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Nous vous relations dans notre édition n°4099 du 04 septembre 2014 qu’une équipe d’enquêteurs judiciaires français est arrivée dans la capitale Burkinabé pour enquêter sur les circonstances du crash du vol AH-5017 d’Air Algérie dans le nord du Mali, le 24 juillet 2014. Cette équipe d’enquêteurs s’est rendue à Bamako, où elle a présenté, le samedi 20 septembre courant, son premier rapport sur les raisons dudit crash. Il faut dire que les enquêteurs n’ont pu tirer que très peu de conclusions. Accident ou attentat ou autre chose, ils avouent qu’il leur est impossible de se prononcer pour le moment. “Il n’y a pas de piste privilégiée pour le moment”, a affirmé le présentateur du rapport.

Des détails techniques ont bien sûr été donnés et il a été établi que l’avion volait à son altitude de croisière quand il a été victime d’une chute brutale après un ralentissement de ses moteurs. A ce moment-là, les conditions météorologqiues pouvaient être considérées comme normales. Cet avion d’Air Algérie devait relier, ce 24 juillet 2014, Ouagadougou à Alger avec à son bord 116 passagers et membres de l’équipage. Aucun d’entre eux n’a survécu. Beaucoup de ces passagers étaient français, burkinabés, ou algériens, mais à bord il y avait aussi un malien dont le frère, Mamadou Diallo, était présent à la présentation du rapport des enquêteurs.
A la sortie de cette séance, Mamadou Diallo a déclaré que “ce que nous, nous attendions vraiment, c’était de connaitre les causes réelles qui ont conduit à ce crash. Nous attendons à ce que toute la lumière soit faite par rapport aux circonstance qui ont conduit à ce crash. Après deux mois, c’est pratiquement le même discours. Sauf qu’il y a des aspects, des détails qui ont été donnés sur le plan technique. Mais ce qui nous intéresse véritablement, c’est de connaitre les causes réelles qui ont conduit à ce crash. Nous demandons plus d’effort aux enquêteurs pour une meilleure diligence de ce dossier”.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les parents et amis des victimes qui ont assisté à cette séance de présentation du premier rapport sont restés sur leur faim. Pourtant au lendemain du crash et les jours suivants, bon nombre d’observateurs et de spécialistes de l’aviation avaient convenu de la thèse de l’accident lié aux conditions météo. Voilà que ce premier rapport présenté par les enquêteurs vient remettre en cause cette thèse du “mauvais temps”.
Le rapport en question précise que l’avion ne s’est pas désintégré en plein vol et que c’est lorsqu’il s’est crashé qu’il a éclaté. La preuve de cela, selon le premier rapport des enquêteurs, tient du fait que son impact sur sol a fait une grande excavation de plus d’un mètre de profondeur.
Selon M. Cissé, président de la commission des accidents de l’aviation civile au Mali, il ne fait aucun sdoute que l’avion a explosé seulement après s’être crashé. Il a précisé que “cet avion a décollé normalement de Ouagadougou. Il avait la situation météo en main…. Nous ne savons pas ce qui est à l’origine de l’accident pour le moment. Nous hésitons, à ce stade de l’enquête, de privilégier une piste quelconque”. Selon les enquêteurs qui ont rendu public leur premier rapport, il faut encore six mois, voire un an d’enquêtes supplémentaires pour s’approcher de la vérité.

Rassemblés par Mamadou GABA

Le Soir de Bamako du 23 Septembre 2014