les cas des grandes nations étant des exemples palpables. Et cela ne saurait être une réalité que quand on stimule la création d’entreprises indépendantes, notamment par les jeunes.

Ainsi le secteur privé en sortira grandi et la nation en profitera. L’entreprenariat privé est l’une des priorités des autorités à la lumière de la Lettre de cadrage adressée au gouvernement. Mais si le souhait est une chose, la pratique en est une autre.


Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

09 Juin 2008