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Vendredi dernier, à l’Assemblée nationale, un débat sur la nécessité de créer un observatoire des fonds PPTE destinés au secteur de la santé, a été animé par la Coalition des alternatives africaines dettes et développement (CAD-Mali).

C’est suite à une étude réalisée par la coalition en 2004 dans la région de Koulikoro et le district de Bamako, que l’idée de mettre sur pied cette structure de veille, est venue, a expliqué Mme Barry Aminata Touré, présidente de la CAD-Mali.

Cette enquête, qui a cerné l’impact positif des ressources PPTE dans les secteurs concernés, a relevé une insuffisance dans la mise en oeuvre de certains programmes de la santé, tels ceux destinés au CSLP et au PRODESS.

De même, selon l’enquête, malgré l’augmentation de l’enveloppe budgétaire allouée au secteur de la santé dans ces localités, l’amélioration de la qualité des soins, la quantité des ressources humaines, ainsi que celle des infrastructures, n’étaient pas visibles.

L’enquête a fait ressortir, l’ignorance de l’existence de ces fonds par la majorité des personnes interrogées. Aussi, pour Mme Barry, l’étude révèle un manque de lisibilité dans la destination des ressources destinées au secteur de la santé publique.

Donc, pour Mme Barry, la création d’une structure pilotée par la société civile qui améliorera la visibilité de la gestion de ces fonds PPTE, s’avère nécessaire.

Mme Barry a invité les élus à adhérer au projet.

En réponse à la demande de Mme Barry, le député Konimba Dembélé, a estimé que l’observatoire serait un organe de trop dans le contrôle des fonds publics.
Quant à l’élu, Makando Koné, lui, tout en partageant le même avis que son collègue Dembélé, a émis des réserves sur la réelle indépendance de cette structure appelée à contrôler des fonds dont la gestion lui échappe.

Quant à Moussa Sadio, membre de la commission finances de l’Assemblée nationale, lui a déploré que les fonds PPTE destinés au secteur de la santé soient de l’ordre de 32 milliards Fcfa, et que 32% soient mobilisés…. pour meubler des bureaux, a-t-il déploré.

L’honorable député Sadio a invité les initiateurs de l’observatoire à clarifier ses objectifs, afin d’éviter l’amalgame entre les fonds PPTE ayant une destination spécifique et les fonds publics utilisés dans le fonctionnement des services publics.

Pour le député Boubacar Touré, l’observatoire devrait étendre son contrôle aux autres fonds publics. Et suggestion comme quoi, l’observatoire ne doit pas se limiter seulement à dénoncer les problèmes, mais également, à informer les députés qui pourront si nécessaire, interpeller les ministres des secteurs incriminés, a été faite par le député Touré.

A la fin des débats, Mme Barry Aminata Touré, a estimé que les différentes réactions des députés, étaient la preuve, que le besoin réel d’un nouvel outil était là.

Aussi, par conséquence, les a-t-elle invités, à appuyer le projet de création de l’observatoire.

Promesse de cet appui, a été faite par N’Fa Zoumana Sangaré, président de la commission « santé et population ».

22 août 2006.