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Est ce la débandade chez les amis d’ATT ? Le parcours du Mouvement citoyen semble se terminer en queue de poisson. La Convergence pour le Développement du Mali (Codem), parti drainé principalement par quatre députés indépendants Ousséni Guindo,

Alassane Abba, Marie Sylla, Siran Simaté a mobilisé, samedi dernier, lors de son assemblée constitutive, un nombre impressionnant d’anciens membres du Mouvement citoyen, au Centre international de conférence de Bamako. Un bureau de 89 membres a été mis en place.

Le président du parti, le député Ousséni Guindo nous présente la Codem : “Nous avons quatre députés dans le bureau mais nous en réclamons une vingtaine. Nous avons une centaine de maires, nous revendiquons plus de 500 conseillers communaux. Nous allons créer notre groupe parlementaire et parler au peuple au nom de ce groupe. Nous tiendrons notre congrès dans un délai raisonnable”.

Il a précisé que ce sont plusieurs sensibilités des indépendants Mouvement citoyen, Indépendants venus des partis, l’UDS dont il fait partie qui se sont retrouvées au sein de la Codem.

En fait, les ex-amis d’ATT sont aujourd’hui plus que désillusionnés et savent que la position solitaire des hommes politiques sans militants n’est pas viable à long terme.

Le président du parti indique : “Nous sommes dans un système qui a montré ses limites car nous constatons que le peuple est intéressé, avant de passer aux urnes, par du thé, des casquettes, des tee-shirts. Après les élections, on ne voit plus les élus et ils ne présentent aucun mandat au peuple.

Or, nous voulons qu’après chaque consultation électorale, les élus se présentent aux citoyens pour faire valoir un mandat. Nous voulons être très proches du peuple afin qu’il adhère à la politique car il boude encore les suffrages”.

C’est donc dire que la plupart des militants de la Codem, après avoir passé un moment à faire les éloges d’ATT, ont finalement compris qu’il fallait d’abord compter sur leurs propres forces. Dans la déclaration de création du parti, on lit : “ce jour 24 mai 2008 fera sans doute partie des grandes dates qui vont marquer la vie politique du Mali.

Ce jour est surtout l’aboutissement d’un long processus de concertations, d’analyses de la situation socio politique du Mali de la part d’hommes et de femmes d’horizons divers : militants de partis politiques, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières,

associations de jeunes et de femmes pour jeter les fondements d’une société malienne qui place le développement au centre de la politique et qui compte d’abord sur ses propres forces pour atteindre le bien être social.

Ces hommes et ces femmes que vous incarnez, chers délégués, ont compris qu’avec la nouvelle donne économique, à la fois angoissante et passionnante, il faut plus que jamais, au Mali,un sursaut qui tarde à s’exprimer”.

Les militants de la Codem ne sont sûrement plus la caisse de résonance du pouvoir ATT puisque le président du parti déclare que si, à travers les âges, le Mali s’est fait remarquer par sa grandeur aux plans historique, culturel, géographique,

politique et économique, force est de reconnaître que de nos jours, le pays connaît des ralentissements, au plan économique et politique.

Nous n’avons pas réussi jusque là, a-t-il dit, faute d’avoir osé rompre avec le cercle vicieux qui consiste à travailler moins et à s’endetter de plus en plus, à combler l’écart croissant entre nos capacités de productions et les attentes des populations qui ne cessent de croître.

Il a ajouté : “nous n’avons pas réussi à maîtriser les crises latentes depuis près de deux décennies et qui ont pour noms : crise scolaire, emploi des jeunes, corruption, exode massif des jeunes, questions sécuritaires, soit par appréhension politique, par hésitation intellectuelle, ou tout simplement par manque de courage à faire face aux réformes nécessaires qui s’imposent…

Nous sommes en train de perdre nos valeurs socio culturelles, faute de leur adaptation à l’évolution du monde. Cette situation engendre des perturbations au plan familial, scolaire et sociétal”.

La Codem, indique le président du parti, prône le leadership de la jeunesse malienne. Après avoir souligné les tares de la politique malienne, Ousseni Guindo a quand même pris la précaution de dire : “la Codem ambitionne de réfléchir de manière plus approfondie à la pratique politique, non en termes de rupture mais d’ouverture”.

Il serait sûrement indécent pour les ex-inconditionnels d’ATT d’amorcer un virage total et de rejeter carrément le programme de développement des autorités jadis encensé par les fondateurs de la Codem.


Baba Dembélé

26 Mai 2008