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Alfred Sauvy écrit dans la Tragédie du pouvoir (1978) : «La démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser. L’unanimité, le plein accord, est un mauvais signe.» En 2007, les principaux leaders des partis politique ont renoncé à briguer la magistrature suprême pour soutenir ATT.

A cet effet, les présidents de quatorze (14) partis politiques ont porté sur les fonts baptismaux l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP). Ils seront suivis plus tard par plusieurs formations politiques. Le jour de leur allégeance à ATT, les leaders politiques tels que Dioncounda Traoré, Me Mountaga Tall, Ben Fana Traoré, Choguel Kokala Maïga, trébuchaient pour aller parapher le document. C’était à la résidence du président ATT à ex base aérienne. C’est Ben Fana Traoré, président du Parti citoyen pour le renouveau (PCR) qui a lu le texte intégral de la plate-forme.

Dans la salle, on pouvait lire sur les banderoles : « ATT / ADP : une ambition commune pour le Mali». Les Mountaga Tall, Choquel Kokala Maïga étaient pratiquement les porte-paroles du candidat ATT, et faisaient partie des personnes qui ont animé la derrière conférence de presse du clan ATT à la DFA.

A l’opposé, le Front pour la Démocratie et la République (FDR) a été mis sur pied en février 2007, que certains qualifiaient de « Front du Dernier Refus ». Il se battait contre ATT lors de l’élection du 29 avril 2007. Dans ce front figuraient notamment le Rassemblement pour le Mali (RPM) d’IBK, à l’époque celui-ci était président de l’Assemblée Nationale ; le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) de Tiébilé Dramé ; l’Association Convergence 2007 de Soumeylou Boubèye Maïga et la Convention Démocratique et Sociale (CDS) de Mamadou Bakary Sangaré dit « Blaise ».

L’Adéma de Dioncounda Traoré, qui avait renoncé à présenter un candidat en 2007, n’a pas eu le réflexe de soutenir le candidat du RPM à l’époque, avec qui ils partagent les idéaux de l’International Socialiste. Il a préféré le candidat indépendant ATT. Contrairement à ce que son candidat en 2013 veut nous faire croire après son ralliement spectaculaire au camp gagnant. Par contre, le soutien de Soumeylou Boubèye et le ralliement de Blaise à IBK en 2013 sont logiques.

A l’issue du scrutin présidentiel de 2007, ATT a été réélu, et avec ses amis de l’ADP, ils ont géré le pays ensemble. Mais curieusement, aujourd’hui, à la faveur du second tour de l’élection présidentiel de 11 août 2013, les principaux soutiens d’ATT hier contre IBK (en 2007) n’ont pas hésité à cracher dans la soupe. Ils se sont désolidarisés du bilan d’ATT, en se ralliant à IBK. Mais le peuple sait tout, ils sont aussi responsables qu’ATT. Le score que les uns et les autres ont glané lors du premier tour de la présidentielle en dit long. Au lieu de rester à l’opposition pour soulever des questions, critiquer les interrogations ou les orientations de telle ou telle politique du gouvernement, ils veulent avoir leur part avec le nouveau président IBK. Dans cette situation, ils ne constitueront jamais pour les électeurs des leaders de rechange, car avec leur courbette, ils ne pourront pas élaborer un programme ou projet de société réalisable.

Heureusement que les partis politiques et leurs leaders ne représentent pas la Nation, ils font partie de la communauté politique, donc leurs intérêts ne riment pas toujours avec ceux de la Nation.

Ahmadou Maïga

Le Guido du 21 Août 2013